Etude sur le bien-être et la bienveillance en entreprise : les surprises !



Quel plaisir de décortiquer des chiffres sur mes sujets de prédilection : le bien-être et la bienveillance en entreprise ! Plus de 1 000 répondants, ce n'est pas mal pour commencer à se faire une idée.

Vous allez-voir, il y a quelques confirmations mais également quelques surprises !


Une bonne nouvelle pour commencer ? Seulement 22% de l’échantillon se considère comme étant moins heureux que la moyenne dans leur entreprise tandis que 30 % se considère comme étant plus heureux et 52% aussi heureux. Seulement 20% des hommes et 22,5% des femmes se considèrent comme étant moins heureux. Le taux le plus bas se considérant comme "moins heureux" sont les hommes managers avec 16% et le taux le plus élevé pour les hommes managés avec 28%. Il s'agit là d'une perception bien entendu mais c'est à mon sens dans les ressentis que l'on a au quotidien que l'on peut améliorer notre bien-être... mais ceci est un autre débat.


Comme je l'ai publié en avant première cette semaine, d'un point de vue global, hommes et femmes, changer de boss semble être LA chose que l'on souhaite en premier, à égalité avec le salaire pour les hommes.

Mais, là où j'ai eu, je dois bien l'avouer, une véritable surprise, c'est lorsque j'ai regardé qui, des managers ou des managés, étaient le plus motivé pour changer de boss. Et bien non, ce ne sont pas les managés !

Ce qui est intéressant dans ces résultats, c'est de constater que pour les managés le salaire est source d'insatisfaction mais surtout, que l'environnement de travail entre dans la danse. Changer de boss n'est qu'en seconde position. Pour les managers, alors que l'on aurait pu imaginer cette catégorie plus en empathie avec leur propre hiérarchie... il n'en est rien, bien au contraire. Et le salaire n'arrive qu'en troisième position des choses à changer, devancé par le souhait d'avoir plus de temps pour déconnecter. L'analyse que j'en fait est que, étant manager, il est plus facile d'avoir la dent dure contre son propre manager connaissant, a priori, les tenants et aboutissants de sa mission. Ayant le mode d'emploi du management, en théorie, il est plus facile de juger la qualité du travail de son manager ! L'aspect "double pression" n'est pas à écarter non plus : pression de la part des collaborateurs et pression de son management... cela fait beaucoup de pression tout ça :-)

Vous l'aurez compris si vous croisez les deux informations, le record pour le désir de changer de boss est tenu par les femmes managers avec 32% !

Les femmes managers sont celles qui sont les moins satisfaites par la qualité de leurs propres managers.

Les trois principaux reproches que ces dernières font à leur managers ? En premier le manque de transparence, en second, le manque de créativité et enfin, le manque de courage. Le duo de tête est identique pour les hommes managers mais en troisième position vient le manque de bienveillance.

Il est intéressant de constater que la transparence, la créativité et le courage (la capacité à prendre une décision) sont également les trois principaux axes de progrès demandés aux managers par les managés.

Pour toutes les catégories, femmes ou hommes, managers ou managés, c'est le manque de transparence qui est le principal défaut des managers.

Manque de communication, non partage des objectifs de l'entreprise, opacité dans les process de décisions... tous ces points participent à ce manque de transparence. Et au final, nous obtenons quoi ? Une perte de sens dans son travail. C'est ainsi que l'analyse de la perception de son travail prend tout son sens. Sur tous les items, sauf à la question "mon entreprise s'intéresse plus aux gens qu'aux résultats financiers", le résultat d'agrément est supérieur à 5 sur 10. Cependant, dans le schéma ci-dessous, plusieurs éléments sont particulièrement intéressants :

Sur absolument tous les critères, les salariés qui ont la meilleure perception de leur travail sont les managers ! Sans me lancer dans une analyse psychologique de bas étage, je dirai que plus on est impliqué dans la vie et l'avenir de l'entreprise, plus sa motivation est grande. Cela rejoint le point précédent sur la nécessaire transparence des managers qui pourrait avoir comme conséquence très directe d'augmenter l'implication de l'ensemble des collaborateurs.

Cela étant dit, ce qui est plutôt rassurant, c'est que sur des critères assez essentiels comme "ma mission m'intéresse" ou "mon cadre de travail est agréable", les notes sont assez élevées ! En termes d'agrément, pour toutes les catégories, le trio de tête est celui-ci :

1- Je peux travailler de façon autonome

2- Ma mission m'intéresse

3- J'aime bien mes collègues

Bien entendu, ces "indices" auraient beaucoup plus de sens s'ils étaient comparés à la même étude faite il y a un an pour voir l'évolution. Idéalement, chaque entreprise devrait avoir ce genre de baromètre à disposition pour pouvoir faire évoluer les choses dans le bon sens.

Et la bienveillance dans tout cela ? Et bien, c'est une nécessité pour 93.21, un gadget pour 0.60%, Quelque chose qui peut servir si l'entreprise va bien économiquement pour 3.30% et une mode pour 2.90%. Bon, sur ce point, je l'admets, au regard du mode d'administration de ce questionnaire, il y a sans aucun doute possible ce que l'on appelle un "biais". Mais bon... cela fait toujours plaisir !!!

Conclusion

L'objectif de l'étude était de voir ce qui motivait les salariés mais surtout de voir ce qu'il changeraient prioritairement. J'avais cette intuition que le management était absolument central dans le fait que les gens soient impliqués. Ce qui me semble particulièrement important est que la notion de transparence est mise au cœur des améliorations à mettre en oeuvre pour que tout le monde soit plus heureux. Franchement, à changer, ce n'est pas grand chose si tant est qu'il y ait l'élément central pour tout changement : la volonté.

Gaël Chatelain

#économie

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