LE SECRET POUR ETRE UN (BON) MANAGER



Il m'arrive souvent, dans les entreprises dans lesquelles je donne des conférences ou que je conseille, d'échanger avec les managers. Ce qui me frappe toujours, c'est qu'il ne m'est absolument jamais arrivé d'entendre l'un d'entre eux se remettre profondément en question. Je ne les blâme pas, c'est humain. Chacun d'entre nous faisons de notre mieux pour être un bon professionnel. C'est pour cela que j'adore mon métier car, à mon niveau, j'essaye de faire prendre conscience d'un certain nombre de choses simples qui permettent à tous d’améliorer la qualité de son travail mais surtout, d'améliorer le bien-être de chacun. Ne jamais oublier que 10 à 25% de l'efficacité d'un collaborateur est imputable à son bien-être psychologique... ça pose le problème !!!

Que de littérature sur le sujet du management... impressionnant. A croire que ce métier fait partie des plus compliqués de la planète. Incroyable à mes yeux. Parfois, j'ai le sentiment qu'il existe 1 000 recettes pour devenir un bon manager. Et comme chaque cuisinier pourrait le faire, chaque théoricien va vendre sa recette en prétendant que c'est la meilleure. Même moi je m'y suis mis avec mon dernier livre "Mon boss est nul, mais je le soigne".

Au regard de cette littérature, être un manager n'est pas chose facile... c'est vrai. Mais le message sous-tendu par certains est qu'au delà de la complexité d'être un manager, il est complexe de le devenir et c'est là que je ne suis pas d'accord. Comme pourrait le faire un grand cuisinier, certains vont vous faire une liste incroyable d'ingrédients à intégrer, plus ou moins faciles à trouver. il y a même une forme de snobisme à mettre dans un plat une herbe rarissime qui n'aura pas comme vertu de donner du gout... mais juste d'être rare.

Or, il existe un secret tout simple que je donne bien volontiers à toute personne voulant devenir manager et qui ne s'en sent pas forcément capable. pour être manager, il suffit d'une chose :

ne jamais agir envers ses équipes comme on ne voudrait pas que notre propre manager agisse avec nous même.

Ce simple précepte permettrait, s'il était appliqué par tous, de régler rapidement et efficacement, un grand nombre de problèmes classiques en entreprise. Je ne prendrai que trois exemples pour vous convaincre de la véracité de mon affirmation.

1- la circulation de l'information

Quoi de pire qu'un boss qui ne vous donne pas toutes les informations qui permettent de donner un sens plus clair à votre action ? Mais, l'information est une chaîne; il suffit d'un maillon faible qui ne prend pas le temps de diffuser celle-ci est c'est fini.. la chaîne se brise.

2- la courtoisie

Bonjour, au revoir, merci, bravo et tous ces petits mots si importants au quotidien quand on les entends... bizarrement, certains reprochent à leur supérieur de ne pas les utiliser mais font de même avec leurs équipes, par mimétisme probablement. Le fait que son propre management ne soit pas bon n'est pas une excuse pour être un mauvais manager.

3- l'empathie

Il y a certains jours où l'on est pas en forme; ça peut arriver. Et dans ces jours, c'est toujours agréable quand son management adapte son discours et ses demandes à cet état. En tant que manager, il n'est pas possible d'attendre, en permanence de nos équipes qu'elles soient au top tous les jours. Personne n'est, à ma connaissance, Superman. La faiblesse passagère, l'erreur... tout ce qui fait que nous sommes humain sont non seulement inévitable mais, parfois, source de créativité. En tant que manager, c'est de la différence de nos équipes qu'il faut se nourrir, pas de leur conformisme.

4- le partage de la décision

Pour être impliqué dans une stratégie, rien de mieux que d'avoir été intégré dans le process de réflexion puis de décision qui ont mené à la définition de celle-ci. In fine, il faut bien que quelqu'un tranche et c'est parfois le travail du manager. Mais si l'on veut donner un sens à cette décision, et obtenir l'implication forte de tous, celle-ci ne peut pas tomber du ciel sans trop savoir pourquoi. Mais, certains manager peuvent ^rendre plaisir avec leur N+1 à décider de telle ou telle chose mais ne partagent pas leur réflexion avec leur propre équipe... souvent pour des questions d'égo alors que ce qui est bon pour ce manager en question n'a aucune raison de ne pas l'être pour ses propres équipes.

SIMPLISTE ?

Oui... et je l'assume. J'affirme que si tous les managers se comportaient comme ils aimeraient que leur propre manager avec eux-même, le nombre de burn-out reculerait, le bien-être en entreprise augmenterait et, surtout, l'efficacité quotidienne augmenterait de façon significative. Quelque chose d’intéressant pour nourrir cette réflexion. Arriver en retard, dans la tête de quelques managers, c'est la preuve absolue qu'ils sont occupés, qu'ils ont de très fortes responsabilités et que cela rend impossible le fait d'être ponctuel. Selon une étude, c'est un peu plus de 30% d'entre eux qui sont comme cela. Et... bizarrement, quand il s'agit d'aller chez le médecin, ces mêmes personne sont 92% à être en retard et vont pester si jamais le médecin a du retard. Les personnes en retard n'ont que peu souvent la conscience de ce qu'ils imposent aux autres et paradoxalement ne supportent pas le retard des autres... alors qu'il serait si simple d'appliquer à soi-même la règle que l'on apprécie chez les autres.

CONCLUSION

Pour conclure, je citerai Lao Tseu (rien que ça) qui disait : "un voyage de mille lieux commence toujours par un premier pas". devenir un bon, puis un grand manager est un long chemin. Le commencer par le premier pas qui consiste à faire ce que je décris dans cet article n'est pas compliqué et, croyez moi... c'est un pas de géant. A chaque doute, chaque hésitation ou chaque décision concernant son équipe, faire l'exercice de se demander si nous apprécierions que notre propre boss fasse la même chose permet souvent, pour ne pas dire toujours, de faire le bon choix. Je vous entends déjà me dire : "ok... c'est bien... mais il y a tant d'autres choses". C'est vrai... mais cela me semble un bon début et un premier pas incontournable.

Gaël Chatelain

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