Pourquoi les pessimistes/négatifs sont-ils un obstacle à la réussite de l’entreprise ?



Vous connaissez Bob ? Le pire manager que la planète entreprise ait jamais connu, héros de mon dernier livre sorti en mars dernier. En plus d’être un manager largement améliorable, Bob a un terrible défaut : il est pessimiste. Nous en connaissons tous des comme ça, pour qui tout est toujours sombre, rien n’est jamais bien et, surtout… qui ne proposent jamais aucune alternative. Comment reconnaître ce genre de personnage et, surtout, comment limiter leur impact de l’entreprise ? Passons en revue la liste de ses travers.

  1. Pour Bob, c’était mieux avant

Forcément, « avant » a un côté rassurant alors que l’avenir est incertain. Pour Bob, toute nouvelle initiative l’éloigne de ce qu’il connait et ce qu’il maîtrise et, par conséquent, cela l’angoisse. Peur du changement, peur de l’échec… autant de peurs auxquelles Bob répondra par une fin de non-recevoir, comme l’argument définitif : « avant, c’était mieux ».

La réponse ? Loin de moi l’idée de prétendre que le monde de l’entreprise est un lieu idéal, mais ce monde progresse, petit à petit. Avant 1936, pas de congés payés, avant 1965, une femme ne pouvait travailler sans l’autorisation de son mari, avant 1983, la notion d’égalité homme/femme dans l’entreprise n’existait pas dans la loi. Non, avant, ce n’était pas mieux et même si le chemin qui reste à faire reste long, nous l’avons entamé il y a un certain temps.

2. Pour Bob, le bien-être au travail est un gadget

Prendre soin du bien-être de ses collaborateurs ou pire, recruter un Chief Happiness Officer pour s’en occuper, voilà une idée saugrenue pour Bob. Le travail, c’est pas fait pour se marrer, mais pour être productif, non, mais ! Lui, ses notions de management, il les a apprises en lisant Zola, ni plus, ni moins.

La réponse ? 10 à 25% de l’efficacité d’un collaborateur est imputable à son bien-être psychologique. Prendre soin de ce dernier, c’est avant tout penser à l’entreprise et à son efficacité.

3. Pour Bob, un collaborateur qui se trompe est un nul

Se tromper ? Il ne connait pas Bob. Un collaborateur se doit d’être absolument infaillible. A la première erreur c’est au mieux un savon passé avec un niveau de décibel digne d’un marteau piqueur hystérique et au pire, c’est la porte.

La réponse ? Sans erreur, aucune créativité possible. Le problème n’est pas de faire une erreur, mais de la répéter. Nous apprenons tous de nos erreurs, mais, surtout, si nous voulons innover, tester de nouvelles pistes, il faut accepter la possibilité de se tromper. Et en cela, notre propre management doit regarder une erreur faite de bonne foi avec la plus grande bienveillance possible… dans le cas de Bob, il faudrait être masochiste pour prendre une initiative et risquer de se faire rabrouer.

4. Pour Bob, l’avenir est sombre

Cela va de soi, si avant c’était mieux, demain est forcément pire. Quel enthousiasme n’est-il pas ? Bob déprimerait une armée de clowns, mais, lui, pense qu’en étant pessimiste, il anticipe mieux les obstacles à venir. Tout cavalier le dirait (attention, la comparaison n’est pas à prendre au pied de la lettre, mais c’est assez parlant), si une monture sent la peur de son cavalier avant de sauter un obstacle, il refusera de se lancer. En entreprise, si une équipe sent la peur de son manager, peu de chance que celle-ci se donne corps et âme sachant que la bataille est perdue.

La réponse ? Selon une étude IPSOS, 97% des salariés ressentent du mépris à l’égard de leur patron… c’est absolument gigantesque ! Comment espérer mobiliser ses troupes si celles-ci n’ont pas un regard positif sur celle ou celui censés les guider ? De mon point de vue, si l’avenir que me décrit mon boss est sombre, franchement, je n’ai aucune envie de le suivre. C’est un petit peu comme ce PDG déclarant à ses collaborateurs, pensant bien faire : « les amis, nous sommes au bord du gouffre et, grâce à moi, nous allons faire un grand pas en avant ».

5. Pour Bob, les optimistes sont des naïfs, pour ne pas dire des incompétents

Bob ne sourit pas... c'est pas pro selon lui. Or, toutes les études le montre, un même message passé avec un sourire ou en faisant la tête l'a pas le même impact. J'ai croisé un Bob qui s'étonnait que les hôtesses de caisse de son hypermarché ne soient pas plus souriantes. Après une (petite) enquête, je me suis aperçu que ce Bob demandait en faisant la tronche à ces personnes de sourire... et d'expliquer que c'était extrêmement important. Comment voulez-vous que le message passe ?

La réponse ? Il ne faut jamais se laisser entraîner par un Bob sur la pente de la morosité. La meilleure réponse à ce genre de Bob est encore de ne pas se départir de sa bonne humeur et... d'expliquer qu'être optimiste, ce n'est pas considérer que tout va tout le temps réussir mais considérer que la chance de succès est non nulle, en toute occasion.

CONCLUSION

Etre pessimiste est tendance. Pire, certain aime à dire que nous, les Français avons le pessimisme dans les gènes, justifiant ainsi un comportement qui ne mène à rien. Notre vocabulaire, et probablement un petit peu les média, ont tendance à valoriser le négatif plutôt que le positif, probablement plus simple à appréhender. Il y a cependant quelque chose dont je suis absolument convaincu : face à un problème, il est certain que nous avons plus de chances pour le surmonter si l'on s'y attaque en se disant que nous pouvons le résoudre plutôt qu'en s'y attaquant en se disant que l'on a aucune chance d'y parvenir ! Notre énergie est décuplée par l'optimisme, minimisée par le pessimisme, c'est aussi simple que cela.

Gaël Chatelain


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