Apprendre à avoir tort pour être mieux dans ses baskets et être plus efficace…



Je suis frappé de voir assez souvent des commentaires sur des posts ou des articles qui sont assez virulent. Souvent, ces commentaires commencent par un très aimable « vous avez tort ». Bon, quand ça commence comme cela, généralement, la discussion n’est pas ce que l’on appelle ouverte. Et pourtant, il est clair qu’il est absolument impossible d’avoir toujours raison. Tout est question de forme, pas de fond. Commencer sa phrase par « vous avez tort » suppose de fait que vous avez raison… un tantinet arrogant tout de même.


Dans ma carrière, s’il y a bien une chose que j’ai apprise, c’est qu’il existe des milliers de vues possibles d’une même situation et encore un autre millier de possibilités pour résoudre un problème. Il n’y a que quelques sujets sur lesquels il ne me sembla pas possible d’avoir un débat contradictoire tellement il n’y a qu’une voie possible. Un exemple ? Faut-il ou non lutter contre le sexisme en entreprise. Et oui, j’ai eu des commentaires parfois qui commençait par « vous avez tort »… et je dois bien avouer que dans ce cas, compliqué de faire bonne figure.


Mais pour le reste, il est essentiel d’avoir en tête, en permanence que nous n’avons jamais raison au sens absolu du terme et ce pour trois raisons principales :


1-   Avoir tort permet d’élargir son propre champ de vision

Avoir conscience que l’opinion ou l’idée que nous exprimons n’est qu’une possibilité parmi tant d’autres permet d’être prêt à en recevoir d’autre sans aucune idée préconçue. Être arc-bouté sur son idée va nous faire défendre notre position coute que coute et nous allons nous renfermer au lieu de nous ouvrir à d’autres possibilités. 


Et franchement, au regard des sujets dont nous parlons généralement, il serait bien présomptueux de prétendre que l’un ou l’une d’entre nous possède LA vérité absolue. Le principe même d’échanger avec d’autres personnes est de se confronter à des opinions et des vues différentes.


Mais ce qui est le plus génial c’est que lorsque l’on discute avec une personne qui assume également d’avoir tort et avec qui vous n’êtes absolument pas d’accord, c’est que ce n’est pas l’une ou l’autre opinion qui l’emporte mais une nouvelle idée née de cette « opposition » constructive.


2-   Assumer avoir tort libère la parole

Si votre boss assène des vérités et ne supporte pas la moindre contradiction, il est fort probable qu’au bout d’un certain temps, plus personne n’ose s’exprimer. Seule la voix du patron comptera. Cela a un nom : le totalitarisme. Commencer une réunion de brainstorming en disant clairement que personne n’aura raison ou tort et que toute idée doit être entendue, cela libère grandement les énergies.

Il en va de même pour réduire la résistance au changement. Une décision tombée d’en haut sans aucune discussion ni remise en question préalable donne le sentiment aux équipes que cette décision est forcément parfaite. La présenter aux équipes et dire clairement que la discussion est ouverte pour la faire évoluer si besoin, voilà comment obtenir l’adhésion d’une équipe. Mais pour cela, il faut admettre au préalable que sa décision n’est pas parfaite a priori.

Le mauvais orgueil est de croire qu'on ne peut avoir tort, et c'est une faiblesse de n'oser reculer quand on fait fausse route. Fénélon

3-    Assumer avoir tort déstresse

Que ce doit être fatiguant d’avoir toujours raison envers et contre tous. Assumer avoir tort permet d’embarquer des personnes autour de soi, de ne pas porter seul(e) le fardeau d’une idée. Comme le dit très bien un proverbe africain, seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin. Et bien assumer avoir tort, c’est exactement cela. C’est de ne jamais porter seul une idée, un projet ; c’est de challenger en permanence ses idées en sachant mettre son égo de côté. Et oui, comme souvent en entreprise, ces questions sont souvent de « simples » questions d’égo.


J’aime bien l’image du navire. Quand nous proposons une idée, c’est un peu comme si nous proposions à notre équipe de monter à bord. Si personne ne veut, il est possible de s’entêter et partir seul en mer mais c’est risqué. Par contre, admettre que nous nous sommes trompé sur la taille de la voilure ou la destination, changer de point de vue et faire en sorte que l’équipage soit au complet, c’est plus rassurant et moins stressant pour l’avenir.


Conclusion

Alors j’entends d’ici quelques personnes qui pourrait se dire « mais alors, assumer avoir tort, finalement, cela veut dire ne pas avoir de convictions. Et bien… oui, et non. Effectivement, comme je le disais en introduction, il y a des sujets sur lesquels personne ne pourra, je pense, me faire changer d’avis. Je sais par exemple qu’il existe des personnes farouchement opposées au concept de bienveillance en entreprise et c’est très bien mais je n’ai pas encore lu ou entendu un argument qui pourrait me faire douter.

Je crois qu’il faut bien faire la différence entre nos convictions, ce qui nous définit en tant qu’être humain, et nos opinions qui, par définition, peuvent évoluer avec l’âge, nos expériences et les personnes que nous croisons. Lorsqu’il s’agit d’opinions, je crois qu’il faut assumer totalement la possibilité que nous puissions avoir tort. Débattre est tellement enrichissant, non ?


Gaël Chatelain-Berry


Pour aller plus loin :

1- 10 choses que les personnes bienveillantes font chaque jour au travail

2- Les 5 erreurs à ne jamais (re)faire dans sa carrière


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