Bon patron... et mauvais manager



Je viens de recevoir un coup de téléphone d'un ami très proche, qui s'avère être un patron et il me dit la chose suivante : "Gaël, à force de lire tes articles, je réalise que j'ai été un bon patron, et un mauvais manager". La phrase me surprend au premier abord et je finis par comprendre :

1- ce que mon ami me disait.

2- que j'avais un très bon sujet pour mon article hebdomadaire (merci Eric!)

En fait, il a créé de toutes pièces une entreprise novatrice, rentable, dynamique, une référence absolue sur son marché et il a tout donné pour son entreprise, son temps, son énergie, une partie gigantesque de sa vie. Cependant, il n'a jamais pris, me dit-il, le temps de prêter attention à ses collaboratrices et collaborateurs. Après tout, à quoi bon, les chiffres de l'entreprise sont bons !

En fait, la notion de patron est fortement liée à l'aspect économique de l'entreprise, la notion de manager, elle, est lié à la notion humaine. Donc oui, il est possible d'être un bon patron et un mauvais manager, l'inverse étant totalement vrai (même si dans ce cas spécifique, il est probable que l'entreprise ne survive pas très longtemps).

Ce qui est intéressant dans cette phrase initiale est qu'elle est pleine d'optimisme au final. De fait, être un bon patron donne la possibilité de devenir un bon manager à partir du moment où il y a une prise de conscience que devenir un bon manager va également dans l'intérêt économique de l'entreprise. Un exemple, un seul : plus de 80% des arrêts de travail sont liés au stress généré par son travail. Or, une entreprise qui fait en sorte de faire progresser le bien-être en son sein peut réduire l'absentéisme jusqu'à 31% (Source HarvardMIT). Quand on sait que l'absentéisme coute 60 milliards à l'économie française (source cabinet Ayming) avec une moyenne de 16.6 jours d'absence par salarié français... on comprend facilement l'intérêt d'essayer d'être un bon manager attentif au bien être de ses équipes !

Nous pouvons le regretter, et ce n'est pas le débat ici, mais dans notre monde de l'entreprise, l'économique précède toute chose... sans chiffre d'affaire, rien n'est possible. La question qui se pose par la suite, une fois que l'économique est traité, c'est quel est le pourcentage de celui-ci qui va être consacré au bien-être des salariés ?

Dans l'absolu, je préfère encore un bon patron mauvais manager à un bon manager mauvais patron. (non non, ne me lancez pas tout de suite des pierres). Dans le premier cas, tout espoir n'est pas perdu et l'exemple de mon ami est excellent : il peut/va changer. Dans le second, malheureusement, ce n'est pas la bienveillance qui va transformer une entreprise non rentable en pépite de l'économie française. J'adorerai que ce soit le cas, mais malheureusement, l'économie a des règles assez cruelles.

L'objectif au final est de devenir un bon patron ET un bon manager. Le défi est pour certain de taille mais je constate quotidiennement que la prise de conscience progresse, parfois pour une raison un tantinet cynique mais après tout, quelle importance : le bon patron qui ne pense qu'aux chiffres peut réaliser que les chiffres peuvent être encore meilleurs s'il devient un bon manager... tout le monde a à y gagner !

Gaël Chatelain



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