Comment gérer ses émotions pendant le confinement ?

Mis à jour : il y a 4 jours



Je reçois beaucoup de messages à propos de la gestion des émotions. Il est vrai que ce sont ces dernières qui, en tant normal (ie avant le confinement) nous boostent ou, au contraire nous bloquent. Et oui, même avant le confinement, nous avions des émotions, à moins d’être un robot.


Je me permets de rappeler ce qui peut sembler une évidence, mais cela est fondamental. Oui, avoir des émotions, quelles qu’elles soient, est normal, sain même. Ce sont elles qui définissent une partie de notre humanité. Mais, là où le confinement joue un rôle, c’est que nous pouvons découvrir de nouvelles émotions et que certaines d’entre elles que nous connaissions avant sont décuplées.


Dans cet article, je vais plutôt parler des émotions négatives bien entendu, colère, tristesse, lassitude… toutes ces émotions qui, si elles ne sont pas gérées, nous tirent vers le bas.

La première chose, pour gérer ses émotions, est de les assumer. Comme je le disais plus haut, ce sont nos émotions, bonnes et mauvaises qui font que nous hommes humains et non des robots. Vous êtes triste ? Bonne nouvelle, vous êtes HUMAIN ! Avoir une émotion n’est pas une maladie honteuse, bien au contraire, c’est une réaction saine par rapport à une situation donnée. Cependant, quand cette émotion est négative, plus vite vous la gèrerez, mieux vous vous sentirez ; et pour se faire, le seul moyen est de faire une pause.


Très concrètement, ce que j’appelle « faire une pause », c’est se parler à soi-même et d’essayer de comprendre les causes de cette émotion afin d’empêcher cette dernière de devenir débordante. Avant de se mettre à hurler sur le petit dernier ou sur son collègue qui est en retard pour rendre un document, se mettre en mode pause permet :


1-    D’éviter d’atteindre un point de non-retour. Les émotions, une fois qu'elles s'expriment pleinement vont vous empêcher d'avoir un raisonnement posé. Il faut savoir les identifier à temps pour mieux les gérer.


2-    D’analyser l’importance réelle de la cause de mon émotion. L'émotion est souvent créée par une impression, un ressenti. Essayer de mettre des mots concrets et factuels sur l'origine de l'émotion permet de la "matérialiser", rendant plus facile le fait de la mettre à distance. Mettre des mots sur une émotion est essentiel.


3-    De relativiser. Souvent, en relativisant, en faisant un pas de côté, nous réalisons que cette émotion est disproportionnée par rapport à la réalité de la situation.


4-    De trouver une solution constructive

"Exprimer ses émotions, c'est comme d'enlever les nuages noirs devant le soleil pour laisser pousser les fleurs." Tanya Sénécal

J’ai toujours adoré ce proverbe arabe : « ce n’est pas dans la tempête qu’il faut hisser la grand-voile ». En gros, cela signifie que si vous sentez la moutarde vous monter au nez, ce n’est pas en vous mettant à hurler que vous gérerez la tempête dans votre cerveau. Comprendre la mécanique de nos émotions nous aide à les relativiser, à les gérer. Le week-end dernier, j’ai eu un petit coup au moral, pour la première fois depuis que je suis confiné, deux semaines avant le confinement général. Finies les conférences, plus de contact physique, plus de voyages. Et puis j’ai appuyé sur le bouton pause.


Oui, ce sentiment de tristesse était normal. Mais, mieux, ce qui en était la cause, mon inactivité en tant que conférencier, c’est pour la bonne cause. C’est parce que je reste chez moi que l’épidémie recule petit à petit et que nous finirons par gagner. Moi, petite goutte d’eau au regard de la population mondiale, je fais partie de l’océan des gens qui agissent pour que cela cesse.


Et ce n’est pas insignifiant. Si vous voulez vous en convaincre, rappelez-vous que cette pandémie a commencé avec un seul individu qui a contracté ce virus en mangeant je ne sais quel animal étrange. UN SEUL !!! Oui, des millions de personnes ont été contaminée du fait d’une seule personne. Et bien l’inverse est vrai. La fin de l’épidémie dépend de notre action à toutes et à tous, confinés, chômeurs et actifs. Bien entendu qu’à 20.00 nous applaudissons nos soignants particulièrement marqués par cette période. Mais sans notre action immobile, leur travail ne sert à rien.


Bref… j’ai géré mon émotion et elle est partie. Je me suis remis à écrire.


Comprendre les causes de nos émotions négatives, c’est bien, mais faire en sorte qu’elles ne viennent pas frapper à votre porte, c’est encore mieux. Et pour se faire, voilà quelques petits conseils :

1-   Gardez une activité intellectuelle stimulante. Oui, passer sa journée devant Netflix, c’est sympa un jour ou deux, mais écrire, se former en ligne au Yoga ou à une nouvelle langue, c’est pas mal non plus, et c’est valorisant. Chaque journée doit servir à quelque chose !


2-   Gardez un bon équilibre vie professionnelle / vie personnelle. Faites des pauses, coupez vos mails le soir et le week-end, ne laissez pas votre travail vous dévorer. Ce n’est pas parce que nous sommes confinés que le burn-out n’existe plus !


3-   Mettez de la joie dans votre habitation. Dès le réveil, souriez aux personnes présentes chez vous. Et si vous êtes seul(e), faites-vous un grand sourire dans le miroir. La première fois, vous vous sentirez peut-être ridicule, mais après, vous adorerez cela !


4-   Faites de l’exercice physique. Pas forcément un marathon en courant autour de votre table. Quelques pompes, des étirements… des gestes pour prendre soin de vous.


5-   Gardez le lien. Pas une journée sans un contact avec l’extérieur. C’est aussi l’occasion de renouer avec des personnes perdues de vue depuis longtemps.


6-   Chaque jour, notez sur un papier la chose sympa que vous faite dans la journée et déposez ce papier dans un vase. Vous verrez, petit à petit il se remplira et deviendra une source d’optimisme.


Et si malgré tout cela, vos émotions restent débordantes : parlez-en ! Avant de vous mettre à hurler, dites à la personne qui vous énerve, calmement, que vous ressentez une vraie émotion de colère que vous avez besoin de son aide pour la gérer. L’éloignement exacerbe nos émotions. De la même façon, si vous vous sentez triste, parlez-en. Nos émotions peuvent nous envahir si nous les gardons en nous. Les partager, c’est les gérer.

Vous savez quoi, vous, pas plus que moi, n’êtes ni Superman, ni Wonderwoman… et heureusement ! Nous allons toutes et tous avoir à gérer nos émotions. Avoir des émotions, ce n’est pas être faible, c’est être humain. Ne pas l’assumer, ne pas le gérer, c’est cela la vraie faiblesse !


Gaël Chatelain-Berry


Pour aller plus loin :

1- Mettre fin au culte de la perfection


2- Le rire, l'humour : sources de motivation ?


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