Covid : comment préparer l’après confinement dans votre entreprise ?



La « fin » de cet épisode de confinement qui entrera sans aucun doute possible dans les livres d’histoire approche. J’ai mis des guillemets au mot fin car, malheureusement, ce n’est pas la fin de l’épidémie, mais plutôt le début d’une nouvelle phase de celle-ci.


En effet, tant qu’il n’y aura pas de vaccin, le virus sera là contrairement à ce que disent les soit disant spécialiste d’un virus qui vient d’apparaître (sic). En effet, compter sur une disparition du virus grâce à la chaleur de l’été est illusoire, et il suffit pour s’en convaincre de regarder la présence actuelle du virus dans les pays chauds de la planète. S’il semble effectivement moins présent, il est loin d’être absent et si nous n’y prêtons pas attention, dès l’automne, ce sera repartit pour un tour.


Ok, cela ne semble pas très optimiste tout cela. ET POURTANT… nous avons un grand nombre de raisons d’être optimistes.


Tout d’abord, si nous regardons la réalité des pays qui ont l’habitude depuis des années de lutter contre des épidémies équivalentes, les chiffres sont tout bonnement extraordinaires. Prenons la Corée du Sud. 51 millions d’habitants, aucun confinement et, depuis le début de l’épidémie : 247 morts !!!


Oui, il est possible de vivre quasiment normalement avec un virus tel que le Covid 19, la Corée du Sud en est la preuve indiscutable... mais cela suppose qu'individuellement nous nous sentions responsables à titre individuel au lieu de compter sur les autres, notamment les politiques.


Alors oui, du fait de la délocalisation en Asie et au Maghreb de nos usines textiles depuis les années 60, nous n’avons pas été en mesure de produire suffisamment de masques ; oui, du fait que 80% de la production de nos laboratoires pharmaceutiques soit réalisée en Chine, nous n’avons pas eu assez de tests rapidement, oui, nous n’avons pas compris tout de suite la gravité de la situation et avons assisté à des scènes hallucinantes de regroupements dans des parcs la semaine où le confinement a été annoncé accélérant ainsi la propagation du virus. Tout cela est vrai… mais c’est du passé. Faut-il vraiment continuer à se flageller avec des orties fraîches pour expier une faute collective ou au contraire se tourner vers l’avenir et apprendre à vivre avec un monde qui s’annonce nouveau ?


Personne aujourd’hui, en tout cas personne de sérieux, ne peut aujourd’hui nier la gravité de la situation et la dangerosité du corona, personne. Et, de même, personne ne peut affirmer que ce type d’épisode ne se reproduira pas régulièrement. Nous devons donc changer, toutes et tous, individuellement et collectivement.

Alors… ce déconfinement, comment le préparer ?


Une responsabilité individuelle

Les bises, les mains serrées et tout autre contact au bureau : terminé. Oui, nous allons toutes et tous êtes très heureux de nous retrouver et, depuis que nous sommes petits, nous sommes plutôt tactiles. Il faudra résister et, sans aucun doute possible, réinventer durablement nos contacts sociaux. Après tout, les japonais se saluent en gardant leurs distances depuis des siècles, cela ne devrait pas être trop compliqué. Adieu les bises et poignées de main ? C'est fort probable.


Le virus ne se promène pas dans l’air tout seul comme un grand. Dans une salle de réunion, si tout le monde porte un masque, il n’y a aucune raison que le virus se propage. Alors certes, l’un des effets bénéfiques de cette épidémie et que nous allons peut-être enfin mettre un terme à la réunionite aiguë à la française pour ne garder que les réunions essentielles… mais après tout qui s’en plaindra ? Oui, dans les transports, les réunions, les couloirs de notre entreprise, les magasins, il va falloir apprendre à vivre avec un masque. Mais c’est à ce prix que nous réussirons.


 Après avoir été des combattants immobiles en nous confinant, nous allons devenir des guerriers mobiles en nous masquant et en respectant les gestes barrières.


Une responsabilité collective

Croire que tout reviendra à la normale le 11 mai est une illusion, je pense que tout le monde en a conscience. Mais croire que l’adaptation à cette nouvelle situation se fera sans travail l’est tout autant. En effet, il va falloir que chaque entreprise trouve son mode de fonctionnement permettant de trouver le bon équilibre entre activité économique et protection sanitaire. Et cela se fait dès maintenant. Il ne faut surtout pas attendre le 11 mai. Ainsi, voici quelques pistes de réflexion pour réussir votre 11 mai.


1-    Mettez en place des groupes de discussion

Tout le monde n’a pas la même approche individuelle du déconfinement. Par exemple, certains parents, dont je suis, ne s’inquiète pas du retour à l’école des enfants, d’autre le sont. Il va falloir gérer cette situation car cela aura bien entendu un impact majeur sur qui pourra faire du présentiel et qui ne pourra pas. Il ne s’agit pas de savoir qui a raison ou qui a tort car il est impossible de le savoir de façon absolument certaine. Par contre, il est fondamental de savoir en avance qui fera quoi afin d’optimiser la transition et l’organisation.


"Ne demeure pas dans le passé, ne rêve pas du futur, concentre ton esprit sur le moment présent." Bouddha

2-    L’occasion de célébrer

Même si le 11 mai ne marque pas la fin de l’épidémie, potentiellement, cette date marquera la fin de la pire période que notre système de santé ait connu. Ce n’est pas comme le jour de la libération de Paris à la fin de la seconde guerre mondiale durant laquelle le peuple parisien s’est retrouvé dans la rue dans une liesse populaire dont ma grand-mère me parlait toujours avec une indescriptible émotion, mais nous devons trouver un moyen de célébrer cette date. Et mon idée et d’essayer, dans chaque équipe, de tirer du positif de celle-ci. Il y aura un avant, et un après le 11 mai. Comment ? Dès aujourd’hui, dans chaque équipe, réfléchissez à ce que vous ne trouviez pas satisfaisant dans le fonctionnement de votre équipe avant l’épidémie et à comment vous allez changer cela après.

 Par exemple, amis managers, demandez aujourd’hui à votre équipe de faire un groupe Whatsapp dans lequel ils se mettront d’accord sur ce qu’ils appréciaient dans votre management avant le confinement, et ce qu’ils souhaiteraient vous voir changer après le 11 mai. Quelques jours avant le 11, ils vous enverront leur liste et cette date marquera le début d’une relation nouvelle.


Une organisation nouvelle

Un grand nombre d’entre nous avons découvert le travail à domicile. Je n’appelle pas cela du télétravail car le télétravail, c’est quelque chose de choisi, pas d’imposé, ce n’est qu’un jour ou deux par semaine, pas en permanence, c’est souvent pour être tranquille, pas forcément avec ses enfants à qui il faut faire l’école. Si effectivement, beaucoup d’entreprises ont découvert le télétravail et se sont équipées pour passer cette période, ce qui se passe actuellement n’est en aucun cas transposable pour après. C’est pour cela que désormais, jusqu’au déconfinement total, je ne parlerai plus de télétravail mais de « CORO-TRAVAIL » (coro pour corona bien sûr), mot que j’utilise afin que l’on garde bien en tête que la période que nous vivons est exceptionnelle et ne peut en aucun cas servir de benchmark vis-à-vis d’une vie déconfinée.


Cela étant dit, avant la crise, seules 16% des entreprises avaient des accords de télétravail alors que 70% des salariés souhaitaient en faire. Profitons de cette période pour que des accords de télétravail choisis soient mis en place, faisons en sorte que si la fonction est adaptée et que si la personne le souhaite, autant de télétravail que possible soit mis en place. Au-delà de l’impact sanitaire et écologique que cela aura, nous pouvons, enfin, reparler de bien-être au travail.


L’après 11 mai n’aura rien à voir avec l’avant corona, et ce peut-être pour toujours. Mais il n’y a pas que du mauvais à cela. Que pensez-vous d’une entreprise avec beaucoup plus de télétravail, moins de réunions interminables, plus d’attention portée au bien-être de toutes et de tous ? Alors je sais, d’un point de vue économique, la période ne va pas être simple pour beaucoup d’entre nous, et je suis bien placé pour le savoir en tant que conférencier. Et, pour autant, n’est-ce pas enthousiasmant de se dire que, sans partir d’une page blanche, nous allons toutes et tous redessiner les contours d’une nouvelle forme de travail, de relations professionnelles en prenant en compte, certes, les contraintes sanitaires, mais également tout ce que nous connaissions avant l’épidémie, et nous gênait, sans pouvoir le changer. Cette crise sera un incroyable accélérateur de changement et c’est à nous de faire en sorte que ces changements soient le plus positifs possible car nous en avons l’occasion… dès aujourd’hui. 


Et vous… quel sera votre contribution ?


Gaël Chatelain-Berry


Pour aller plus loin :

1- Coronavirus : le positif que nous allons en tirer


2- Les 5 secrets de la motivation au travail


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