Entreprises : qu'est ce qui va changer après le corona ?

Mis à jour : il y a 4 jours



Je reçois beaucoup de commentaires suite à mes différents post au sujet de « l’après corona ». Certains optimistes, d’autres pessimistes et enfin, des défaitistes. Quelle que soit la catégorie dans laquelle vous vous trouvez, il faut prendre conscience d’une chose essentielle et fondamentalement optimiste : NOUS GAGNERONS.


Je fais partie de ce que l’on pourrait appeler « la génération SIDA ». Je me rappellerai toujours, c’était en aout 1983, lorsque le monde a appris que Klaus Nomi était mort du SIDA. J’étais sur une plage dans le sud de la France, j’avais 13 ans, et le monde prenait conscience de l’enjeux sanitaire phénoménal qui se présentait. 37 ans plus tard, on ne soigne toujours pas le SIDA.


Bien entendu, les deux virus ne sont pas comparables, même s’ils sont tous les deux mortels. Et pourtant, quelle incroyable chose que de savoir que nos chercheurs vont dans un premier temps trouver un traitement dans les semaines qui viennent et un vaccin dans les mois à venir. Quelle incroyable chance que de se dire que cette terrible épidémie va avoir une fin ! La peste noire, au 14ième Siècle, a duré 5 ans et a tué 30 à 50% des européens, la grippe espagnole a duré deux ans et a tué entre 2,5 et 5% de la population mondiale entre 1918 et 1919.


Oui, la crise que nous traversons est terrible, mais nous devons mesurer la chance que nous avons que ce ne soit « que » le Corona et pas un virus du type Ebola qui se répande, virus qui ne vous laisse que 40 à 10% de chance de vivre si vous le contractez.

Comme toutes les crises, elle révèle le pire de l’être humain, ce que l’on voit avec les mots laissés dans les boites aux lettres de soignants leur demandant de déménager, les infâmes personnages qui profitent de l’épidémie pour faire des trafics, les abrutis qui volent le contenu de véhicules appartenant à des soignants. Mais cette crise révèle également le meilleur. Des professionnels qui donnent tout pour traverser cette crise dans les meilleures conditions possibles, les soignants, les forces de l’ordre, l’armée, les enseignants, les agents de caisse, les éboueurs, les chauffeurs de camions, les livreurs, les pharmaciens, toutes celles et ceux qui continuent à travailler pour essayer de maintenir une activité économique qui nous permettra de repartir dès la fin de cette crise, nos politiques qui, pour la plupart, on la décence de se taire en ces temps où seule l’unité nationale compte et enfin, toutes les personnes qui respectent à la lettre les consignes de confinement, tous ces combattants de l’ombre qui participent silencieusement à ce combat QUE NOUS GAGNERONS !


Le monde d’après sera-t-il différent ? Les optimistes n’en doutent pas, les pessimistes pensent qu’il sera pire et les défaitistes disent qu’il reviendra à la normale. Je trouve très surprenant ces deux dernières catégories. Ce à quoi ressemblera le monde de demain dépend de chacun d’entre nous. Si le pessimiste devient plus égoïste, si le défaitiste reprend ses habitudes d’avant crise alors, oui, rien n’aura changé. Par contre, si nous toutes et tous réfléchissons à ce que nous changerons dans nos comportements quand la crise sera passée, alors, oui, le monde changera.

« Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde » Ghandi

N’en doutons pas, l’entreprise de demain devra toujours gagner de l’argent. Mais peut-être qu’elle réfléchira deux fois avant de délocaliser sa production en Chine pour gagner quelques points de marge, le mauvais manager aura peut-être plus de mal à refuser le télétravail à son équipe, la notion d’entraide sera peut-être devenue un petit peu plus présente à l’esprit de toutes et de tous, au travail et en dehors.


Alors bien sûr, je ne me fais aucune illusion, une fois la crise passée, les spéculations vont revenir, certains égoïsmes également et les discours politique vont revenir en force, surtout avec le deuxième tour des municipales qui s’annonce. Il faut nous préparer à entendre untel qui nous expliquera à quel point la crise a été mal gérée et qu’il aurait forcément mieux fait. Mais nous avons un pouvoir : celui de ne pas oublier et de ne pas reprendre nos mauvaises habitudes. Toutes ces personnes qui. expliquent après une crise, quelle qu'elle soit, qu'ils l'auraient mieux géré sont à mon sens juste... indécents. L'important, comme en entreprise, ce n'est pas de savoir qui est responsable de la crise, mais d'en comprendre les mécanisme et d'agir pour qu'elle ne se reproduise jamais. Il va y avoir celles et ceux qui seront les champions du rétro-viseur et les autres, qui vont regarder par le pare-brise. L'une des deux catégories verra plus large, plus loin !


Aujourd’hui, je suis fier de mon pays. Nous ne sommes pas les États Unis où leur président a clairement dit que la vie humaine comptait moins que l’économie. Je suis fier de la France qui essaye de prendre soin de tous ses enfants et ne va pas sauver uniquement ceux qui ont les moyens de se payer une assurance maladie. Je suis fier d’être dans un pays où même si la crise est forte, son peuple n’est pas effrayé comme aux États-Unis où ils se sentent, à raison, totalement abandonnés par leur gouvernement. Ma belle-famille est américaine, il n’y a pas de mots pour décrire comment ils se sentent. Je suis fier d’être dans un pays où les soignants, qui se battent depuis plus trente ans pour avoir, sans succès, plus de moyens, se donnent sans compter alors qu’ils ont été abandonnés de tous temps ; abnégation, je crois que c’est le mot qu’il faut retenir pour nos soignants.

Les optimistes, les pessimistes et les fatalistes, nous avons tous une chose en commun : la mémoire. Prenons le temps de réfléchir au monde que nous voulons après et comment chacun d’entre nous allons pouvoir le changer : par nos votes, même si cela nous l’avions déjà, mais surtout dans nos vies au quotidien, avec nos proches, nos collègues ou nos voisins.


Soyons acteurs, aujourd’hui en ne sortant pas de chez nous si nous n’avons aucune raison valable de le faire, en contactant les personnes isolées et demain, en agissant pour que cette crise n’ait pas été totalement vaine. Essayons d'avoir comme objectif de pouvoir nous dire dans 5 ans que nous avons appris quelque chose de cette crise. Le monde de demain ressemblera à ce que nous voulons en faire, toutes et tous, individuellement.


Gaël Chatelain-Berry


Pour aller plus loin :

1- La culture de l'erreur au travail

2-Apprendre à avoir tort pour être mieux dans ses baskets et être plus efficace…


Je suis auteur, chroniqueur et conférencier... ci-dessous, quelques liens utiles.

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