La culture de l'erreur au travail



Aaaaaaah être parfait(e) et infaillible. Le rêve de tout le monde, non ? Et bien, comment vous dire : NON. En France, selon une étude récente réalisée par Cadremploi en juin 2019 auprès de 1 123, 50% des cadres français déclarent avoir connu les symptômes du burn-out. Et vous savez quoi ? Le burn-out ne touche pas les plus faibles ou les moins bons mais bien au contraire les plus performants et les plus impliqués. Ce sont celles et ceux qui veulent être parfait en tout qui sont les plus sujet au burn-out du fait de leur incapacité à admettre qu'un travail peut ne pas être parfait.


C'est en écrivant ces lignes que je réalise que le droit à l'erreur est, peut-être, un bon rempart contre ce mal qui devient un véritable fléau en France. Fléau humain ET économique. Personne n'a intérêt à ne pas lutter contre le burn-out, que ce soit l'entreprise en quête de performance et de rentabilité ou le salarié en quête de bien-être.

Malheureusement, notre pays est loin d'avoir intégré un droit à l'erreur pour ses salariés. Et pourtant, les avantages de faire ainsi sont tellement nombreux :


=> + de créativité : quel salarié aurait envie d'avoir une nouvelle idée si la précédente a été une erreur et qu'il a failli se faire virer ?


=> + de productivité : moins de stress = moins d'absentéisme


=> plus de bien-être : savoir que l'on peut se tromper sans risquer de se faire hurler dessus augmente le bien-être au quotidien... or c'est ce bien-être au travail qui devient dans un grand nombre d'enquête la recherche n°1 des salariés vis à vis de leur travail. Envie d'attirer et de garder les meilleurs talents ? Développez une culture du droit à l'erreur.

Une erreur originale vaut mieux qu'une vérité banale.” Dostoïevski 

OK... c'est bien beau tout cela mais comment fait-on ? Il ne suffit pas de décréter que l'on a un droit à l'erreur pour que cela devienne une part de la culture d'entreprise. Et bien... presque. Pour que le droit à l'erreur devienne une réalité, c'est assez simple :

=> il faut le dire aux équipes : vous avez le droit de vous tromper ! Cela semble idiot mais verbaliser ce fait ne se fait que rarement et c'est pourtant central. On dit qu'en amour, il n'y a pas d'amour sans preuve d'amour... il en va de même pour le droit à l'erreur.


=> il faut expliquer ce qui se passe en cas d'erreur. Expliquer que si cela arrive, la sanction ne sera pas au coeur de l'action mais au contraire, calmement, il s'agira de tirer les enseignements de cette erreur, de voir ce qui peut faire progresser. Nous avons trop souvent tendance à chercher des coupables en cas de problèmes plutôt que de chercher des solutions.


=> il faut que tout le monde comprenne que le problème n'est pas l'erreur mais la répétition de celle-ci. Pour apprendre à marcher, il faut tomber, c'est bien connu. Tout le monde a le droit à une seconde chance mais, surtout, travailler, c'est progresser, apprendre; et il n'est pas réaliste d'imaginer que l'on puisse apprendre sans jamais, absolument jamais se tromper. L'erreur est avant tout quelque chose de positif si elle sert à avancer.


Bref, vous l'aurez compris, le droit à l'erreur n'est pas une option en entreprise, c'est un fondamental, un incontournable. Saviez-vous que certaines entreprises ont même mis en place des "journées de la lose" (journée de l'échec), journée durant laquelle chaque service présente aux autres équipes ses pires erreurs ou échecs du trimestre passé ?


Et bien dans ces entreprises, non seulement les salariés osent essayer de nouvelles choses, n'ayant pas peur de se faire virer si cela ne marche pas mais, surtout, si un département s'est planté, le département voisin évitera sans aucun doute de faire la même erreur mais, mieux, un autre département pourrait transformer cet échec en succès grâce à une nouvelle idée. Tant de choses ont été créées par erreur, le post-it, l'imprimante à jet d'encre, le four à micro-ondes et j'en passe, qu'il serait dommage de se priver d'une telle source de créativité, non ?

Gaël Chatelain-Berry


Pour aller plus loin :

1- Les 5 secrets de la confiance en soi

2- Etre manager est-il le métier le plus difficile en entreprise ?


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