Dis, c'est quoi le management bienveillant ?



Voilà plusieurs années désormais que je travaille sur le sujet du management bienveillant. Et je suis toujours aussi surpris que ce qui me semblait être une évidence depuis des années, y compris du temps où j’étais moi-même manager, était une découverte pour certain(e)s, un mystère pour d’autre, une fumisterie pour une minorité.

Heureusement, je constate que je ne suis pas le seul à penser que le management par la bienveillance n’est plus une option. Que ce soit par les commentaires que je reçois lors de mes conférences ou avec mes articles ou bien les mails en nombre que je reçois sur mon site web, je vois bien que le sujet est bien plus qu’une mode. Mais si je fais cet article, c’est qu’après des années de travail sur ce sujet, il m’a semblé être temps de faire une synthèse.

Une attitude

Le management par la bienveillance est avant tout une attitude par rapport à son propre travail. Mis à part quelques rares exception, nous ne sauvons pas de vie quotidiennement et ce n’est certainement pas le fait d’être soi-même stressé qui pourrait justifier d’avoir un comportement déplacé par rapport à qui que ce soit : hurlements, humiliations, harcèlement et j’en passe. Notre stress n’est pas plus ou moins important que celui des autres. Et plus nous montons dans la hiérarchie, plus notre stress devient moins important que celui de nos équipes. En effet, je crois que le fond de la bienveillance est altruiste et poussera un manager à préférer prendre le stress sur soi plutôt que de le distribuer autour de lui.

Une envie

Comme le disait si bien cette grande philosophe qu’était ma grand-mère, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. Oui, il existe des managers qui ne seront jamais bienveillants mais ce n’est pas parce qu’ils ne le peuvent pas, c’est parce qu’ils ne le veulent pas. Je ne sais plus s’il faut perdre du temps à essayer de comprendre ces énergumènes. J’en ai rencontré des comme cela, très peu pour être honnête, dans ma carrière professionnelle comme aujourd’hui et ces personnes sont souvent à classer dans la catégorie des pervers narcissiques et, dans ce cas, ce n’est pas un coach ou un conférencier qui pourrait les aider… mais un psychiatre. L’envie d’être bienveillant, c’est se nourrir, très égoïstement, du bien que cela génère autour de vous.

Et là, je vous vois venir avec vos gros sabots. Je parle d’un plaisir égoïste alors que dans le paragraphe précédent, j’évoquais l’altruisme de la bienveillance. Et oui, c’est là tout le paradoxe de la bienveillance en entreprise et c’est même un débat philosophique auquel nous pourrions consacrer des livres entiers : un acte généreux peut-il être désintéressé ? Mais finalement, qu’importe, tant que cet acte existe. Je suis un indécrottable pragmatique, que voulez-vous !

"La véritable politesse consiste à marquer de la bienveillance aux hommes ; elle se montre sans peine quand on en a.”

Jean-Jacques Rousseau

Un chemin sans fin

Si la perfection en ce monde existait, ça se saurait. Être un manager bienveillant, ça se travaille tous les jours. Bien entendu qu’il peut nous arriver de couper la parole à quelqu’un, de ne pas (vraiment) écouter quelqu’un, d’arriver en retard de temps en temps, de perdre son sang froid, mais le tout est d’en être conscient(e). Le jour où nous serons parfait(e)s, soyons francs : qu’est ce que ce sera ennuyeux ! Je crois profondément que le jour de notre naissance, nous sommes comme des disques durs vierges et que nous passons notre vie à ajouter des fichiers, des programmes et à les améliorer petit à petit en supprimant autant que faire se peut, les bugs. Si vous décidez d’installer le programme « manager bienveillant », cela sera sans fin » et c’est cela qui rend les choses enthousiasmantes, non ?

Une évidence

Toutes les études le montrent désormais, le bien-être en entreprise génère de la productivité, de l’implication et de la loyauté vis-à-vis de l’entreprise. Cela semble évident mais il aura fallu toutes ces études pour le prouver. Franchement, juste intuitivement, entre deux équipes, l’une dirigée par un boss qui hurle en permanence, arrive sans cesse en retard et ne donne jamais de feedback et l’autre dirigée par un manager bienveillant, à votre avis, laquelle aura le moins de turnover et sera la plus impliquée dans son travail ? Oui, la réponse s’impose d’elle-même.

Conclusion

J’ai souvent comme remarque que la bienveillance n’est pas quelque chose qui s’apprend, que l’on nait bienveillant ou pas. Je suis tellement en désaccord avec cela. C’est comme si l’on me disait que sur deux nouveaux nés, s’ils n’étaient pas éduqués, l’un serait poli, saurait intuitivement qu’il faut dire bonjour et merci, et l’autre serait un énorme goujat. La bienveillance, comme la politesse, cela s’apprend et il n’y a pas d’âge pour cela sinon, ce serait désespérant envers la nature humaine, non ? J’aime à dire que la bienveillance, c’est comme le piano, tout le monde peut l’apprendre. Ensuite, il y aura des Mozart de la bienveillance pour qui ce sujet sera totalement intuitif et d’autre qui vont galérer… mais au piano, tout le monde, absolument tout le monde peut apprendre à jouer un morceau de piano avec deux doigts. Ce n’est pas génial, bien entendu, mais c’est un bon début et cela montre la volonté d’essayer. Pour les quiches en bienveillance, le tout est d’essayer… cela sera toujours mieux que d’être quelqu’un de profondément toxique, non ?

Gaël Chatelain



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