Le télétravail : un impératif ?



Depuis quelques années, les discussions sur un accord de télétravail se multiplient dans les entreprises françaises. Et pourtant, je constate qu’un grand nombre d’entre elles y vont à reculons. Et oui, quelle angoisse de payer des salariés que l’on ne voit pas de la journée après tout. Selon une étude réalisée par Morar Consulting, 33% des entreprises françaises ne proposent absolument aucune solution de télétravail (seuls la Russie, la Chine, Singapour et le Japon font moins bien). Selon cette même étude, les champions du monde du télétravail c’est… le Brésil. En effet, dans ce pays, 80% des salariés travaillent souvent ou de temps en temps en-dehors du bureau, chez eux ou dans un autre lieu (café, bibliothèque, parc…).


Le mouvement a tendance à s’accélérer du fait des millénials, beaucoup plus adeptes du télétravail que leurs ainés (70% des 18-30 ans travaillent régulièrement en dehors du bureau, contre à peine 51% des 45-60 ans).

Une étude d’Opinion Way a montré que 67% des salariés français plébiscitaient le télétravail mais seuls 17% d’entre eux pourraient le faire. Un chiffre inférieur à la moyenne européenne qui approche les 20%. En Scandinavie il atteindrait même les 30 à 35%. Mais alors… pourquoi le mouvement n’est-il pas plus rapide ?


Et bien, comme souvent, la résistance au changement est forte et c’est cette résistance qui fait que les entreprises, et les managers hésitent à y aller franchement. Pour comprendre ce principe, je vous propose de vous présenter la réaction que pourrait avoir BoB, le pire manager du monde (et héros de mes livres) si un accord de télétravail lui était présenté :


1-   Un salarié en télétravail est moins productif.

FAUX.

Selon l’enquète Obergo, 86% des télétravailleurs constatent qu’ils sont plus productifs. Et cela est normal. Connaissez-vous la loi de Parkinson ? Cette loi explique qu’un être humain va adapter le temps consacré à une tache au temps qu’il a à sa disposition. Au bureau, un salarié va avoir tendance à ralentir sa productivité du fait du présentéisme à la française notamment. En télétravail, ce qui vient après avoir fini son travail est plutôt sympathique et l’on va augmenter son niveau de productivité pour pouvoir s’y consacrer plus vite.

Pour avoir une politique efficace de télétravail il faut passer d’une culture d’entreprise basée sur le temps de présence des salariés à une culture d’entreprise basée sur la finalisation de projets. Seul compte la finalisation du projet, peu importe que cela ait été fait au bureau ou au bord d’une piscine.


2-   Le télétravail coute de l’argent à l’entreprise

FAUX… au contraire

Du fait de la réduction des temps de transports et de l’amélioration de la qualité de vie au travail (84% des télétravailleurs l’affirment), le niveau de stress des salariés baisse. Or, lorsque l’on sait que 50 à 60% de l’absentéisme est imputable au stress (source : Malakoff Médérik), et que ce dernier coute plus de 100 milliards par an aux entreprise française… le calcul est vite fait.

Mettre en place une politique forte de télétravail est sans aucun doute l’un des meilleurs outils pour améliorer le bien-être au travail.


"Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement." Francis Blanche

3-   Le télétravail réduit les relations entre salariés

FAUX

A moins de mal s’y prendre, les relations humaines peuvent tout à fait ne pas être impactées par le télétravail. En effet, il suffit de décider de points de rendez-vous imposants la présence de tout le monde à certains moments de la semaine pour que le lien social ne soit pas cassé.

Le télétravail ne signifie en aucun cas s’éloigner de façon permanente de l’entreprise même s’il existe des cas de télétravail à 100% qui fonctionnent, mais cela est une autre question.


4-   Le télétravail ne peut s’appliquer à tout le monde et c’est injuste

VRAI… et faux

Il est évident qu’il sera difficile de faire du télétravail pour quelqu’un travaillant sur une chaîne d’assemblage. Mais cet argument, souvent utilisé dans des métiers où la sécurité informatique semblait être un obstacle, est de moins en moins vrai. J’ai même rencontré l’une des plus grandes entreprises gérant des centres d’appels qui a réussi à mettre en place une forte politique de télétravail pour ses télé-opérateurs alors que cela semblait impossible il y a moins de 5 ans. Une écrasante majorité de métiers peuvent être fait en délocalisé.


5-   Le télétravail fait rentrer le travail au domicile et favorise l’hyper-connexion

FAUX

Si le point 1 est appliqué et que l’on travaille par projet, il n’y a aucune raison de consacrer plus de temps que nécessaire à son travail. Le télétravail ne peut être tenu comme responsable de l’hyperconnexion, bien au contraire. Être en télétravail permet de s’appliquer de façon très directe du « flex-horaire » en fonction de ses impératifs personnels


Bien entendu, BoB. Pourrait trouver d’autres arguments moins communs mais, pour l’essentiel, ces 5 points sont ceux généralement mis en avant pour ralentir l’adoption d’un plan de télétravail significatif. Ne nous y trompons pas, celles et ceux qui résistent à ce changement n’auront pas d’autre choix que de s’y mettre très vite. Pourquoi ? A votre avis, si quelqu’un de talent a le choix entre deux entreprises concurrentes, avec une proposition salariale équivalente et un poste équivalent et que l’une des deux propose du télétravail 2 jours par semaine et l’autre non… quel sera le choix de ce candidat ?

Alors, oui, je l'affirme, le choix du télétravail n'en est pas un... le télétravail est un impératif !


Gaël Chatelain-Berry


Pour aller plus loin :

1- La résistance au changement : l'éviter en 4 étapes

2- Les 10 clés pour motiver son équipe


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