Les 5 pires erreurs du manager qui se pense bienveillant

Mis à jour : 5 nov 2019



Et oui, être bienveillant ne se décrète pas. Et pourtant quel manager va assumer pleinement et crier sur les toits le fait de ne pas l’être. C’est un petit peu comme être parent ; nul père ou mère de famille va revendiquer fièrement le fait d’être un parent maltraitant. Lors de mes conférences, je ne rencontre QUE des managers bienveillants… et pourtant, nous le savons toutes et tous, le niveau de bienveillance en entreprise est loin d’être à son top dans toutes les entreprises !

Mais ce qui me semble le plus intéressant, ce sont les managers qui se disent, sincèrement, être bienveillant et qui pour autant ne le sont pas. Et oui, il existe beaucoup de personnes qui sont persuadées d’être bienveillants et qui, sans le savoir, font l’inverse de ce qu’ils/elles prétendent être. Ce n’est pas forcément par méchanceté mais juste parce que ce concepts de bienveillance est parfois mal compris en l’associant à une certaine forme de mollesse managériale (par opposition au courage managérial).

Ci-après les 5 principales erreurs que j’ai pu constater en entreprise par ces managers « pseudo-bienveillants » :

1- Il ne dit jamais « non »

Être bienveillant, ce n’est pas aller systématiquement dans le sens de ce que chaque personne dit histoire de ne froisser personne. Dire « non » est à mon sens l’un des actes managériaux les plus importants car, soyons honnêtes, il est plus complexe de dire non que de dire oui. Refuser une augmentation à un collaborateur ou une collaboratrice, ce n’est pas simple et pourtant, être bienveillant, c’est savoir le faire tout en expliquant le pourquoi de ce «non ». Être un manager bienveillant, c’est également faire preuve de courage managérial et en ce domaine, parfois décevoir en devant dire « non » fait partie du jeu.

2- Il ne sanctionne jamais

Le courage managérial, c’est également regarder les choses en face. Être bienveillant, ce n’est pas tout laisser passer sans mot dire. Être bienveillant, ce n’est pas être aveugle. Dans ma carrière, il m’est arrivé de devoir sanctionner un membre de mon équipe pour différentes raisons : manque de résultats, comportement déplacé ou tout autre chose qui, après avoir essayé de corriger le tir avec la personne, se répétaient sans cesse. Oui, la sanction fait partie du management. Être bienveillant, ce n’est pas nier ce fait mais mettre la sanction comme étant la solution ultime après avoir tout essayé, la sanction ultime étant le pire acte managérial à ma connaissance : le licenciement. Et je l’affirme pour l’avoir malheureusement déjà vécu, il est possible de licencier de façon bienveillante, en mettant l’humain au centre au lieu de ne pas s’y intéresser. Être bienveillant, ce n’est certainement pas oublier qu’avant toute chose, nous sommes payé(e) pour faire une tâche précise du mieux que nous pouvons… en aucun cas pour cacher les éventuelles incompétences d’autres.

“Le succès ne consiste pas à ne jamais faire d’erreur mais à ne jamais faire la même erreur deux fois.” George Bernard Shaw

3- Il est toujours compréhensif.

Être bienveillant, ce n’est pas ignorer tout de la nature humaine. Je vais vous donner un exemple tout simple. J’ai été plusieurs fois confronté à des membres de mon équipe qui étaient des retardataires compulsifs, pour tout, y compris pour des retards clients. Je suis un hystérique de la ponctualité, « la politesse des rois » comme disait ma grand-mère. Je sais être compréhensif pour quelqu’un arrivant de façon exceptionnelle en retard parce que son RER a eu un problème ou parce que le petit dernier a décidé qu’il serait sympa de faire savoir qu’il avait une gastro au moment de partir au travail. Mais il y a une grande différence entre être compréhensif et se faire prendre pour un jambon. Après la compréhension vient la sanction (cf point précédent). Oui, il existe des personne qui sont incapables de faire évoluer leur comportement et ce n’est en aucun cas au manager bienveillant de s’adapter, mais l’inverse. Le manager bienveillant doit être exemplaire et l’une de ses missions est de faire que son équipe le soit également. Quand ce n’est pas possible, il faut l’admettre.

4- Il ne tranche/décide jamais

La prise de décision est quelque chose de compliqué. ? Entre deux projets proposés par deux membres d’une équipe, s’il faut choisir, quitte à vexer l’un des deux, il faut savoir le faire. Malheureusement, certains managers se pensant bienveillant n’ose pas trancher de peur de passer pour un méchant. Le manager mollasson qui ne décide jamais n’est pas, contrairement à ce qu’il peu penser, une personne cool qui prend son tend mais il génère de la frustration. Comme pour la sanction, la bienveillance ne se situe pas dans le fait de ne pas trancher, mais de le faire en expliquant aux protagonistes les raisons du choix.

5- Il fait « à la place de »

Probablement le pire des défauts… j’entends parfois des managers extrêmement fiers de m’expliquer qu’ils sont supers bienveillants parce qu’au lieu de laisser des collaborateurs/trices dans l’embarras, ils vont faire le boulot à leur place, quitte à rester très tard au travail. Le proverbe chinois dit « si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour, si tu lui apprends à pécher, il mangera toujours ». Être bienveillant, c’est cela : apprendre à pêcher à son équipe. OK, cela peut sembler sympa de faire « à la place de » mais être bienveillant, ce n’est pas être sympa, c’est faire progresser son équipe, petit à petit, de les faire grandir, progresser, pas de les infantiliser !

CONCLUSION

Je sais que vous en avez rencontré qui ont un ou plusieurs de ces travers, non ? Alors, bien entendu, mieux vaut un mauvais manager bienveillant qu’un manager malveillant, c’est évident mais tant qu’à faire, autant tout avoir. La bienveillance n’est pas l’ennemi de l’efficacité, bien au contraire. La bienveillance, c’est remettre l’humain au service de la performance et, finalement, c’est bien ce qui nous est demandé, non ?

Gaël Chatelain



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