Mettre fin au culte de la perfection

Mis à jour : 12 nov. 2019



Alors pour cet article, je vous propose un deal entre vous et moi : la personne qui est parfaite a le droit de l’affirmer haut et fort en commentaire et je lui offre l’ensemble de mes livres ainsi que tous ceux qui sortiront dans les 10 prochaines années ainsi qu’un accès gratuit à toutes mes conférences et ou spectacle que je pourrai faire, ainsi qu’à 50 de ses amis.


Et oui… je ne prends aucun risque en promettant cela. Ne serait-ce que si quelqu’un affirme haut et fort qu’elle est parfaite… quid de la modestie ? Bref, nous savons que nous ne sommes pas parfait(e) et pourtant, que ce soit dans les magazines ou même en entreprise, le culte de la perfection est bien présent. Pire, le culte de l’infaillibilité est une réalité. Et oui, tout savoir, sur tout, ne jamais se tromper, être irréprochable en tout… ce serait l’objectif ?


Et bien non, c’est une escroquerie, rien de plus. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous ne sommes pas des supers-héros. Nous sommes humains et si l’objectif est de rendre l’entreprise plus humaine pour apporter plus de bien-être dans celle-ci, il me semble urgent de mettre fin à ce culte de la perfection. Je ne prendrai que trois exemples d’imperfection qu’il faut assumer.


=> Ne pas tout savoir

Oser dire « je ne sais pas » n’a rien de grave. Et pourtant, combien de fois n’ose t-on pas, de peur de passer pour un(e) incompétent(e) ? Ne pas savoir n’a rien de grave. Ce qui serait grave, ce serait de ne pas savoir comment trouver l’information. Petit conseil en passant, si vous ne savez pas répondre à une question, utilisez l’arme fatale qui vous fera passer pour un vrai pro : « je ne sais pas mais je vais me renseigner et te donner l’information dans la journée, ça te va ? ».

Il est vrai qu’en ces temps où nous voulons tout, tout de suite, il y a probablement quelques habitudes à changer mais exiger d’un être humain d’être aussi performant qu’un moteur de recherche comme Google… c’est sans aucun doute un tantinet exagéré, non ?

"Si la perfection n'était pas chimérique, elle n'aurait pas tant de succès.” Napoléon Bonaparte

=> Faire une erreur

Aaaaaah le droit à l’erreur. On en parle beaucoup pour les autres mais quelle attitude avons-nous quand nous en faisons une ? Comme une envie de se flageller avec des orties fraîches ? Envie de glisser discrètement cette bourde sous le tapis ? Tout d’abord, il faut mesurer les conséquences de l’erreur mais, surtout, l’assumer. Cela semble évident mais une fois que l’erreur est faite, cela appartient au passé, rien ne sert de pleurer sur son existence.


Mais… comment en parler ? Lorsque j’étais en entreprise, j’ai appliqué une méthode assez simple en cas de bourde (et oui… j’en ai fait un certain nombre). Cette méthode tient en trois étapes :

1-   Evaluer les conséquences de l’erreur

2-   Imaginer 3 solutions pour corriger cette erreur

3-   En parler à sa hiérarchie


Aller voir son boss en disant « euuuuuh, boss, j’ai fait une bourde, on fait quoi ? » est très différent que d’aller le voir en disant « bon, j’ai fait telle erreur, désolé. Voilà les trois solutions que je te propose pour qu’il n’y ait aucune conséquence négative. Tu en penses quoi ? »


Un professionnel doit assumer ses erreurs car cela fait partie du boulot. Dans le premier cas, vous venez avec un problème de plus pour votre manager ; dans le second, vous passez pour quelqu’un d’honnête qui ne cache pas ses erreurs et, surtout, pour quelqu’un de professionnel orienté vers les solutions. En tant que manager, je vous assure qu’il n’y a rien de pire que de découvrir après-coup l’erreur d’un membre de son équipe. Ce qu’un manager attend de son équipe, ce n’est pas qu’elle soit infaillible, c’est qu’elle sache réagir quelle que soit la situation.


=> Ne pas être bienveillant

Je sais… celui qui parle de bienveillance du matin au soir qui vous dit que vous pouvez ne pas l’être peut paraître étrange. Et pourtant. Quel être humain ne perd jamais son sang-froid, n’est jamais en retard, est toujours empathique etc etc ? Personne, bien sûr, à moins d’être un saint.


Fondamentalement, ce qui est grave, ce n’est pas de ne pas être bienveillant, c’est de ne pas avoir conscience de ne pas l’avoir été et, surtout, de ne rien faire pour corriger les éventuels dégâts causés par notre comportement.


Savoir s’excuser de son comportement est une vraie force, expliquer les raisons de celui-ci et demander pardon n’efface pas tout, bien sûr, mais cela permet de repartir sur des bases saines, fondées sur la bienveillance. Bon, je vous entends d’ici me dire que c’est trop facile s’il suffit de demander pardon pour pouvoir faire tout et n’importe quoi. Bien sûr, il ne s’agit pas de faire cela chaque jour mais si cela arrive de temps en temps, il n’y a rien de grave au final. Il m’est très rarement arrivé de m’énerver sur un collaborateur, très rarement. Mais il n’y a pas si longtemps, je me suis énervé, juste avant une conférence contre mon camarade BoB. A quelques minutes de monter sur scène, nous n’étions pas prêts et le stress a fait que j’ai perdu mon sang froid. De façon stupide, je me suis emporté contre lui. Si je ne m’était pas excusé quelques heures plus tard, il est probable que nous n’aurions plus du tout la même relation aujourd’hui.


Conclusion

Et non, nous ne sommes pas parfait(e)s, que ce soit dans notre vie personnelle ou professionnelle et, franchement, c’est très, très reposant de l’admettre. Vous verrez, le niveau de pression que nous nous mettons quotidiennement va baisser d’un coup. La première source de stress pour chacun d’entre nous, c’est nous même. Alors certes, il est possible de travailler avec quelqu’un qui ne tolère pas l’erreur, n’accepterait pas d’excuses et qui pense que son équipe doit absolument savoir tout sur tout. Je le sais, ce genre de personnage existe mais ce qui est rassurant c’est que s’il ne change pas, très bientôt, il n’aura plus personne autour de lui qui acceptera de travailler avec lui.


Nous sommes dans une période où les entreprises comprennent que l’humain doit être mis au centre de tout. Sachant cela, il n’y a pas d’autre solution que d’accepter l’humain dans son entièreté, le bon, comme le mauvais ! Et d'un point de vue personnel, je l'affirme, nous sommes nés pour être réel, pas pour être parfaits !


Gaël Chatelain-Berry


Pour aller plus loin :

1- Lutter contre ses peurs en 5 étapes simples

2-Relativiser... la clé du bien-être ?


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