« La stratégie du parapluie », l’arme fatale contre le stress des salariés

Mis à jour : 1 sept. 2019



J’ai été manager pendant plus de 20 ans et le bien-être de mes collaboratrices et collaborateurs a toujours été une priorité. Ce n’était pas forcément conscient, plutôt une intuition qu’un salarié bien dans ses baskets travaillait mieux. Il y a quelques années, il n’y avait pas encore de Chief Happiness Officer mais il existait déjà une arme fatale : le bon-sens.


A chaque fois que je progressais dans ma carrière, que mes équipes progressaient en nombre, mes responsabilités augmentaient, mon stress et mon salaire avec. Mais c’est un choix. Devenir manager n’est ni une fatalité, ni une obligation pour pouvoir dire que l’on a réussi sa carrière professionnelle.

D’ailleurs, dans l’un des sondages que j’ai fait sur mon blog, le premier critère mis en avant pour évaluer si l’on a réussi sa carrière ou non est la qualité de l’équilibre vie privée/vie professionnelle. Bref, j’ai adoré être manager et je sais à quel point cette fonction est compliquée à tenir. Et elle l’est d’autant plus avec ce que je vais essayer de vous expliquer par la suite. Être manager impose des devoirs et le premier d’entre eux est le bien-être de ses équipes. Pas toujours simple me direz-vous ; c’est vrai. Cependant, j’ai « théorisé » une chose toute simple que j’appelle « la stratégie du parapluie ».

La stratégie du parapluie, c’est éviter que trop de gouttes de stress ne retombent sur l’équipe !


Dans 99% des cas, la pression, et le stress qui va avec, est descendante. Un exemple ? La direction constate un retard sur le chiffre d’affaire du trimestre, convoque le/la directeur(trice) commercial, lui passe un savon pour que cela change. Effet direct, la direction commerciale convoque l’ensemble de son équipe pour lui passer un savon et lui demander de se bouger !


En quelques réunions, le stress se généralise. La stratégie du parapluie, c’est faire en sorte de bloquer le stress à son propre niveau hiérarchique. Je sais que cette opinion m’est toute personnelle mais j’en suis profondément convaincu, par expérience : le métier d’un manager consiste également à encaisser une partie du stress qui lui vient du haut pour ne pas le redescendre dans sa globalité à ses équipes. Facile à dire me direz-vous.

Reprenons l’exemple du directeur commercial sous pression. Être anxiogène, c’est réunir son équipe et dire, en résumé :

"- Bien, vous n’avez pas fait vos objectifs, on me met une grosse pression et va falloir que vous vous bougiez parce que sinon, des têtes vont tomber et, croyez-moi, ça ne sera pas la mienne. C’est vous sur le terrain quoi !!! "(pour info, c’est une phrase entendue par votre serviteur)

La stratégie du parapluie, c’est éviter que trop de gouttes de stress ne retombent sur l’équipe en disant, par exemple :

" - Bon, nous sommes en retard sur les objectifs. Rien de grave, ça peut arriver. On va d’abord essayer de comprendre pourquoi nous sommes en retard et ensuite réfléchir à comment nous allons tous ensemble redresser la barre ! Ok ?" La stratégie du parapluie, c’est se placer en tant que manager comme étant le premier responsable de toute situation ! Je n’ai jamais compris comment un manager pouvait oser se cacher derrière les supposées incompétences de son équipe pour justifier un piètre résultat. La responsabilité d’un manager c’est certes le résultat mais avant tout la constitution et la motivation de son équipe. Si un manager estime que son équipe n’est pas performante, c’est avant tout de sa faute. Soit c’est un mauvais recruteur, soit il ne sait pas former ses équipes, soit il ne sait pas se séparer des éventuels éléments qui pourraient effectivement ne pas avoir les compétences nécessaires pour atteindre ses objectifs.

Le courage managérial, c’est savoir assumer ces trois éléments. La stratégie du parapluie, c’est avant toute chose assumer pleinement son rôle de manager pour les bons et les mauvais côtés. Les bons, c’est une forme de « prestige », un meilleur salaire, une plus grande implication dans la stratégie de l’entreprise etc etc. Les mauvais, c’est devoir encaisser plus de stress que ses équipes sans pour autant qu’elles n’en subissent les conséquences. Et, croyez-moi, c’est pour cela qu’être manager n’est pas simple. Cela suppose une bonne dose d’abnégation mais surtout, une énorme dose de calme.

Conclusion

Tout le monde ne peut pas devenir manager et, vous savez quoi : heureusement. Dans le sondage que j’évoquais en introduction, seulement 3% des personnes ayant répondu mette le fait d’arriver le plus haut possible dans la hiérarchie comme une motivation pour aller travailler. Par contre, pour celles et ceux qui le deviennent, cela implique un grand nombre de responsabilités et, entre autres, mais très, très bien placée : être garant du bien-être de son équipe.


Gaël Chatelain-Berry

Pour aller plus loin :

1- Le manager : premier (et meilleur) rempart contre le burn-out

2- Les 5 qualités du manager idéal... selon son équipe !

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