Comment rendre hystérique votre boss en 5 leçons ?



Une fois n’est pas coutume, je vais vous donner la recette pour rendre dingue n’importe quel manager. Et oui, si je parle souvent des qualités que les managers devraient absolument avoir, il est clair que tous les membres d’une équipe ne sont pas nécessairement parfaits, c’est évident.


Et pourtant, ce n’est pas une fatalité si, en tant que manager, on sait s’y prendre, et c’est l’idée de cet article. J’ai choisi 5 des pires comportements de collaborateurs ou de collaboratrices que j’ai pu rencontrer dans ma carrière, et, pour chacun d’entre-eux, je donnerai des pistes pour y faire face et, surtout, faire en sorte que cela ne se produise plus jamais.


1-   En réunion, lever les yeux au ciel et montrer son énervement en soufflant

Avez-vous déjà croisé ce genre de personne dont le seul mode d’expression et d’existence semble être de montrer perpétuellement son désaccord ? Bien entendu, l’idée de ce type de collaborateur ou de collaboratrice n’est pas de faire avancer le débat ou l’idée… juste de montrer leur désaccord. Pourquoi cela est-il problématique ?

·     Le principe même du fonctionnement d’une équipe, c’est d’échanger de façon constructive. Montrer son désaccord sans en expliquer la cause ou donner des pistes pour évoluer ne présente aucun intérêt.

·     Ce type de collaborateur ou collaboratrice a un impact très négatif sur le reste de l’équipe qui pourrait, petit à petit ne plus participer aux échanges de peur de passer pour un fayot aux yeux du râleur/se qui, souvent, est charismatique et a de l’influence dans le groupe.


La solution :

j’ai eu dans ma carrière, plusieurs fois, ce type de personne dans mon équipe. La solution la plus simple et efficace et de faire un tête à tête avec elle. Réagir en ^présence du reste de l’équipe ne ferait que renforcer son opposition. Une fois en tête à tête, lui demander les raisons de son comportement en prenant un exemple très concret. Il faut en effet éviter de se situer sur le terrain des émotions. Une fois que la personne explique pourquoi elle a montré son désaccord sur tel ou tel sujet, il faut lui expliquer en quoi son opinion importe à vos yeux et que, en tant que manager, vous souhaitez que ce désaccord soit partagé de façon claire avec l’équipe la prochaine fois afin que tout le monde puisse débattre. Le manager doit faciliter le dialogue au sein de l’équipe.

2-   Être systématiquement en retard

Le principe même d’une équipe est que les mêmes règles s’appliquent à toutes et à tous, et en premier au manager bien entendu. Il m’est arrivé d’avoir des membres de mes équipes qui arrivaient systématiquement en retard aux réunions d’équipes, sans prévenir bien entendu. Cela peut sembler anodin, mais en fait, le problème est moins la personne qui arrive en retard que toutes les autres personnes qui, elles, arrivent à l’heure et vont être mises en retard sur leur planning du fait de cette personne.


La solution :

expliquer que vous souhaitez désormais qu’elle arrive à l’heure à toutes les réunions afin qu’elle puisse avoir le même niveau d’information que les autres personnes. Si le collaborateur ne voit pas un intérêt personnel à changer, la probabilité qu’elle le fasse est plus faible. Ensuite, lui expliquer que toutes les réunions commenceront désormais à l’heure et que toute personne arrivant en retard, sauf situation exceptionnelle, n’entrera pas dans la réunion. Cela semble un peu « vieille école », mais cela fonctionne et si vous souhaitez passer moins de temps en réunion chaque jour, c’est au prix d’une organisation un peu « militaire ».

"Le grave défaut est d'avoir des défauts et de ne pas s'efforcer de s'en corriger." Confucius

3-   Ne jamais être d’accord… par principe

Et oui, il y a des personnes qui, quoi que vous proposiez diront « non ». Je n’ai pas creusé les raisons psychologiques d’un tel comportement, mais j’imagine que ce comportement trouve sa source dans un rapport problématique à la hiérarchie ou à un fort besoin d’exister au travers de son opposition systématique. C’est exactement comme en politique d’ailleurs, ce qui peut amener le débat politique à la caricature que nous connaissons parfois. Par principe, la droite dira d’une proposition de gauche qu’elle est nulle… et inversement. Quand l’opposition est systématique, elle perd toute crédibilité.

La solution :

prendre le temps de la discussion, en tête à tête. Une fois de plus, ce type de comportement ne peut pas se traiter en face de l’équipe, au risque de braquer encore plus la personne. Lui dire très clairement que son opposition systématique ne vous semble pas constructive, mais que vous aimeriez la comprendre est une bonne piste. Choisissez quelques exemples que vous aurez bien préparé afin de démontrer que certaines de ses positions allaient contre les intérêts de l’équipe, et donc contre les siens. Il faut amener la personne à comprendre que l’énergie mise à dire « non » à tout serait plus efficace si elle était mise au service du débat constructif.

L’idée n’est absolument pas de transformer toute l’équipe en « beni oui-oui », mais bien de mettre en place un état d’esprit ouvert au débat.


4-   Mentir

Ce cas est probablement le plus simple. Il peut exister des menteurs/ses pathologiques qui adorent des phrases telles que «c’est pas ma faute » ou « c’était pas à moi de le faire ». La déresponsabilisation en entreprise est le meilleur moyen pour que les choses n’avancent pas ou plus. En tant qu’être humain, nous avons le droit de faire des erreurs, mais, malheureusement, même dans un environnement bienveillant qui met en avant clairement le droit à l’erreur, certaines personnes refusent d’assumer leurs erreurs et gardent certains réflexes de l’enfance, préférant cacher leur bêtise de crainte de se faire gronder.

La solution :

du concret, du concret, du concret ! Ces personnes vont volontairement être vagues en utilisant des formules comme « on m’a dit que » ou « il parait que ». Pour les faire évoluer, il faut leur réexpliquer le principe du droit à l’erreur qui permet à toutes et à tous de progresser. Prenez un exemple de mensonge, et, en discutant, montrez comment la situation actuelle serait nettement meilleure s’il n’y avait pas eu de mensonge. Il va s’en dire que tout cela doit se faire de façon sereine et calme.


5-   Répendre des rumeurs

À titre personnel, du temps où j’étais en entreprise, c’est probablement le défaut qui m’horripilait le plus. Ces personnes qui pensent générer une forme de pouvoir en diffusant des rumeurs, souvent malveillantes, au sujet de leurs collègues de leur hiérarchie ou de leur entreprise. Vous savez, comme ce personnage dans Asterix, Tullius Détritus qui sème la zizanie partout où il passe dans l’album « La Zizanie ». Et bien ce genre de personnage existe en entreprise et elles pensent que l’informations qu’elles pensent, à tort ou à raison détenir, leur donne un pouvoir et/ou une importance sur les autres.


La solution :

commencer par soi-même et ne pas écouter ces rumeurs. Il m’est arrivé souvent d’avoir quelqu’un venant me voir et commencer sa phrase par « eeeeeh, dit, Gaël tu as entendu la rumeur qui dit… » et de couper la personne en lui disant « quand la rumeur sera une certitude, reviens me voir ». Ça, c’est simple. Mais pour les rumeurs plus malfaisantes, il est nécessaire, si vous êtes manager, de mettre en place une ambiance transparente ou il est clairement établi qu’au sein de l’équipe, il n’y aura aucun secret. Si quelqu’un a entendu une rumeur, au lieu de la répendre, il peut aller voir son manager afin de savoir si cela est vrai ou non. La meilleure arme contre la rumeur, c’est la transparence. La rumeur est anxiogène est c’est pour cela qu’il faut lutter contre.


Conclusion

Personnellement, je n’ai jamais travaillé avec quelqu’un qui cumulait tous ces défauts, heureusement. Et je sais bien ce que vous allez me demander : et si la personne ne change pas d’attitude. Et bien cela m’est arrivé une seule fois en plus de vingt années de carrière, et je m’en rappelle encore comme l’un des pires échecs en tant que manager. Après avoir tout essayé, la discussion, le temps pris, les propositions de formation, la personne gardait cet état d’esprit extrêmement négatif et commençait avoir un impact très sérieux sur les résultats de l’entreprise de façon globale.

Malheureusement, j’ai dû m’en séparer. Oui, cela peut arriver et ce n’est pas agréable. La bonne nouvelle, c’est que cette situation d’impasse est l’exception, pas la règle !

Et vous, d’autres défauts qui vous viendraient à l’esprit et qui ne sont pas dans cet article ?

Et si vous souhaitez savoir quel type de salarié vous êtes, vous pouvez faire ce test de personnalité.


Gaël Chatelain-Berry


Pour aller plus loin :

1- Etre manager est-il le métier le plus difficile en entreprise ?

2- LES 5 DEFAUTS INTERDITS POUR UN MANAGER


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