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Le manager a un chouchou ? Voici comment ne pas le laisser détruire votre confiance

  • il y a 3 jours
  • 4 min de lecture


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Peu de situations sont aussi démotivantes au travail que d'avoir le sentiment que les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Quand un manager semble accorder davantage d'attention, d'opportunités ou de confiance à certaines personnes, le doute s'installe rapidement. Pourquoi lui et pas moi ? Est-ce que je fais quelque chose de moins bien ? Pourtant, derrière ce sentiment d'injustice se cachent souvent des mécanismes humains bien connus. Comprendre ce qui se joue permet de mieux protéger sa confiance, son engagement et son équilibre au travail.

Le favoritisme est probablement l'une des expériences les plus difficiles à vivre dans une équipe. Il touche directement à deux besoins fondamentaux au travail : la reconnaissance et l'équité. Lorsque vous voyez systématiquement les mêmes personnes obtenir les meilleurs projets, recevoir les compliments ou bénéficier de davantage d'attention, il devient difficile de ne pas vous comparer.


Petit à petit, des questions apparaissent. Pourquoi cette personne et pas vous ? Est-ce que votre travail est moins bon ? Est-ce que vos efforts sont moins visibles ? Ce mécanisme est particulièrement usant parce qu'il pousse à chercher une logique dans une situation qui paraît profondément injuste. Plus vous cherchez des réponses, plus vous risquez d'alimenter votre frustration et votre sentiment d'incompréhension.


Quand la motivation commence à baisser

Le problème du favoritisme ne se limite pas à un sentiment désagréable. Il finit souvent par produire des conséquences très concrètes sur l'engagement. Lorsqu'une personne a le sentiment que ses efforts ne changent rien, la motivation commence naturellement à diminuer. Pourquoi faire davantage si les opportunités semblent réservées à d'autres ?

Cette frustration peut progressivement envahir le quotidien professionnel. Vous devenez plus méfiant, plus distant, parfois même plus désengagé. Vous participez moins, proposez moins d'idées, prenez moins d'initiatives. Non pas parce que vous êtes moins compétent, mais parce que vous avez l'impression que les dés sont pipés dès le départ. Et quand le sentiment d'équité disparaît, l'engagement finit souvent par disparaître lui aussi.


Le piège du biais de similitude

La bonne nouvelle, si l'on peut dire, c'est que le favoritisme n'est pas toujours volontaire. Très souvent, il s'explique par ce que les spécialistes appellent le biais de similitude. Les êtres humains ont naturellement tendance à faire davantage confiance aux personnes qui leur ressemblent, qui communiquent comme eux ou qui partagent leur façon de voir les choses.

Les managers n'échappent pas à ce mécanisme. Ils peuvent inconsciemment accorder plus d'attention aux collaborateurs avec lesquels ils se sentent le plus à l'aise. Cela ne rend pas la situation acceptable pour autant. Car le rôle d'un manager n'est pas de créer un cercle de favoris. Son rôle est de garantir l'équité, de développer les talents et de maintenir la cohésion de l'équipe. Lorsqu'il ne parvient pas à prendre du recul sur ses préférences, c'est toute la dynamique collective qui finit par se dégrader.


Revenir aux faits

Face à une situation de favoritisme, le premier réflexe utile consiste à revenir aux faits. C'est probablement l'outil le plus puissant pour éviter de sombrer dans la frustration permanente. Plus vous vous focalisez sur le « chouchou », plus votre attention se détourne de ce que vous pouvez réellement contrôler.


L'objectif est de recentrer les échanges sur des éléments concrets. Quels sont vos résultats ? Quels objectifs vous sont fixés ? Quels critères sont utilisés pour évaluer votre travail ? Demander des retours réguliers fondés sur des faits oblige progressivement le manager à sortir d'une logique purement subjective. Cela vous permet également de reprendre une partie du contrôle sur la situation. Vous ne pouvez pas changer les préférences personnelles d'une autre personne, mais vous pouvez rendre votre contribution visible de manière claire et objective.


Retrouver sa place sans s'épuiser

Un autre levier consiste à ne pas faire dépendre toute votre reconnaissance du regard d'un seul manager. Beaucoup de salariés tombent dans ce piège sans s'en rendre compte. Lorsque la relation avec le responsable direct devient déséquilibrée, toute la confiance en soi peut vaciller.


Développer son réseau interne, collaborer avec d'autres équipes, faire connaître son travail auprès de différents interlocuteurs permet de réduire cette dépendance. Votre valeur professionnelle ne dépend jamais du regard d'une seule personne. Enfin, il est essentiel d'apprendre à exprimer ses besoins sans se positionner en victime. Dire « j'aimerais développer davantage mes compétences sur ce type de projet » est souvent beaucoup plus efficace que dénoncer directement une injustice. Vous restez dans une logique de progression plutôt que dans une logique de confrontation. Et surtout, vous préservez ce qui compte le plus : votre confiance en vous.


Conclusion

Le favoritisme est une réalité que beaucoup de salariés ont déjà rencontrée au cours de leur carrière. Il crée de la frustration, nourrit les comparaisons et peut fragiliser profondément l'engagement. Pourtant, il est important de ne jamais laisser cette situation définir votre valeur professionnelle.


Vous ne pouvez pas toujours changer le fonctionnement d'un manager ni empêcher totalement les biais humains d'exister. En revanche, vous pouvez agir sur votre manière de vivre cette situation. En revenant aux faits, en développant votre visibilité au-delà d'une seule relation et en adoptant une communication constructive, vous protégez votre équilibre et votre confiance.

Car le véritable danger du favoritisme n'est pas seulement l'injustice. C'est le moment où cette injustice commence à vous faire croire que vous valez moins que les autres. Et cela, il ne faut jamais l'accepter.




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