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Calmer un conflit en 10 secondes ? Oui... c'est possible !


Quand une remarque banale fait basculer l’échange
Quand une remarque banale fait basculer l’échange


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La scène est familière.Un échange qui démarre normalement. Une remarque que l’on pense factuelle. Puis, en quelques secondes, le ton monte. Les mots dépassent la pensée. Les émotions prennent le dessus. Le conflit s’installe.


Ce type de situation ne relève ni de l’exception ni de l’échec personnel. Elle fait partie de la vie professionnelle ordinaire. La vraie question n’est donc pas de savoir si cela arrive, mais comment réagir lorsque la tension apparaît, sans fuir, sans attaquer, sans se renier.


Le conflit n’explose presque jamais sur le fond

Dans un conflit, le désaccord apparent masque souvent autre chose. Ce n’est pas le contenu de l’échange qui provoque l’escalade, mais la manière dont chacun se sent reconnu, ou non.


Dès qu’une tension surgit, le cerveau bascule rapidement en mode protection. L’objectif n’est plus de comprendre, mais de se défendre. À partir de ce moment-là, même une phrase anodine peut être perçue comme une attaque.

C’est précisément pour cette raison que chercher à argumenter trop tôt est souvent contre-productif. Avant les arguments, il faut d’abord apaiser.


Le rôle déterminant du corps dans l’escalade

Cette accélération n’est pas seulement cognitive. Elle est aussi corporelle.Lorsque nous nous sentons menacés, même symboliquement, la respiration devient plus courte, la voix peut monter, le visage se fermer, la posture se crisper.


L’autre perçoit ces signaux, souvent inconsciemment. Son propre système d’alerte s’active. Le conflit devient alors une boucle de tension réciproque, où chacun est persuadé que l’autre a commencé.


C’est aussi pour cela qu’une micro-pause d’une seconde, juste pour inspirer avant de répondre, peut parfois changer la dynamique. Non pas comme une technique, mais comme un moyen de redescendre d’un cran avant de parler.


Les réflexes humains qui alimentent le conflit

Face à un désaccord, les réactions sont souvent les mêmes. La justification immédiate, d’abord. Expliquer pourquoi l’on a raison, pourquoi l’autre se trompe, pourquoi ce n’était pas notre intention.


Vient ensuite la minimisation. Dire que ce n’est pas si grave, que l’autre exagère, que ce n’est qu’un détail.

Parfois, la contre-attaque. Subtile ou frontale. Une phrase qui renvoie la responsabilité à l’autre.

Et puis il y a un réflexe plus silencieux, mais tout aussi destructeur : vouloir avoir le dernier mot. Cette phrase finale censée clore l’échange, prouver que l’on a raison, clarifier une bonne fois pour toutes.


Tant que l’émotion est vive, cette tentative est presque toujours vécue comme une humiliation. Même lorsque l’intention est sincère.


Apaiser avant d’expliquer

Un simple changement de timing suffit parfois à désamorcer l’escalade.Au lieu de répondre dans l’instant, une phrase de transition peut ouvrir un autre espace.


Dire « je vous entends » avant d’aller plus loin permet de suspendre la réaction automatique. Cela évite la réponse trop rapide, celle que l’on regrette ensuite.

Car calmer un conflit ne signifie pas être d’accord. Cela signifie créer les conditions pour pouvoir ensuite parler du fond.


Une phrase simple pour désamorcer la tension

Il existe une phrase particulièrement efficace pour apaiser un conflit naissant, lorsqu’elle est utilisée avec sincérité.

« Je vois bien que ce que je viens de dire vous a mis mal à l’aise et ce n’était vraiment pas mon intention. Est-ce que vous voulez m’expliquer ce qui vous a touché ou énervé, pour que nous repartions sur de bonnes bases ? »


Cette phrase agit à plusieurs niveaux. Elle reconnaît d’abord le ressenti de l’autre, sans valider le fond ni reconnaître une faute inexistante. Reconnaître une émotion n’engage ni la responsabilité ni la légitimité, seulement l’humanité.


Elle désamorce ensuite l’intention négative. Elle transforme une attaque perçue en malentendu.Enfin, elle rouvre le dialogue, en invitant l’autre à expliquer plutôt qu’à se défendre.


Lorsqu’une personne met des mots sur ce qu’elle ressent, elle sort progressivement de la réaction émotionnelle pour revenir vers quelque chose de plus posé.


Le non-verbal, levier souvent sous-estimé

Cette phrase ne fonctionne pas seule. Elle est renforcée, ou affaiblie, par le non-verbal.Une posture ouverte, un regard présent, un ton calme amplifient l’apaisement. À l’inverse, un soupir, un regard fuyant ou une attention ailleurs rendent la démarche inaudible.


C’est pour cette raison qu’elle fonctionne particulièrement bien en face à face ou en visio, où le lien peut se réinstaller. Même à l’écrit, elle peut être adaptée, à condition d’éliminer toute ironie et de conserver une question claire.


Une phrase efficace, mais pas magique

Cette approche n’est ni une excuse automatique, ni une technique de manipulation. Elle ne fonctionne que si l’intention est réelle. Utilisée pour faire taire l’autre ou passer à autre chose, elle sonne faux.


Calmer un conflit ne signifie pas accepter l’inacceptable. Reconnaître un ressenti n’implique pas de tolérer une agressivité. Il est possible de rester calme tout en posant un cadre clair lorsque des limites sont dépassées.

L’objectif n’est pas de pacifier à tout prix, mais de rendre possible une discussion utile, respectueuse et durable.


Ce qu’il faut retenir

Les conflits ne se règlent pas par de meilleurs arguments.Ils se calment par de la reconnaissance.

La phrase évoquée ne règle pas tout, mais elle évite de nombreuses escalades inutiles. Et parfois, éviter l’escalade constitue déjà un progrès considérable.


Pour que cela devienne naturel, l’entraînement hors conflit est essentiel. Dire cette phrase à voix haute, une fois, permet de la rendre disponible le jour où la tension monte. Car dans l’instant, la créativité disparaît et les automatismes reprennent le dessus.

Créer un nouvel automatisme, c’est se donner une vraie chance de changer la dynamique.


Conclusion

Calmer un conflit ne passe pas par la victoire argumentative, mais par la reconnaissance sincère du ressenti de l’autre, au bon moment. Dix secondes peuvent suffire à empêcher une situation de s’installer durablement.

Le fondateur de la communication non violente, Marshall Rosenberg, résumait cela ainsi« Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs. »


Dans un conflit, nos paroles peuvent ouvrir un espace de compréhension ou enfermer l’autre dans une posture défensive. Choisir ses mots avec attention, ce n’est pas se censurer. C’est décider consciemment de construire plutôt que de bloquer.




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