Ce que vous faites déjà bien au travail est devenu invisible (et c’est normal)
- Gaël Chatelain-Berry

- il y a 4 jours
- 5 min de lecture

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Plus vous progressez au travail, moins vous voyez vos progrès. Ce qui vous demandait beaucoup d’énergie hier est devenu normal aujourd’hui. Cet article vous aide à comprendre pourquoi ce phénomène est si fréquent, comment l’exigence personnelle rend vos compétences invisibles, et en quoi reconnaître ce que vous faites déjà bien ne freine pas votre évolution, mais la rend plus juste et plus durable.
Il y a quelque chose que beaucoup de personnes vivent au travail sans toujours réussir à le formuler clairement. Une impression persistante de ne pas faire assez. De pouvoir mieux faire. De devoir encore progresser. Et pourtant, lorsqu’on regarde de plus près le quotidien professionnel de nombreux salariés et managers, une réalité apparaît très nettement. Ils font déjà beaucoup de choses bien. Simplement, ils ne les voient plus.
Ce n’est pas un manque de lucidité. Ce n’est pas non plus une forme d’ingratitude envers soi-même. C’est un mécanisme très courant. Plus nous progressons, moins nous percevons nos propres progrès. Ce qui demandait beaucoup d’énergie hier nous semble aujourd’hui normal. Ce qui nous stressait auparavant est devenu gérable. Ce qui paraissait complexe est devenu presque automatique.
Nous nous adaptons à des réunions difficiles. Nous gérons des urgences sans paniquer. Nous prenons des décisions avec plus de recul. Nous faisons preuve de patience là où, autrefois, nous nous serions agacés. Et pourtant, nous ne nous disons pas que nous avons évolué. Nous nous disons simplement que c’est normal.
Le piège du « normal » au travail
Ce « normal » pose pourtant un vrai problème. Il efface le chemin parcouru. Il efface l’apprentissage. Il efface les efforts passés. Il efface la progression réelle.
Ce que vous faites bien aujourd’hui n’est pas tombé du ciel. Ce n’est pas inné. C’est le résultat d’expériences parfois inconfortables, parfois difficiles, parfois fatigantes. Mais comme ces compétences sont désormais intégrées, vous ne les voyez plus. Elles sont devenues invisibles, y compris à vos propres yeux.
C’est souvent à ce moment-là que s’installe un décalage intérieur. Vous faites objectivement bien votre travail, mais vous avez le sentiment de ne jamais être vraiment à la hauteur. Non pas parce que vous échouez, mais parce que vous avez intégré vos réussites au point de ne plus les reconnaître.
Quand l’exigence masque la valeur réelle
L’exigence personnelle joue un rôle central dans ce phénomène. Beaucoup de personnes exigeantes avec elles-mêmes fonctionnent de la même manière. Elles regardent toujours un cran plus loin.
Quand quelque chose est réussi, ce n’est jamais vraiment bien. C’est normal. Ou perfectible. Ou pas encore suffisant. L’exigence est pourtant une qualité. Elle pousse à progresser, à apprendre, à ne pas se satisfaire de l’à-peu-près.
Mais lorsqu’elle devient permanente, elle peut masquer complètement la valeur réelle de ce que vous faites. Vous atteignez un objectif et vous pensez déjà au suivant. Vous recevez un retour positif, mais vous retenez surtout la remarque à améliorer. Vous menez un projet à bien, mais vous vous focalisez sur ce qui aurait pu être mieux.
À force, vous finissez par croire que ce que vous faites n’a jamais vraiment de valeur en soi, seulement une valeur conditionnelle.
Reconnaître ce que vous faites bien ne freine pas votre progression
Reconnaître que ce que vous faites est déjà bien ne vous rend pas moins exigeant. Cela vous rend plus équilibré.
Lorsque vous cessez de vous battre en permanence contre vous-même, vous gagnez en clarté. Vous gagnez en énergie. Vous continuez à avancer, mais sans vous dévaloriser à chaque étape. Il est possible de vouloir progresser sans se considérer comme insuffisant. Il est possible de viser mieux sans nier ce qui est déjà là.
Se reconnaître n’est pas s’arrêter. C’est avancer autrement. Avec plus de justesse et moins de dureté envers soi-même.
Vous gérez bien plus que vous ne le croyez
Lorsque vous regardez votre quotidien professionnel, vous voyez surtout les contraintes. Les délais, les attentes, les imprévus, les sollicitations. Mais si vous prenez un peu de recul, vous verrez autre chose.
Vous gérez des relations humaines complexes. Vous naviguez entre des attentes parfois contradictoires. Vous composez avec des émotions, les vôtres et celles des autres. Vous tenez des équilibres invisibles. Vous savez quand parler, quand vous taire, quand temporiser, quand insister, quand lâcher.
Tout cela demande des compétences. De l’intelligence émotionnelle. De l’expérience. De l’adaptation. Et pourtant, vous appelez simplement cela faire votre travail. Pas n’importe comment, pourtant.
Tenir dans la durée est déjà une compétence
Il y a une capacité que nous sous-estimons énormément. La capacité à tenir.
Tenir sans s’endurcir. Tenir sans devenir cynique. Tenir sans perdre complètement le sens. Continuer à faire correctement son travail. Continuer à respecter les autres. Continuer à s’adapter malgré les changements.
Dans un environnement qui change vite, qui demande beaucoup et qui sollicite sans cesse, tenir est déjà une réussite. Ce n’est pas spectaculaire. Ce n’est pas toujours visible. Mais c’est précieux.
Vous n’avez pas seulement tenu. Vous avez appris à tenir. Et cela aussi, vous le faites bien.
La peur cachée derrière la reconnaissance de soi
Derrière la difficulté à reconnaître ce que vous faites déjà bien, il y a souvent une peur. La peur que cela vous fasse ralentir. La peur que cela fasse baisser votre niveau d’exigence. Ou la peur de perdre votre motivation.
En réalité, c’est souvent l’inverse. Lorsque vous reconnaissez que ce que vous faites est déjà bien, vous cessez de vous battre contre vous-même. Vous continuez à avancer, mais sans vous user intérieurement à chaque étape.
La reconnaissance de soi n’est pas une récompense finale. C’est un point d’appui.
Une phrase pour mettre des mots sur tout cela
Le psychologue américain Carl Rogers, figure majeure de la psychologie humaniste au XXᵉ siècle, disait cette phrase très simple et très forte : « Ce que je suis est suffisant, si seulement je pouvais l’être ouvertement. »
Cette phrase ne parle pas de renoncer à évoluer. Elle parle de cesser de nier en permanence ce qui est déjà là.
Conclusion
Avant de chercher à faire plus, peut-être pouvons-nous commencer par regarder ce que nous faisons déjà de bien. De temps en temps. Non pas pour nous reposer dessus, mais pour avancer avec plus de justesse et moins de dureté envers nous-mêmes.
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