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La charge émotionnelle des managers, cette fatigue dont on parle trop peu


La charge émotionnelle du management est souvent invisible, mais elle pèse lourdement sur celles et ceux qui l’assument.
La charge émotionnelle du management est souvent invisible, mais elle pèse lourdement sur celles et ceux qui l’assument.




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Lorsque nous parlons de fatigue au travail, nous évoquons le plus souvent les équipes. La pression des délais, les objectifs, la charge de travail, le stress opérationnel. Ces sujets sont légitimes et largement abordés. Pourtant, une autre forme de fatigue traverse silencieusement les organisations, sans être réellement nommée. La charge émotionnelle des managers.


Manager ne consiste pas uniquement à organiser, décider ou arbitrer. C’est aussi écouter, contenir, rassurer, absorber. Cette dimension humaine du management est pourtant presque absente des discussions sur la fatigue professionnelle, alors même qu’elle concerne un très grand nombre de personnes.


Une fatigue diffuse, difficile à identifier

La charge émotionnelle du management ne ressemble pas à une lassitude physique classique. Elle ne se manifeste pas forcément par un découragement visible ni par une baisse de performance. Elle prend une forme plus intérieure, plus diffuse. Une vigilance émotionnelle permanente.


Cette vigilance est souvent si intégrée qu’elle devient invisible, y compris pour celles et ceux qui la vivent. Beaucoup de managers ont simplement le sentiment de manquer d’énergie, sans parvenir à en identifier la cause. Ils se disent fatigués, sans raison apparente. Pourtant, cette fatigue est bien réelle.


Le manager comme point de convergence émotionnelle

Si cette charge émotionnelle existe, c’est aussi parce que le manager occupe une place très particulière dans l’organisation. Il ou elle est à la fois salarié et représentant de l’entreprise. Un être humain avec ses émotions, mais aussi un point de passage pour celles des autres.


Lorsque quelque chose ne va pas, c’est souvent vers le manager que l’on se tourne. Tensions, inquiétudes, désaccords, frustrations. Il ou elle reçoit, écoute, tente d’apaiser. Il faut rassurer sans promettre, décider sans satisfaire tout le monde, arbitrer sans blesser.


Bien souvent, le manager devient un amortisseur émotionnel. Il absorbe pour éviter que la pression ne se diffuse trop violemment dans l’équipe. Ce rôle n’est presque jamais formulé clairement. Il s’installe progressivement, au fil des situations et des relations.


Paradoxalement, ce sont souvent les managers les plus investis humainement qui portent le plus lourd. Non pas parce qu’ils font mal leur travail, mais parce qu’ils le font trop bien, sans toujours poser de limites.


Une charge invisible et sans reconnaissance

Ce qui rend cette charge émotionnelle particulièrement difficile à vivre, c’est son invisibilité. Personne ne félicitera un manager pour avoir contenu sa colère, pour avoir rassuré sans dramatiser, pour avoir porté une inquiétude sans la transmettre.

L’énergie dépensée à réguler ses émotions et celles des autres ne donne lieu à aucune reconnaissance. Elle ne figure dans aucun indicateur. Pourtant, elle fatigue. Avec le temps, certains managers s’usent intérieurement. Non pas parce qu’ils n’aiment plus leur métier, mais parce qu’ils ne trouvent plus d’espace pour déposer ce qu’ils portent.


Le malentendu du manager qui semble aller bien

L’invisibilité de cette charge crée un malentendu profond. Vu de l’extérieur, le manager semble aller bien. Il ou elle continue à décider, à avancer, à tenir. Et puisqu’il n’y a pas d’effondrement visible, personne n’imagine qu’il puisse être en difficulté.

Ce décalage entre l’image projetée et le vécu intérieur renforce la fatigue. Il empêche la reconnaissance, mais aussi l’aide. On ne demande pas de soutien lorsque l’on pense ne pas en avoir le droit.


Beaucoup de managers intériorisent l’idée qu’ils ne peuvent pas se plaindre. Ils ont choisi ce rôle, après tout. Ils doivent être solides, stables, à la hauteur. Alors ils gardent pour eux leurs doutes, leurs hésitations, leurs fatigues. Plus ce silence dure, plus il devient difficile de dire que la charge est devenue trop lourde.


Reconnaître sans hiérarchiser les fatigues

Reconnaître la charge émotionnelle des managers ne signifie pas dire que manager serait plus difficile que d’être managé. Les fatigues sont différentes. Elles ne sont pas comparables.


Presque tous les managers sont eux-mêmes managés, y compris les dirigeants les plus hauts placés. Le problème n’est donc pas la comparaison, mais le silence qui entoure cette fatigue spécifique.


Dans certaines cultures d’entreprise, exprimer un doute lorsqu’on est manager est perçu comme un signe de faiblesse ou d’incompétence. Alors les managers apprennent à se taire, à encaisser, à faire comme si tout allait bien. Plus ce silence s’installe, plus il devient difficile de revenir en arrière et de dire que la charge est devenue trop lourde.


Apprendre à durer sans s’effacer

Pour ne pas s’user, une première étape consiste à accepter une idée simple. Manager n’est pas un rôle émotionnellement neutre. Il est normal de trouver cela fatigant. Il est légitime de douter, de ne pas toujours savoir, de trouver certaines situations difficiles.


La deuxième étape est de ne pas rester seul avec cette charge. Pouvoir en parler dans un espace sécurisé, avec un pair, un autre manager, quelqu’un qui connaît cette réalité. Pas nécessairement pour chercher des solutions immédiates, mais pour déposer.


Manager ne signifie pas s’effacer émotionnellement. C’est apprendre à être présent sans s’oublier. Avec le temps et l’expérience, cette lucidité devient un véritable levier de durabilité.

Les managers qui tiennent dans la durée ne sont pas ceux qui encaissent tout sans broncher. Ce sont celles et ceux qui apprennent à faire le tri, à reconnaître leurs limites, à distinguer ce qui leur appartient de ce qui ne leur appartient pas.


Conclusion

La charge émotionnelle des managers existe. La nommer n’est pas un aveu de faiblesse, mais une condition essentielle pour durer dans le temps sans s’épuiser.

Avant toutes choses, prenez soin de vous.c



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