Bonheur au travail : 5 choses que notre cerveau nous apprend

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Le bonheur au travail est souvent présenté comme quelque chose de très personnel : certains auraient la chance d’aimer leur métier, d’autres non. Pourtant, lorsqu’on s’intéresse au fonctionnement du cerveau, une autre lecture apparaît. Progression, relations sociales, stress, sentiment d’équité ou petits moments positifs du quotidien influencent directement notre expérience professionnelle. Autrement dit, plutôt que de chercher un hypothétique bonheur permanent au travail, nous pouvons agir sur certaines des conditions qui nous permettent tout simplement d’y être mieux. C'est ce que vous allez découvrir dans cet article feelgood du lundi matin en partenariat avec Great Place To Work.
Nous imaginons facilement le bonheur comme un niveau que nous pourrions atteindre puis conserver. Une augmentation, un nouveau poste, un beau bureau ou une promotion devraient alors durablement améliorer notre satisfaction. Mais notre cerveau possède une formidable capacité d’adaptation : ce qui était exceptionnel finit progressivement par devenir normal. C’est ce que l’on appelle notamment l’adaptation hédonique.
Cette réalité invite à déplacer notre attention. Plutôt que d’attendre essentiellement de grands événements professionnels qu’ils nous rendent heureux durablement, il peut être plus intéressant de prêter attention aux micro-moments positifs qui se renouvellent : une conversation agréable, un problème enfin résolu, un merci sincère ou quelques minutes de vraie coopération. Ce sont de petites expériences, mais elles ont l’avantage de pouvoir se reproduire chaque jour.
Voir ses progrès
La dopamine est souvent présentée un peu rapidement comme la molécule du plaisir. Elle intervient notamment dans les mécanismes de motivation et d’anticipation de la récompense. Dans notre quotidien professionnel, cela permet de comprendre quelque chose d’essentiel : atteindre un objectif compte, mais constater que nous progressons vers cet objectif peut également soutenir notre motivation.
C’est l’une des raisons pour lesquelles les projets interminables dont aucune étape intermédiaire n’est visible peuvent devenir démotivants. À l’inverse, découper un projet, matérialiser ce qui a été accompli, donner régulièrement du feedback et reconnaître les petites avancées permet de rendre le progrès perceptible. Un bon manager ne se contente donc pas de montrer la ligne d’arrivée : il aide également son équipe à voir le chemin déjà parcouru.
Le lien nous nourrit
Notre cerveau est profondément social. Les relations de qualité, la confiance et le sentiment d’appartenance participent directement à notre bien-être. Cela change le regard que nous pouvons porter sur tous ces moments parfois considérés comme périphériques au « vrai travail » : prendre un café avec un collègue, discuter quelques minutes avec son manager ou recevoir une reconnaissance sincère.
Investir dans les relations professionnelles n’est donc pas simplement une façon de rendre l’entreprise plus sympathique. La qualité de nos interactions influence aussi notre capacité à coopérer et notre manière de vivre les difficultés. Une équipe dans laquelle les personnes se connaissent réellement dispose de ressources relationnelles qu’un organigramme, aussi bien conçu soit-il, ne pourra jamais remplacer.
Le stress coûte cher
Le stress ponctuel fait partie de la vie professionnelle. Le problème apparaît lorsqu’il devient chronique et que l’organisme reste durablement sous tension. Dans ce cas, ses effets dépassent largement le simple sentiment de ne pas être bien : notre capacité à apprendre, à nous adapter, à nous concentrer ou à résoudre des problèmes peut elle aussi être affectée.
Cela devrait modifier la manière dont les entreprises abordent le bien-être au travail. Réduire un stress chronique inutile n’est pas seulement chercher à rendre les collaborateurs plus heureux : c’est aussi préserver les conditions dans lesquelles ils peuvent correctement réfléchir et travailler. Un environnement qui épuise continuellement les individus finit nécessairement par fragiliser les capacités dont l’organisation a elle-même besoin.
La justice compte
Notre réaction à l’injustice est également extrêmement forte. Une décision incompréhensible, un favoritisme manifeste ou une reconnaissance distribuée de manière incohérente peuvent provoquer des réactions émotionnelles puissantes. Pour un manager, l’enjeu n’est donc pas seulement de prendre des décisions qu’il estime justes : il doit également être capable d’expliquer les critères qui les ont guidées.
Finalement, ces différents mécanismes donnent des pistes très concrètes. Repérer trois moments positifs à la fin d’une journée, rendre ses progrès visibles, commencer une réunion en regardant ce qui a avancé avant d’énumérer ce qui ne fonctionne pas et investir réellement dans ses relations professionnelles sont des habitudes simples. Elles ne fabriqueront jamais un bonheur permanent, mais elles peuvent contribuer à créer quelque chose de beaucoup plus réaliste : des conditions dans lesquelles nous pouvons durablement être mieux au travail.
Conclusion
Peut-être avons-nous compliqué inutilement la question du bonheur au travail en cherchant une formule spectaculaire. Il n’existe probablement pas un bouton capable de transformer soudainement une journée professionnelle ordinaire en expérience merveilleuse. Il existe en revanche une multitude de petites choses sur lesquelles nous pouvons agir : percevoir notre progression, entretenir des relations de qualité, diminuer le stress chronique, comprendre les décisions qui nous concernent et remarquer davantage les moments positifs qui existent déjà.
Cela concerne évidemment les entreprises et les managers. Mais cela nous concerne également individuellement. Nous ne contrôlons pas tout notre environnement professionnel, mais nous pouvons agir sur une partie de notre expérience quotidienne. Et c’est peut-être finalement une bonne nouvelle. Être mieux au travail ne dépend pas uniquement de la chance d’avoir trouvé le métier parfait ou l’entreprise idéale. Cela peut aussi se construire dans des choses extrêmement ordinaires, répétées suffisamment souvent pour finir par modifier profondément notre manière de vivre nos journées.
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