Déconnecter ne veut pas dire fuir son travail
- Gaël Chatelain-Berry

- 27 déc. 2025
- 3 min de lecture

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Il existe un moment particulier dans la semaine professionnelle.Le travail est officiellement terminé, mais il ne disparaît pas pour autant. Il reste présent, en arrière-plan, sous forme de pensées, d’anticipations, parfois d’inquiétudes diffuses.
Pour beaucoup de salariés, lever le pied s’accompagne d’une gêne difficile à formuler. Comme si le fait de ne plus être mobilisé en permanence constituait une forme de manquement. Comme si la déconnexion ressemblait, de près ou de loin, à une fuite.
Cette culpabilité est rarement assumée. Elle s’installe discrètement, au fil du temps, nourrie par un environnement professionnel qui valorise l’engagement constant, la réactivité immédiate, la disponibilité sans interruption.
Quand l’engagement devient une présence permanente
Dans de nombreuses organisations, l’implication professionnelle est encore confondue avec la mobilisation continue. Être engagé signifierait rester mentalement connecté, y compris en dehors des horaires de travail.
Cette confusion est profonde. Elle ne repose pas uniquement sur les outils numériques ou les sollicitations extérieures. Elle tient surtout à la place qu’occupe le travail dans la construction de la valeur personnelle.
Lorsque le travail devient un repère central, s’en éloigner donne parfois le sentiment de perdre pied. Le silence crée un vide. Le ralentissement interroge. L’absence de stimulation inquiète.
Alors, sans même s’en rendre compte, beaucoup continuent à porter leur activité professionnelle pendant les temps censés lui être extérieurs.
Le repos, une notion encore mal comprise
Déconnecter est souvent perçu comme un acte radical. Couper totalement. Ne plus penser à rien. Se rendre indisponible.
Cette vision rend la déconnexion presque inaccessible. Elle transforme le repos en exigence supplémentaire. Une forme de performance inversée, où il faudrait réussir à ne plus penser, à ne plus anticiper, à ne plus réfléchir.
Dans la réalité, le repos fonctionne rarement ainsi. Il est souvent imparfait, progressif, parfois même hésitant. Et pourtant, il produit ses effets.
Déconnecter ne signifie pas faire taire toutes les pensées liées au travail. Cela signifie cesser de se juger dès qu’une pensée surgit ailleurs que là où elle est attendue.
Déconnecter n’est pas abandonner
L’idée selon laquelle le repos serait une forme de renoncement reste très présente. Comme si lever le pied équivalait à se désengager. Comme si l’énergie professionnelle devait être constante pour être légitime.
Or, déconnecter ne veut pas dire fuir son travail.Déconnecter, c’est accepter que le travail n’occupe pas tout l’espace, tout le temps.
Il ne s’agit pas de nier l’importance du travail, ni de minimiser l’engagement qu’il demande. Il s’agit de lui redonner une place juste, compatible avec la durée, la lucidité et l’équilibre.
Sans temps de pause, l’énergie s’érode. Sans recul, les décisions se rigidifient. Et sans respiration, même les métiers les plus porteurs de sens finissent par s’alourdir.
Le repos comme condition de la pensée
La philosophe Hannah Arendt écrivait que « le repos est la condition même de la pensée ».
Cette phrase éclaire avec justesse le rôle du repos dans la vie professionnelle. Sans repos, il devient difficile de prendre du recul. Sans recul, l’activité se transforme en enchaînement mécanique. Et sans sens, le travail perd progressivement sa substance.
Déconnecter ne fragilise pas l’engagement. Il le rend possible dans la durée.
Les temps de pause ne sont pas là pour optimiser quoi que ce soit. Ils permettent simplement de réparer ce que l’accumulation continue finit par user. Ils redonnent de l’espace. Ils rééquilibrent les priorités. Ils réinstallent une forme de présence plus juste.
Retrouver une relation plus saine au travail
Déconnecter ne signifie pas disparaître du monde professionnel. Cela signifie cesser de se confondre entièrement avec son rôle, sa fonction ou ses responsabilités.
Le travail peut rester important sans devenir envahissant. Il peut être engageant sans être totalisant. Il peut structurer une vie sans l’absorber entièrement.
Lorsque cette frontière est respectée, le rapport au travail s’apaise. L’engagement devient plus stable. La motivation moins fragile. Et la fatigue moins sourde.
Conclusion
Déconnecter ne veut pas dire fuir son travail.Cela signifie refuser que l’engagement professionnel se mesure à l’épuisement.C’est reconnaître que le repos n’est ni une récompense ni une faiblesse, mais une condition pour durer, réfléchir et continuer à s’investir de manière juste.
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