Le jour où j’ai vu un collaborateur se détendre… parce qu’on lui a dit qu’il avait le droit de se tromper
- 30 janv.
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Parfois, ce ne sont pas les solutions, ni les procédures, ni les analyses qui changent une situation au travail. Parfois, quelques mots suffisent. Des mots simples, mais rares. Cette histoire vécue montre à quel point notre rapport à l’erreur pèse sur nos épaules… et combien l’autorisation d’être imparfait peut tout transformer.
Il y a des moments au travail où nous ne voyons pas seulement quelqu’un parler ou réagir différemment. Nous voyons son corps changer. Ce jour-là, j’ai vu un collaborateur se tendre avant même de prononcer un mot.
Lorsqu’il entre dans mon bureau, tout chez lui raconte la pression. Les épaules sont hautes. Le regard est fuyant. Les mains sont crispées. Avant même qu’il ne parle, je comprends qu’il s’est passé quelque chose. Je ne sais pas encore quoi, ni si c’est grave, mais je sens que l’enjeu est lourd pour lui.
Une erreur… et tout ce qu’elle déclenche
Il commence à m’expliquer. Il a fait une erreur. Une erreur réelle, factuelle, objective. Rien de catastrophique. Rien d’irréversible. Mais suffisamment visible pour qu’il imagine déjà le pire.
À mesure qu’il parle, il s’excuse. Souvent. Trop souvent. Presque à chaque phrase. Comme s’il ne cherchait pas seulement à expliquer ce qui s’était passé, mais à justifier sa légitimité à être encore là. Comme s’il devait prouver qu’il méritait de ne pas repartir avec une sanction ou une lettre de démission symbolique.
Ce qui me frappe, ce n’est pas l’erreur. C’est son état. Il n’est pas en train de réfléchir à une solution. Il est déjà en défense. Il anticipe un jugement, une perte de confiance, une remise en cause profonde.
La vraie source de la tension
À cet instant précis, une chose devient très claire. Cette personne n’est pas tendue à cause de ce qu’elle a fait. Elle est tendue à cause de ce qu’elle imagine que cette erreur va dire d’elle… et de la réaction qu’elle anticipe.
Lorsqu’il termine son explication, un silence s’installe. Un silence lourd. Chargé de peur et d’appréhension. Ce moment suspendu où l’on attend une forme de sentence.
Et c’est là que quelque chose de différent se produit.
Une phrase. Et tout change.
Au lieu d’analyser immédiatement, au lieu de pointer ce qui n’a pas fonctionné, je lui dis simplement, calmement, sans mise en scène :« Tu sais, tu as le droit de te tromper. Ça m’est arrivé plein de fois dans ma carrière. Tu as fait une erreur, et tu as le droit d’en faire. »
La réaction est immédiate. Et surtout, elle est physique. Ses épaules s’abaissent.Sa respiration change.Son regard se relève.
Il me regarde comme si je venais de dire quelque chose d’incongru. Presque d’interdit. Puis il marque une pause et répond simplement : « Ah d’accord. »
Ce « d’accord » est chargé. Il contient du soulagement, bien sûr. Mais aussi une forme de tristesse. Comme s’il réalisait, à cet instant précis, qu’il s’était interdit ce droit pendant des années.
L’erreur n’est pas un fait neutre
Cette phrase n’a pas effacé l’erreur. Mais elle a effacé la peur immédiate. Et c’est précisément à ce moment-là que la discussion a pu réellement commencer.
Nous parlons souvent de l’erreur au travail comme d’un sujet rationnel, presque technique. Une erreur serait un manque de méthode, de vigilance ou de compétence. Mais dans la réalité, l’erreur est rarement vécue comme un simple fait.
Elle est vécue comme un révélateur. Un révélateur de ce que nous craignons de montrer.Peur d’être jugé.Peur de décevoir.Peur de perdre une image construite parfois avec beaucoup d’efforts.
Dans certaines entreprises, l’erreur est officiellement acceptée. Mais officieusement redoutée. Les mots disent une chose. Les regards et les silences en disent une autre.
La vigilance permanente épuise
Très tôt, beaucoup de salariés apprennent à se tendre. À surveiller chaque geste. À éviter les faux pas. Non pas pour mieux travailler, mais pour ne pas être exposés.
Cette vigilance permanente consomme une énergie considérable. Elle fatigue. Elle rigidifie. Elle empêche parfois d’oser poser une question, de proposer une idée ou même de signaler un problème à temps.
L’erreur n’est alors plus un événement ponctuel. Elle devient une menace permanente. Et c’est cette menace qui crée la pression. Bien plus que l’erreur elle-même.
Autoriser l’erreur ne signifie pas renoncer à l’exigence
Dire à quelqu’un qu’il a le droit de se tromper ne signifie pas que tout devient acceptable. Cela ne veut pas dire que la rigueur disparaît ou que les erreurs n’ont plus d’impact.
Cela signifie simplement que la peur cesse de piloter le comportement. Et cette différence est fondamentale.
Dans le cas de ce collaborateur, rien ne s’est relâché. Il n’est pas devenu moins attentif ni moins engagé. Il est devenu plus serein. Plus présent. Plus capable de réfléchir à froid lorsqu’une difficulté se présentait.
Lorsqu’une personne se sent autorisée à être imparfaite, elle ne travaille plus sous la menace. Elle travaille avec plus de responsabilité.
Une maturité qui émerge
Reconnaître une erreur plus vite.En parler plus tôt.Chercher des solutions sans se cacher.
L’autorisation enlève une peur. Et libère de l’espace mental. C’est souvent contre-intuitif, mais très réel. Plus le droit à l’erreur est sécurisé, plus les comportements deviennent matures.
Parce que la personne n’a plus besoin de se défendre. Elle peut avancer.
Je lui ai d’ailleurs dit très simplement :« Si jamais tu refais une erreur, et tu en referas, viens m’en parler. Et propose-moi deux ou trois solutions en même temps. Ça, c’est être pro. »
Une question collective… et intime
Cette histoire ne concerne pas uniquement les managers. Elle pose une question simple et essentielle.
Dans votre environnement professionnel, l’erreur est-elle réellement autorisée ou simplement tolérée en théorie ? Pouvez-vous reconnaître un faux pas sans que tout soit remis en cause ?
Et au-delà de l’entreprise, il y a une question plus intime encore. Est-ce que vous vous accordez à vous-même ce droit ? Ou êtes-vous votre propre juge, souvent plus sévère que n’importe quel collègue ?
Beaucoup de personnes se parlent intérieurement d’une manière qu’elles n’accepteraient jamais venant d’un autre être humain.
Conclusion
Ce qui détend réellement au travail, ce n’est pas l’absence d’erreur. C’est le droit explicite d’être humain. Tant que l’erreur sera vécue comme une faute morale plutôt que comme un fait normal, la pression restera inutilement élevée.
Dire, entendre ou s’accorder le droit de se tromper est souvent le point de départ d’un rapport au travail plus sain, plus apaisé et, finalement, plus durable.
Comme le disait Nelson Mandela :« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. »
Tant que nous regardons l’erreur comme un apprentissage et non comme une condamnation, elle peut devenir un levier plutôt qu’un poids.
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