top of page

Quand le travail devient une identité


Quand le travail devient une identité, tout finit par peser plus lourd.
Quand le travail devient une identité, tout finit par peser plus lourd.



🔥🔥 Pour écouter la version audio ou voir la vidéo de cet article =>>>>>>>> lnk.to/nP57uW 🔥🔥


Il existe un glissement discret, presque invisible, qui peut épuiser profondément sans provoquer de crise immédiate : celui où le travail cesse d’être ce que nous faisons pour devenir ce que nous sommes. Cet article explore ce mécanisme silencieux, ses conséquences intérieures, et la possibilité de se désidentifier de son travail sans se désengager.

Il n’y a pas toujours de choc, pas de burn-out spectaculaire, pas de conflit ouvert.Parfois, l’épuisement commence autrement. Plus doucement. Presque sans bruit.


Au départ, tout semble normal.Vous vous investissez. Vous prenez votre travail au sérieux. Vous y consacrez du temps, de l’énergie, de la réflexion. C’est sain, surtout lorsqu’un nouveau poste commence ou qu’un projet vous stimule.

Puis, sans que vous vous en rendiez vraiment compte, quelque chose change.


Le glissement silencieux

Un jour, quand on vous demande comment vous allez, vous répondez par votre travail.Quand on vous demande qui vous êtes, vous parlez de votre poste.


Vos réussites professionnelles deviennent des preuves de valeur personnelle.Vos difficultés deviennent des remises en question intimes.


Le problème n’est pas l’investissement.Le problème commence quand le travail n’est plus seulement quelque chose que vous faites, mais quelque chose que vous êtes.


À partir de là, tout devient plus sensible.Une remarque n’est plus un feedback, c’est une attaque.Un échec n’est plus une étape, c’est une atteinte à votre identité.


La frontière entre la vie professionnelle et la vie personnelle commence alors à s’effacer.


Pourquoi cette confusion est si fréquente

Si cette situation est si répandue, ce n’est pas un hasard.

Le monde du travail valorise fortement l’engagement, la passion, l’implication totale. Être investi est souvent perçu comme une qualité absolue. À l’inverse, prendre de la distance peut être mal compris, notamment dans certaines cultures d’entreprise où la dévotion au travail est presque devenue une norme.


À cela s’ajoutent des messages profondément ancrés.Trouver un travail que vous aimez.Vous réaliser par votre métier.Donner du sens à ce que vous faites.


Ces messages partent d’une bonne intention. Ils peuvent pourtant devenir piégeants. Car lorsque le travail devient le principal, voire l’unique espace de reconnaissance, il finit par porter beaucoup trop.

Il porte l’estime de soi. Il porte le sentiment d’utilité.Il porte parfois même l’identité sociale.

Et quand tout repose sur un seul pilier, la moindre secousse devient dangereuse.


Quand tout vacille en même temps

Une réorganisation.Un manager difficile.Une perte de sens passagère.

Ces événements font partie de la vie professionnelle. Mais lorsque le travail est devenu une identité, ils prennent une ampleur bien plus grande. Ils ne viennent plus seulement bousculer un cadre professionnel. Ils viennent toucher la personne elle-même.


Ce n’est plus seulement le travail qui vacille.C’est vous.

À ce moment-là, se reposer devient compliqué. Même lorsque vous ne travaillez pas, votre esprit continue. Les dossiers, les mails, les tensions restent présents. Non pas parce que vous aimez trop votre travail, mais parce que vous ne savez plus très bien qui vous êtes sans lui.


Cela crée une fatigue particulière. Une fatigue morale. Une fatigue qui ne disparaît pas avec une nuit de sommeil ou un week-end de repos, car ce qui est épuisé n’est pas seulement le corps, mais l’espace intérieur.


Quand le reste de la vie se rétrécit

Une autre conséquence, plus silencieuse encore, apparaît souvent.Quand le travail prend toute la place, le reste devient secondaire.


Les relations.Les loisirs.Les moments gratuits, ceux qui ne produisent rien de mesurable.

Ce n’est pas un choix conscient. C’est un glissement progressif. Peu à peu, la vie se rétrécit autour du travail. Et même si ce rétrécissement est parfois socialement valorisé, il finit souvent par coûter cher.


Car une carrière professionnelle parfaitement linéaire, sans accroc, du début à la fin, n’existe pas.


Se désidentifier sans se désengager

La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de se désidentifier de son travail sans se désengager.

Se désidentifier ne signifie pas moins bien faire.Cela ne signifie pas devenir indifférent.Cela signifie remettre le travail à sa juste place.


Vous pouvez être professionnel, impliqué, sérieux, sans que votre valeur personnelle dépende de vos résultats. Vous pouvez aimer votre travail sans qu’il définisse entièrement qui vous êtes. Vous pouvez traverser des difficultés professionnelles sans remettre en cause votre légitimité humaine.


Cela commence souvent par des gestes simples. Faire attention à la manière dont vous parlez de vous. Dire « je fais ce travail » plutôt que « je suis ce poste ». Redonner de la place à ce qui existe en dehors du cadre professionnel, y compris dans les échanges informels du quotidien.


Se rappeler que vous êtes une personne qui travaille, et non un travail qui essaie d’exister.


Retrouver une identité plus large

Quand le travail cesse d’être une identité, quelque chose s’ouvre.L’erreur devient moins écrasante. La critique devient plus supportable.Le changement fait moins peur.

Retrouver une identité plus large ne consiste pas à ajouter toujours plus de choses à sa vie. C’est souvent l’inverse. C’est accepter que votre valeur ne soit pas conditionnée à votre performance. C’est vous autoriser à être multiple.


Vous êtes un professionnel ou une professionnelle, bien sûr.Mais vous êtes aussi une personne avec des émotions, des relations, des fragilités, des forces, des envies qui ne rentrent pas toujours dans une fiche de poste.


Ce rappel est particulièrement important le dimanche. Ce moment de transition où une semaine se termine et une autre va commencer. Le travail peut reprendre demain. Il n’a pas besoin de prendre toute la place aujourd’hui.


Une citation pour éclairer autrement

Carl Jung écrivait :« Je ne suis pas ce qui m’est arrivé, je suis ce que je choisis de devenir. »

Cette phrase rappelle quelque chose d’essentiel. Vous êtes bien plus que votre rôle, votre fonction ou votre statut professionnel. Le travail fait partie de votre vie, mais il n’en est pas l’ensemble.


Conclusion

Quand le travail devient une identité, il prend trop de place.

Se rappeler que vous êtes plus large que votre métier est souvent la première étape pour retrouver de la respiration, de la solidité et de la sérénité.



Pour aller plus loin :


Continuez l’expérience Happy Work

Pour ne rien manquer de mes contenus et ressources sur le bien-être au travail :


Avec Bob sur scène

L'AUTEUR
portrait g chatelain 1.jpg
Mes derniers livres
Capture d’écran 2023-04-03 à 13.20.29.png
009954074.jpeg
Capture d’écran 2021-02-09 à 08.50.14.
couv-BE (1).jpg
Le dernier épisode du podcast Happy Work
bottom of page