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Que faire lorsqu’un collaborateur ne respecte pas son manager ?

  • il y a 5 jours
  • 4 min de lecture


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Soupirs ostensibles en réunion, remarques condescendantes, décisions systématiquement contestées devant l’équipe, retards répétés : le manque de respect envers un manager ne prend pas toujours une forme spectaculaire. Lorsqu’il devient chronique, il fragilise pourtant l’autorité managériale et peut contaminer toute une équipe. L’ignorer est rarement une solution. Encore faut-il savoir comment réagir sans tomber dans le rapport de force.

Un collaborateur qui ne respecte pas son manager ne le manifeste pas nécessairement de manière frontale. Le problème peut s’installer par petites touches : un soupir lorsqu’il prend la parole, un ton légèrement condescendant, une décision systématiquement remise en question devant les autres ou des retards répétés aux réunions d’équipe. Pris isolément, chacun de ces comportements pourrait sembler anodin ; accumulés, ils finissent par installer une véritable dynamique.

Avant de réagir, il faut donc essayer de comprendre ce qui l’alimente. Le collaborateur espérait peut-être obtenir le poste de son manager et vit encore sa nomination comme une injustice. Il peut également ne pas percevoir la valeur ajoutée de son responsable ou considérer qu’il est lui-même plus compétent. Enfin, une rupture de confiance a parfois eu lieu à la suite d’une décision ou d’un comportement du manager. Comprendre cette origine ne signifie pas excuser le manque de respect : cela permet de choisir une réponse adaptée.


Revenir aux faits

La conversation directe devient ensuite indispensable. Beaucoup de managers la repoussent parce qu’elle est inconfortable, mais espérer que la situation disparaisse spontanément fonctionne rarement. Plus le comportement dure, plus il devient une nouvelle norme dans la relation, et plus il sera difficile de revenir en arrière.


Cette discussion doit partir de faits précis plutôt que d’un jugement général. Dire « j’ai l’impression que vous ne me respectez pas » ouvre un débat sur une perception. Dire « lors de la réunion de lundi, vous avez soupiré à plusieurs reprises pendant ma présentation et contesté chacun de mes points devant l’équipe ; je voudrais comprendre ce qui se passe » place la discussion sur un terrain beaucoup plus professionnel.


Une fois les faits posés, le manager doit réellement écouter la réponse. Il découvrira parfois des frustrations légitimes ou des erreurs qu’il n’avait pas identifiées. Dans d’autres cas, il constatera simplement que le comportement n’a aucune justification acceptable. Dans les deux situations, la conversation aura permis de sortir du non-dit.


Poser le cadre

Écouter ne suffit cependant pas. Après la discussion, le manager doit expliquer clairement ce qu’il attend désormais dans la relation professionnelle. Il ne s’agit pas de demander une soumission ou une absence de contradiction, mais de définir ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.


Un collaborateur doit pouvoir contester une décision, proposer une alternative ou dire à son manager qu’il pense qu’il se trompe. C’est même indispensable dans une équipe saine. En revanche, la contradiction professionnelle n’a rien à voir avec le mépris, la condescendance, les provocations répétées ou la volonté de fragiliser publiquement son responsable.

Le manager doit également préciser ses propres engagements. Il peut promettre davantage d’écoute, expliquer plus clairement ses décisions ou donner davantage d’espace à la contradiction. Le cadre devient alors réciproque : chacun sait ce que l’autre peut légitimement attendre de lui.


Tenir ses limites

Une limite annoncée mais jamais défendue cesse rapidement d’être une limite. Si les comportements problématiques continuent après une conversation explicite, le manager doit donc réagir. Dans le cas contraire, il risque de perdre en crédibilité non seulement auprès du collaborateur concerné, mais également auprès du reste de l’équipe.

Car une équipe observe énormément son manager. Lorsqu’elle constate qu’un collaborateur peut multiplier les attitudes irrespectueuses sans que rien ne se passe, elle en tire progressivement une conclusion : ces comportements sont finalement tolérés. Ce qui était initialement une difficulté entre deux personnes devient alors un problème collectif.


Tenir ses limites ne signifie pas devenir autoritaire. La fermeté consiste simplement à faire correspondre les actes avec le cadre qui a été posé. Et lorsque les comportements persistent malgré plusieurs échanges, une formalisation peut devenir nécessaire, éventuellement avec l’accompagnement des ressources humaines.


Regarder sa pratique

Il existe enfin une question plus inconfortable que le manager doit accepter de se poser : contribue-t-il, même involontairement, à cette situation ? Cette interrogation ne revient évidemment pas à justifier le comportement irrespectueux du collaborateur. Chacun reste responsable de sa manière de se comporter.

Mais certaines pratiques managériales peuvent alimenter une dynamique problématique. Des attentes trop floues, des décisions constamment hésitantes, un manque d’explication ou la tendance à laisser passer certains comportements pour éviter le conflit peuvent progressivement fragiliser le cadre. Le manager doit donc regarder lucidement ce qu’il peut améliorer de son côté.


Cette remise en question est une force plutôt qu’un aveu de faiblesse. Si une partie du problème dépend de sa pratique, il dispose précisément d’un levier sur lequel agir. En revanche, si les comportements persistent malgré la discussion, un cadre clair et les ajustements réalisés, il faut accepter d’aller plus loin et de traiter formellement la situation.


Conclusion

Manager quelqu’un qui ne vous respecte pas est l’une des situations les plus difficiles du management, parce qu’elle touche directement à la légitimité, à l’autorité et parfois même à l’estime de soi. La tentation peut être grande de laisser faire pour éviter le conflit ou, au contraire, de vouloir rétablir brutalement son autorité.


La bonne réponse se situe ailleurs : comprendre, objectiver, discuter, poser des limites et les tenir. La bienveillance managériale ne consiste pas à tout accepter. Elle consiste à respecter l’autre suffisamment pour lui parler franchement, tout en se respectant suffisamment soi-même pour ne pas laisser s’installer durablement l’inacceptable.



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