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Et si l’une des plus grandes sources de fatigue au travail venait de nous-mêmes ?



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Nous parlons beaucoup de charge de travail, de pression extérieure, d’organisation ou de management. Mais il existe une fatigue plus discrète, plus intime, que nous oublions souvent de regarder en face : celle que nous produisons nous-mêmes, jour après jour, à force de nous juger.

Au travail, nous passons une grande partie de nos journées à évaluer ce que nous faisons. Nos résultats. Nos décisions. Nos comportements. C’est normal. Évaluer fait partie du fonctionnement professionnel. Le problème commence lorsque cette évaluation glisse insensiblement vers autre chose : le jugement.


Nous ne constatons plus simplement un fait. Nous nous racontons une histoire à son sujet.« Je ne vais pas assez vite. »« Je ne suis pas assez efficace. »« Je ne suis pas à la hauteur. »Et bien sûr, le fameux : « Je ne suis pas légitime. »

Ce dialogue intérieur est rarement violent. Il est souvent feutré, presque automatique. Mais répété jour après jour, il pèse lourd. Très lourd.


Quand l’exigence devient dureté intérieure

Nous avons intégré l’idée qu’il fallait être exigeant avec nous-mêmes pour progresser. Que se juger était une forme de moteur. Pourquoi pas. L’exigence peut être saine. Le problème, c’est la pente glissante.

À force de vouloir bien faire, nous transformons chaque imperfection en preuve, chaque hésitation en faiblesse. Nous ne faisons plus que travailler : nous travaillons sous surveillance permanente. Celle de notre propre juge intérieur.

Et ce juge ne prend jamais de pause.


Cette posture consomme énormément d’énergie. Une énergie qui n’est plus disponible pour réfléchir, créer, coopérer ou simplement souffler. À force de nous observer, nous nous surveillons. À force de nous corriger, nous nous retenons.

Nous faisons peut-être moins d’erreurs. Mais nous prenons aussi moins d’initiatives.Nous osons moins.Et le travail devient plus lourd qu’il ne devrait l’être.


Arrêter de se juger ne veut pas dire se relâcher

Dire qu’il faudrait arrêter de se juger peut provoquer une réaction immédiate : la peur du laisser-aller. Comme si ne plus se juger revenait à ne plus progresser. C’est une confusion fréquente.

Arrêter de se juger ne signifie pas arrêter d’être exigeant. Cela signifie changer de posture. Passer du jugement à l’observation.


Remplacer :« De toute façon, je suis nul. »par :« Ça n’a pas fonctionné comme prévu. Qu’est-ce que je peux ajuster ? »

Remplacer la culpabilité par la compréhension. La condamnation par la curiosité.

Cette nuance est fondamentale. Et elle change tout.


Ce que nous gagnons immédiatement

Lorsque nous cessons de nous juger, la première chose qui apparaît, c’est une forme de légèreté. Le travail cesse d’être un examen permanent. Nous respirons davantage.


Nous osons poser des questions.Nous demandons de l’aide sans en faire un drame.Nous reconnaissons une difficulté sans la transformer en faute personnelle.


Cette légèreté n’est pas de la négligence. C’est une lucidité apaisée. Elle permet aussi de remettre le travail à sa juste place. Le travail redevient un espace d’action, pas un verdict sur notre valeur.


Nous pouvons faire de notre mieux sans que chaque journée ne devienne un test de légitimité. Et paradoxalement, c’est souvent dans cet état d’esprit plus serein que nous travaillons le mieux. Vous l’avez peut-être déjà constaté.


La bienveillance commence à l’intérieur

Il existe un autre effet, plus discret mais tout aussi puissant. Moins nous nous jugeons, moins nous jugeons les autres. La bienveillance intérieure se diffuse. Elle rend les échanges plus simples. Les feedbacks plus justes. Les relations plus fluides.

Parfois, le climat de travail s’apaise sans que personne ne sache vraiment pourquoi. Il n’y a pas eu de grand changement organisationnel. Juste un changement de posture intérieure qui a fait boule de neige.


Conclusion

Arrêter de se juger au travail, ce n’est pas baisser les bras. C’est enlever un poids inutile. C’est libérer de l’énergie pour ce qui compte vraiment. C’est travailler avec plus de présence, plus de calme et, bien souvent, plus d’efficacité.

Faire de la bienveillance envers soi-même un véritable outil de travail n’a rien d’un concept naïf. C’est une condition essentielle. Nous ne pouvons pas être durablement bienveillants avec les autres si nous commençons par être durs avec nous-mêmes.


Comme le disait Karl Rogers, psychologue américain du XXᵉ siècle :« Le paradoxe curieux est que lorsque je m’accepte tel que je suis, alors je peux changer. »

Ce n’est pas le jugement qui transforme. C’est l’acceptation lucide. Et bien souvent, cela change beaucoup plus de choses que nous l’imaginons.



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