Piston au travail : où s’arrête le réseau et où commence le favoritisme ?

🔥🔥🔥🔥 Pour écouter la version audio de cet article sur votre plateforme préférée : lnk.to/zr3cqq
Avez-vous déjà obtenu un entretien, une opportunité ou même un poste parce que quelqu’un connaissait votre nom ? Un ancien collègue, un ami ou une relation professionnelle qui vous a recommandé au bon moment ? Si oui, l’avez-vous assumé ouvertement ? Le piston possède une réputation sulfureuse alors même que les recommandations et le réseau jouent un rôle considérable dans les carrières. Mais toutes les recommandations ne se valent pas : entre une porte que l’on vous ouvre et un poste que l’on vous attribue sans tenir compte de vos compétences, la différence est essentielle.
Le monde professionnel fonctionne en grande partie sur la confiance. Lorsqu’un collaborateur recommande quelqu’un qu’il connaît et avec qui il a déjà travaillé, son avis apporte une information qu’un CV ne peut pas toujours fournir. Il peut parler de sa fiabilité, de sa manière de travailler, de son comportement dans une équipe ou de sa capacité à tenir ses engagements.
C’est pourquoi la frontière entre réseau et piston est parfois beaucoup moins nette qu’on ne le prétend. Un ancien collègue qui transmet votre CV à un recruteur, un client qui vous recommande à une autre entreprise ou un ami qui vous informe qu’un poste va bientôt s’ouvrir participent tous à votre accès à une opportunité. Dans beaucoup de carrières, les relations professionnelles finissent naturellement par ouvrir certaines portes.
Une vraie inégalité
Le problème commence lorsque l’on oublie que tout le monde ne dispose pas des mêmes portes. Certains arrivent sur le marché du travail avec une famille bien introduite, des études qui ont permis de construire un réseau puissant ou des proches capables de les mettre immédiatement en relation avec les bonnes personnes. D’autres doivent construire seuls l’ensemble de leurs connexions professionnelles.
Cette différence crée une inégalité réelle qui n’a rien à voir avec les compétences. Deux personnes de niveau comparable peuvent ne pas avoir accès aux mêmes opportunités simplement parce que l’une connaît la bonne personne et l’autre non. Présenter le marché du travail comme un univers dans lequel seuls le talent, les diplômes et le travail détermineraient les carrières revient donc à oublier une partie importante de la réalité.
Ouvrir ou attribuer
Il faut surtout distinguer deux situations. Dans la première, quelqu’un vous ouvre une porte : votre CV est transmis, vous obtenez un entretien auquel vous n’auriez peut-être pas eu accès autrement, puis vos compétences sont évaluées. La recommandation vous a offert une occasion supplémentaire de faire vos preuves, mais elle n’a pas décidé à elle seule de la suite.
La situation devient beaucoup plus problématique lorsqu’une relation remplace l’évaluation des compétences. Placer quelqu’un dans un poste auquel il n’est pas adapté simplement parce qu’il appartient à son entourage peut pénaliser les autres candidats, l’équipe et l’entreprise elle-même. Cela peut même mettre la personne recrutée en difficulté puisqu’elle devra exercer une fonction pour laquelle elle n’était peut-être pas suffisamment préparée.
Assumer sa chance
Il existe aussi une conséquence beaucoup moins visible du piston : la culpabilité de celui qui en a bénéficié. Certaines personnes finissent par considérer qu’elles doivent travailler deux fois plus pour prouver qu’elles méritent leur poste. D’autres minimisent constamment leurs réussites en pensant qu’elles n’auraient jamais été là sans l’intervention initiale de quelqu’un.
Deux réalités peuvent pourtant coexister. Oui, quelqu’un a peut-être ouvert une porte que vous n’auriez pas franchie seul. Mais si, plusieurs années plus tard, vous faites votre travail, obtenez des résultats et avez gagné la confiance de votre entourage professionnel, cette personne n’accomplit pas tout cela à votre place. Une recommandation explique parfois comment une carrière a commencé ; elle n’explique pas nécessairement tout ce qui s’est passé ensuite.
Cultiver son réseau
Si vous avez bénéficié d’une recommandation, il n’y a donc aucune raison de réécrire l’histoire. Dire simplement « J’ai eu la chance d’être recommandé par quelqu’un que je connaissais » reconnaît le rôle joué par cette personne sans effacer votre propre travail. Et lorsque vous êtes à votre tour en position de recommander quelqu’un, votre responsabilité consiste précisément à ne pas confondre proximité et compétence.
Pour ceux qui ne disposent pas naturellement d’un réseau, celui-ci peut aussi se construire progressivement. Pas en collectionnant artificiellement des contacts, mais en développant des relations professionnelles réelles, en aidant les autres, en restant en contact avec d’anciens collègues et en s’intéressant sincèrement à leur parcours. Un réseau utile n’est finalement pas celui que l’on possède dans un fichier : c’est celui dans lequel suffisamment de personnes vous connaissent réellement pour avoir envie, un jour, de prononcer votre nom au bon moment.
Conclusion
Le piston est un mot particulièrement chargé parce qu’il mélange des réalités très différentes. Entre un ami qui vous signale une offre et un dirigeant qui impose un proche incompétent à un poste, il existe évidemment un monde.
Une relation peut vous permettre d’obtenir un entretien. Elle peut attirer l’attention sur votre candidature. Elle peut même vous donner une chance que quelqu’un d’autre n’aura malheureusement pas eue. Reconnaître cela ne signifie pas nier votre mérite. Cela signifie simplement accepter que les carrières sont faites à la fois de compétences, de travail, de rencontres, de circonstances et parfois de chance.
La question intéressante est alors moins de savoir si vous avez déjà été « pistonné » que de savoir ce que vous avez fait de l’opportunité obtenue. Une porte ouverte ne construit pas à elle seule une carrière.
Et lorsque vous aurez à votre tour la possibilité d’ouvrir une porte, souvenez-vous également de la responsabilité qui accompagne ce pouvoir. Recommander quelqu’un dont vous connaissez réellement la valeur peut aider cette personne autant que l’entreprise qui la recrutera. Le réseau n’est donc ni une honte ni une garantie de réussite. C’est une opportunité. Et ce qui compte ensuite, c’est ce que chacun en fait.
Continuez l’expérience Happy Work
Pour ne rien manquer de mes contenus et ressources sur le bien-être au travail :
💬 Ma chaîne WhatsApp (contenus exclusifs chaque matin)





.jpg)