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Le jour où je me suis rendu compte que je n’attendais plus rien de mon job


Quand l’attente disparaît, ce n’est pas un échec. C’est parfois le début d’une prise de conscience.
Quand l’attente disparaît, ce n’est pas un échec. C’est parfois le début d’une prise de conscience.

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Il existe une forme de malaise au travail qui ne fait pas de bruit. Pas de burn-out, pas de colère, pas de crise. Juste un jour où l’on réalise que l’on n’attend plus rien de son job. Et si ce moment était moins un échec qu’un signal à écouter ?

Un moment discret, mais décisif

Ce moment n’arrive pas brutalement. Il n’y a pas de clash, pas de larmes, pas de colère. Il s’installe doucement. Un matin comme les autres, un agenda rempli, des mails à traiter, des réunions prévues, et cette pensée presque anodine : « Bon… on y va alors. »


Pas d’agacement. Pas d’enthousiasme non plus. Juste rien.


Le travail est fait sérieusement, correctement, mais sans attente. Vous n’espérez plus que cette réunion soit intéressante. Vous n’attendez plus que ce projet vous motive. Vous n’attendez plus de reconnaissance particulière. Et c’est souvent cette absence d’attente qui frappe le plus, bien plus que la fatigue ou le stress.


Quand aucun signal d’alerte ne se déclenche

Ce qui rend ce moment troublant, c’est qu’il ne déclenche aucune alarme. Rien ne pousse à réagir immédiatement. Vous continuez, parce que vous savez faire, parce que vous avez l’habitude, parce que « ça va ».


Pourtant, quelque chose se déplace dans le rapport au temps. Vous ne comptez plus les jours avec impatience, mais avec neutralité. Le travail devient une suite de séquences à traverser, et non plus un espace où il peut se passer quelque chose d’inattendu, de surprenant.


Ce glissement est souvent invisible… jusqu’au jour où vous arrivez enfin à le nommer.


Ne plus rien attendre n’est pas forcément souffrir

Ne plus rien attendre de son job n’est pas toujours synonyme de souffrance. C’est souvent beaucoup plus subtil. Il n’y a plus de déception, parce qu’il n’y a plus d’espoir. Plus d’excitation, mais plus de frustration non plus. Un état intermédiaire, tiède.

Vous venez travailler, vous cochez les cases, vous faites ce qu’il y a à faire. Intérieurement, pourtant, quelque chose s’est éteint. Pas la compétence. Pas le professionnalisme. L’élan.


Et cet état peut durer longtemps. Très longtemps. Parce qu’il est confortable d’une certaine façon. Il ne fait pas mal. Il ne crie pas. Il use lentement, discrètement.


Un état socialement acceptable… et intérieurement appauvrissant

Ce qui rend cet état déroutant, c’est qu’il est socialement acceptable. Vous ne vous plaignez pas. Vous ne décrochez pas. Vous êtes même parfois perçu comme stable.


Mais intérieurement, vous avez cessé de miser émotionnellement. Vous ne vous projetez plus dans un futur professionnel désirable. Vous gérez le présent. Uniquement le présent. Et cette gestion permanente, sans perspective, finit par réduire l’horizon.


Le travail n’est plus un lieu d’élan, mais un lieu de maintien. Et maintenir, sur le long terme, fatigue bien plus que lutter.


Un malaise difficile à nommer

Objectivement, tout va à peu près bien. Pas de conflit majeur. Pas de surcharge insupportable. Un cadre acceptable. Alors quoi ?

Nous avons appris à associer la souffrance au travail à des signaux forts : burn-out, colère, épuisement visible. Or ne plus rien attendre de son job est silencieux. Peu spectaculaire. Et pourtant, cela porte un nom : le bore-out, l’ennui au travail.


À cela s’ajoute souvent une forme de culpabilité. Beaucoup aimeraient avoir votre poste, votre stabilité, votre situation. Alors vous vous dites que vous n’avez pas le droit de ressentir ce vide. Vous minimisez. Vous rationalisez. Et à force de ne pas nommer ce malaise, il devient diffus, insaisissable.


Ce flou isole, parce qu’il est difficile à partager sans avoir l’impression d’exagérer.


Quand la relation au travail se met à distance

Lorsque l’attente disparaît, la relation au travail change profondément. Vous ne vous projetez plus. Vous ne vous opposez pas non plus. Vous êtes là, mais à distance.


C’est souvent à ce moment-là qu’une fatigue morale s’installe. Pas une fatigue intense, mais une fatigue diffuse. Celle qui fait dire : « Je pourrais continuer comme ça longtemps… mais à quoi bon ? »

Ce n’est pas un rejet du travail. C’est une perte de lien. Une perte de sens. Et cette perte est souvent plus inquiétante que la colère, parce qu’elle endort.


Le travail devient procédural. Vous appliquez, vous exécutez, vous optimisez parfois. Mais vous ne vous impliquez plus émotionnellement. Ce retrait intérieur est souvent une forme de protection. Moins attendre, c’est moins risquer d’être déçu.

Mais à force de se protéger, on se coupe aussi de ce qui nourrit.


Un signal, pas une fin

La bonne nouvelle, c’est que ce moment n’est pas une fin. C’est un signal. Le moment où vous réalisez que vous n’attendez plus rien de votre job n’est pas une conclusion, mais un point d’observation.


Une question peut alors émerger, sans urgence : qu’est-ce qui me manque aujourd’hui ? Pas pour décider immédiatement. Pas pour tout bouleverser. Mais pour réécouter ce qui s’est éteint : l’envie, le sens, la reconnaissance, la progression, ou simplement la respiration.


Ne plus rien attendre n’est pas abandonner. C’est parfois le signe qu’il est temps de réajuster. Ce signal ne demande pas de réponse immédiate. Il demande de l’écoute, du temps, parfois beaucoup de temps.


Conclusion

Le moment où vous n’attendez plus rien de votre job n’est ni une faiblesse, ni une démission intérieure. C’est souvent une forme de normalité humaine. Un signal lucide qui invite à regarder autrement sa relation au travail.


Pas forcément pour partir. Pas forcément pour rester tel quel. Mais pour remettre du vivant là où tout était devenu automatique.

Et pour finir, une citation qui éclaire ce moment avec justesse.Albert Camus écrivait :« La fatigue du corps est saine, celle de l’âme est dangereuse. »


Ne plus rien attendre n’est pas toujours être fatigué du travail. C’est parfois être fatigué à l’intérieur. Et cette fatigue-là mérite d’être écoutée.



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Avec Bob sur scène

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