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Solitude en open space : pourquoi peut-on se sentir seul au milieu de ses collègues ?

il y a 3 jours
4 min de lecture


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Vous êtes entouré de vingt collègues, les conversations fusent, le bureau est plein et pourtant, à midi, vous réalisez que vous n’avez eu aucune véritable conversation. Cette solitude au milieu des autres peut sembler paradoxale. Pourtant, la présence physique ne garantit absolument pas la proximité humaine. Et parfois, le télétravail peut même produire des échanges plus sincères que huit heures passées côte à côte. C'est ce que nous allons voir dans cet article feelgood du lundi en partenariat avec Great Place To Work.

Sur le papier, l’open space devrait favoriser naturellement les relations. Nous voyons nos collègues, nous pouvons leur parler à tout moment et nous partageons le même environnement pendant toute la journée. Pourtant, cette proximité permanente peut produire exactement l’effet inverse : plus nous sommes exposés aux autres, plus nous éprouvons parfois le besoin de nous en protéger.


Le casque sur les oreilles, le regard fixé sur l’écran ou les échanges réduits au strict nécessaire deviennent alors des barrières invisibles. Il ne s’agit pas forcément d’un manque de sociabilité, mais d’une manière de se préserver face aux sollicitations permanentes. Paradoxalement, une forte proximité physique peut donc s’accompagner d’une véritable distance émotionnelle.


Des échanges superficiels

L’open space multiplie les interactions, mais quantité ne signifie pas qualité. Beaucoup de conversations sont courtes, fonctionnelles et régulièrement interrompues. On demande où en est un dossier, on échange une information urgente, on fait une remarque sur la journée, puis chacun retourne à son écran. Nous avons beaucoup parlé, sans avoir nécessairement échangé.


À l’inverse, une visioconférence peut parfois créer un cadre plus favorable à une véritable conversation. Deux personnes ont décidé de se parler, elles se regardent et l’échange possède un début et une fin clairement identifiés. Aussi surprenant que cela puisse paraître, la distance physique peut donc parfois favoriser une attention plus forte à l’autre.


Le lien se provoque

Le télétravail possède également une particularité intéressante : il oblige à provoquer les relations au lieu de compter sur le hasard. Lorsque nous ne croisons plus nos collègues dans un couloir ou devant la machine à café, nous devons décider de leur écrire, de les appeler ou de leur proposer un moment d’échange. Cette démarche demande un petit effort supplémentaire.

Mais cette contrainte peut aussi améliorer la qualité de la relation. Si je vous appelle simplement pour prendre de vos nouvelles, c’est parce que j’ai décidé de consacrer ce moment à notre échange. La conversation ne résulte plus uniquement du fait que nos deux bureaux se trouvent à trois mètres l’un de l’autre. Elle devient intentionnelle, et cette intention peut changer profondément sa qualité.


Créer de vrais moments

Pour retrouver davantage de lien, une première habitude consiste simplement à provoquer une vraie conversation chaque jour. Une question sincère peut suffire : « Comment vas-tu vraiment ? » L’important n’est pas nécessairement de passer trente minutes à discuter, mais de sortir quelques instants de la relation purement fonctionnelle qui domine facilement nos journées.

Au bureau, les conversations importantes gagnent également à sortir parfois de l’open space. Proposer un café, marcher dix minutes ou simplement trouver un endroit plus calme permet de créer un espace dans lequel l’échange peut réellement exister. Une conversation personnelle ou importante se déroule rarement de la même manière lorsque dix collègues peuvent potentiellement l’entendre.


L’attention avant le lieu

Nous avons longtemps associé presque automatiquement présentiel et cohésion, tandis que le télétravail serait synonyme d’isolement. La réalité est beaucoup plus nuancée. On peut passer huit heures par jour à côté d’une personne sans jamais réellement la connaître. À l’inverse, il est parfaitement possible de construire une relation forte avec un collègue que l’on voit essentiellement à distance.


Ce n’est donc pas le lieu qui crée le lien, mais l’attention que nous accordons réellement aux autres. Une présence physique sans attention peut être extrêmement solitaire. Une distance géographique accompagnée d’écoute, de curiosité et d’échanges sincères peut au contraire produire une véritable proximité. La question essentielle n’est donc pas seulement « où travaillons-nous ? », mais « comment sommes-nous réellement présents aux autres ? ».


Conclusion

La solitude en open space est particulièrement déroutante parce qu’elle semble contradictoire. Comment peut-on se sentir seul alors que vingt personnes travaillent autour de nous ? Précisément parce que la solitude ne se mesure pas au nombre de personnes présentes dans une pièce.Elle se mesure davantage à la qualité des relations que nous entretenons avec elles.

Si vous ressentez cette solitude au milieu d’un plateau bondé, l’enjeu n’est donc pas forcément de multiplier encore davantage les interactions. Il est plutôt de créer quelques moments où l’échange devient réellement humain.


Une question sincère. Un café loin des écrans. Dix minutes de marche. Une conversation pendant laquelle personne ne fait autre chose en même temps. Nous ne nous sentons pas seuls uniquement parce qu’il n’y a personne autour de nous. Nous pouvons aussi nous sentir seuls parce que nous n’avons plus suffisamment de vraies conversations.

Et cette nuance change profondément notre manière de penser les relations au travail.




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