top of page

Vous avez le droit de ne pas aimer votre travail tout le temps



🔥🔥 Pour écouter la version audio ou voir la vidéo de cet article =>>>>>>>>>>> lnk.to/SOXQYq

Il existe une phrase qui, à elle seule, soulage beaucoup plus de personnes qu’on ne l’imagine : vous avez le droit de ne pas aimer votre travail tout le temps. Cette idée peut sembler évidente, et pourtant elle va à contre-courant de nombreuses injonctions implicites qui entourent encore le rapport au travail.


Il ne s’agit pas ici de parler de souffrance, de situations toxiques ou de rejet profond de son poste. Il s’agit d’autre chose, de beaucoup plus fréquent. Ces moments où l’élan n’est plus là. Où vous faites ce qu’il faut, vous êtes professionnel, engagé, fiable… mais le plaisir s’est évaporé. Et au lieu d’accueillir cela comme une variation normale, vous commencez à vous juger, à vous inquiéter, à vous demander ce qui ne va pas chez vous.


Le mythe du plaisir permanent au travail

Nous vivons encore avec une idée très ancrée : un « bon » travail devrait faire du bien chaque jour. Il devrait donner de l’énergie, du sens, de la fierté, de l’enthousiasme, presque en continu. Et lorsque ce n’est pas le cas, nous en concluons que nous nous sommes trompés, que nous manquons de gratitude, ou que nous sommes devenus trop exigeants.


Le problème, c’est que cette idée est irréaliste. Aucune dimension de la vie ne fonctionne ainsi. Nous n’aimons pas nos proches avec la même intensité tous les jours. Nous n’aimons pas nos passions avec la même ardeur en permanence. Même pendant les week-ends ou les vacances, il existe des moments neutres, des moments de fatigue, des moments où nous avons simplement besoin de calme.


Pourquoi le travail serait-il la seule sphère de vie qui devrait rester agréable et motivante en permanence ? Pourquoi deviendrait-il un indicateur de perfection émotionnelle ? Cette croyance est un piège. Et ce piège mène très souvent à la culpabilité.


Quand la gratitude devient une injonction

Beaucoup de personnes se reconnaîtront dans ce raisonnement intérieur. Objectivement, tout va plutôt bien. Un salaire correct. Une équipe convenable. Un manager pas catastrophique. Des conditions de travail acceptables. Alors, pensent-elles, je n’ai pas le droit d’être lassé. Je n’ai pas le droit d’être moins motivé. Je n’ai pas le droit de rêver d’autre chose.

Mais la gratitude n’est pas un bâillon. La gratitude n’interdit pas de ressentir de la fatigue, de l’ennui ou une baisse d’envie. Elle n’empêche pas l’usure. Elle ne doit jamais devenir une obligation émotionnelle.

Vous pouvez être chanceux et fatigué. Vous pouvez être bien entouré et avoir besoin de souffler. Vous pouvez être fier de ce que vous faites et, en même temps, traverser une période de creux. Ces réalités sont compatibles, parce que vous êtes humain.


Le plaisir n’est pas une obligation contractuelle

Il est utile de rappeler une chose simple. Le plaisir n’est pas une clause de votre contrat de travail. Votre contrat ne dit pas que vous devrez être inspiré chaque matin. Il ne dit pas que vous devrez aimer chaque projet. Il ne dit pas que vous devrez être passionné en permanence.

Il définit un cadre, une mission, des responsabilités. Et c’est déjà beaucoup. Le reste – plaisir, motivation, enthousiasme – relève d’états internes qui fluctuent naturellement. Ces fluctuations ne font pas de vous un mauvais professionnel ou une mauvaise professionnelle.


Nous confondons souvent implication et exaltation. Professionnalisme et joie permanente. Performance et bonheur. Or, il est tout à fait possible d’être fiable sans être joyeux tous les jours. Compétent sans être enthousiaste à chaque instant. Engagé sans être exalté.


Quand la perte de plaisir devient un signal

Reconnaître que le plaisir fluctue ne signifie pas tout banaliser. Parfois, la perte de plaisir est un signal important. Lorsqu’elle dure. Lorsqu’elle s’accompagne d’autres signes. Une fatigue persistante. Un cynisme qui s’installe. Une irritabilité inhabituelle. Une impression d’être vidé. Une perte de confiance. Une peur diffuse, notamment le dimanche soir.


Dans ces situations, il ne s’agit plus d’une simple variation normale. Il y a quelque chose à regarder de plus près. Non pas pour dramatiser, mais pour se protéger. Pour s’écouter. Pour se poser les bonnes questions.

La question la plus utile n’est pas « est-ce que j’aime mon travail tous les jours ? ». La question centrale est plutôt « est-ce que mon travail m’abîme ? ». Ne pas aimer son travail certains jours est normal. Se sentir abîmé ne l’est pas.


Remettre le travail à sa juste place

Le travail occupe déjà beaucoup de place dans nos vies. Du temps. De l’énergie. De la charge mentale. Il peut aussi occuper une place importante dans l’identité. Et lorsque cette place devient excessive, le moindre creux émotionnel se transforme en crise existentielle.


Si votre travail est votre seule source de valeur, chaque baisse de plaisir ressemble à un effondrement. S’il est votre seul repère, chaque journée neutre devient inquiétante. S’il est votre seule fierté, chaque moment de lassitude devient presque une honte.


Or, vous n’êtes pas uniquement votre fonction, votre métier ou votre poste. Vous êtes une personne avec des relations, des envies, des fragilités, des moments de fatigue, et des besoins de douceur. Remettre le travail à sa juste place n’est pas un désengagement. C’est un équilibre. C’est même une forme de maturité.


Autoriser la neutralité et les micro-plaisirs

Vous pouvez vous autoriser des journées neutres. Vous pouvez faire votre travail sans y investir toute votre énergie émotionnelle. Vous pouvez traverser des périodes de routine sans conclure que tout est terminé.

Vous pouvez aussi chercher non pas des miracles, mais des micro-sources de plaisir. Un collègue avec qui l’échange est fluide. Une tâche un peu plus agréable. Un moment où vous vous sentez utile. Une reconnaissance discrète. Un apprentissage. Un geste de soutien.


Le plaisir revient souvent par petites touches, lorsque nous cessons de le forcer.


Ce qu’il faut retenir

Vous avez le droit de ne pas aimer votre travail tout le temps. Ce droit vous rend plus libre et, paradoxalement, plus solide. Le plaisir au travail est précieux, mais il n’est pas un thermostat émotionnel qui doit rester à la même température chaque jour.

Le critère central reste votre santé, votre énergie et votre dignité. Et si vous sentez que le travail commence à vous abîmer, alors il est temps de vous écouter et d’agir.


Comme le disait Albert Camus, « la fatigue du corps est parfois la santé de l’âme ». Une baisse d’énergie ou un besoin de ralentir n’est pas toujours un problème à corriger. Parfois, c’est un signal de protection. Une invitation à souffler. À remettre les priorités dans l’ordre. À revenir à l’essentiel.



Pour aller plus loin :


Continuez l’expérience Happy Work

Pour ne rien manquer de mes contenus et ressources sur le bien-être au travail :


Avec Bob sur scène

L'AUTEUR
portrait g chatelain 1.jpg
Mes derniers livres
Capture d’écran 2023-04-03 à 13.20.29.png
009954074.jpeg
Capture d’écran 2021-02-09 à 08.50.14.
couv-BE (1).jpg
Le dernier épisode du podcast Happy Work
bottom of page