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Ce manager que je détestais… et ce qu’il m’a appris

  • il y a 12 heures
  • 4 min de lecture


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Dans une carrière, certains managers nous marquent profondément. Parfois parce qu’ils nous inspirent. Mais parfois aussi parce qu’ils nous agacent ou nous bousculent. Avec le recul, ces expériences peuvent pourtant devenir de véritables leçons de leadership.

Dans une carrière, il y a parfois des managers qui nous marquent profondément. Pas forcément parce qu’ils sont brillants, inspirants ou charismatiques. Parfois, c’est exactement l’inverse. Ils nous irritent, nous agacent, nous mettent mal à l’aise. Ils nous semblent représenter tout ce que nous n’aimons pas dans le management.


J’en ai connu un comme cela au tout début de ma vie professionnelle. Et pendant longtemps, pour être honnête, je l’ai détesté. Il était directif, sec, peu démonstratif, et ne cherchait absolument pas à être apprécié. À l’époque, je pensais travailler avec une sorte de Dark Vador du management. Je sortais des réunions frustré, parfois vexé, convaincu qu’un jour, si je devenais manager, je ferais exactement l’inverse.

Bloc 1 — Le regard que l’on porte quand on débute

Lorsque l’on débute dans la vie professionnelle, notre perception du management est souvent très liée à la forme. Nous sommes sensibles à l’ambiance, à la manière dont les choses sont dites, au ton employé dans les réunions. Nous attendons de la reconnaissance, de l’encouragement et parfois même une certaine forme de confort relationnel.


Dans ce contexte, un manager directif peut être vécu comme une agression. C’était exactement mon ressenti à l’époque. Je trouvais ce manager dur, froid, parfois brutal dans sa manière de formuler ses remarques. Il ne cherchait pas à arrondir les angles et ne faisait aucun effort particulier pour rendre les échanges agréables. Pour moi, cela ne pouvait être que le signe d’un mauvais management.


Avec le recul, je comprends que cette réaction était en grande partie liée à mon manque d’expérience. Je regardais essentiellement la surface des choses. Je jugeais le style, la posture, l’attitude. Mais je ne voyais pas encore ce qui se passait derrière ces comportements.


Derrière la dureté, une cohérence

Ce que je n’avais pas perçu à l’époque, c’est que ce manager possédait une qualité rare : une cohérence remarquable. Ses décisions pouvaient sembler abruptes, mais elles étaient toujours alignées avec la stratégie de l’entreprise. Il ne changeait pas d’avis en fonction des personnes ou des circonstances.


Il n’y avait pas de favoritisme. Les règles étaient les mêmes pour tout le monde. Il pouvait être exigeant, mais cette exigence s’appliquait de manière uniforme. Avec le temps, j’ai compris que cette constance créait quelque chose de précieux dans une équipe : de la prévisibilité.


La prévisibilité, en entreprise, est une forme de sécurité. Lorsque les décisions reposent sur des principes clairs, chacun sait à quoi s’attendre. Même si certaines décisions sont difficiles à accepter, elles restent compréhensibles. Cette stabilité, que je percevais autrefois comme de la rigidité, était en réalité une force.


La mission réelle d’un manager

Au début de ma carrière, j’avais une vision assez simple du management. Je pensais qu’un bon manager devait être agréable, encourageant, motivant. En résumé, quelqu’un avec qui il est confortable de travailler au quotidien.

Mais avec l’expérience, j’ai compris que cette vision était incomplète. Le rôle d’un manager n’est pas seulement de rendre le travail agréable. Sa mission est aussi de faire progresser son équipe, de maintenir un cap et parfois de confronter les collaborateurs à leurs limites.


Ce manager le faisait sans détour. Il pointait les faiblesses, mettait en lumière les erreurs et exigeait des progrès. Sur le moment, c’était difficile à entendre. Mais avec le recul, je réalise que ces moments ont été parmi ceux qui m’ont le plus fait évoluer professionnellement.

La progression ne vient pas toujours du confort. Elle vient souvent du défi.

L’impopularité comme compétence managériale

Être manager implique parfois de prendre des décisions impopulaires. Il arrive que certaines décisions déplaisent, créent de la frustration ou génèrent des tensions. La tentation est alors grande de vouloir préserver sa popularité.

Pourtant, un manager qui prend ses décisions uniquement pour être apprécié finit souvent par perdre sa crédibilité. Les équipes perçoivent très rapidement lorsque les décisions sont dictées par la peur du conflit ou par le besoin d’être aimé.


Ce manager n’avait clairement pas cette peur. Il acceptait l’inconfort relationnel si cela permettait de préserver la cohérence des décisions. À l’époque, j’y voyais une forme de dureté. Aujourd’hui, j’y vois plutôt une forme de solidité.

Supporter l’impopularité temporaire pour défendre une vision ou une stratégie demande une réelle maturité professionnelle.


Ce que l’on comprend avec le temps

Avec les années, j’ai compris que ce manager m’avait appris deux choses fondamentales. La première est la cohérence : faire en sorte que ses décisions soient alignées avec ce que l’on affirme défendre. La seconde est la responsabilité : assumer ces décisions, même lorsqu’elles sont difficiles ou impopulaires.


Je ne lui ai jamais dit merci pour cela. À l’époque, j’étais trop occupé à lui reprocher ce qu’il n’était pas. Je voyais ce qui me manquait plutôt que ce que j’apprenais. Pourtant, aujourd’hui, je sais que cette expérience a contribué à construire ma propre vision du management.


Les managers que l’on admire nous inspirent. Mais ceux qui nous dérangent nous obligent à réfléchir. Et parfois, ce sont ces derniers qui nous font le plus progresser.


Conclusion

Tous les managers qui nous agacent ou nous dérangent ne sont pas nécessairement de mauvais managers. Parfois, ils révèlent simplement des qualités que nous ne sommes pas encore prêts à reconnaître. Derrière une forme maladroite peut se cacher une vraie solidité



Avant de juger définitivement un manager, il peut être utile de se poser une question simple : suis-je en train de juger la forme… ou suis-je capable de regarder le fond ? Car le leadership ne se construit pas uniquement à partir de modèles idéaux. Il se construit aussi à partir des expériences qui nous bousculent et nous obligent à réfléchir.



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