Commencer la semaine sans se mettre la pression
- Gaël Chatelain-Berry

- il y a 2 jours
- 5 min de lecture

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Comme tous les lundis matin, avec mon partenaire Great Place To Work, on commence avec du feelgood. Eh oui, on le sait, le lundi matin, ce n'est pas toujours simple... eh bien essayons de changer ça, d'accord ?
Le lundi matin, beaucoup de personnes se réveillent déjà fatiguées. Pas parce que la semaine commence réellement, mais parce qu’elle s’est déjà installée dans la tête. Les réunions à venir, les dossiers en attente, les urgences supposées, les contraintes anticipées. Tout arrive d’un seul coup, parfois avant même d’avoir posé un pied par terre. Peut-être que vous ressentez cela vous aussi. Une fatigue étrange, diffuse, presque illogique… et pourtant bien réelle.
Le lundi est souvent vécu comme une épreuve. Non pas un jour comme les autres, mais un test silencieux. Un moment où, dès la première heure, il faudrait être prêt, concentré, efficace, motivé. Comme si la semaine entière se jouait là,
immédiatement. Cette pression n’est pas toujours exprimée clairement, mais elle est profondément intégrée. Il faudrait bien commencer. Il faudrait être au taquet. Il faudrait montrer que nous sommes à la hauteur.
Le lundi comme accumulation mentale
Ce qui pèse le plus le lundi matin, ce n’est pas tant le travail lui-même que la manière dont nous l’anticipons. Dès le réveil, la semaine entière se projette mentalement. Tout semble arriver en bloc. Les tâches, les attentes, les responsabilités. Le corps est là, mais l’esprit est déjà saturé.
Cette manière d’aborder la semaine crée une tension immédiate. Une tension qui n’a parfois rien à voir avec l’urgence réelle des sujets, mais tout à voir avec notre rapport à la performance. Nous voulons bien commencer. Nous voulons prouver. Nous voulons avancer vite. Et paradoxalement, plus nous voulons réussir ce démarrage, plus nous nous mettons une pression contreproductive.
À cela s’ajoute souvent une comparaison silencieuse. Les autres semblent prêts. Ils ont l’air lancés, organisés, motivés. Et nous avons peur d’être en décalage, de ne pas être au niveau attendu. Cette pression sociale invisible alimente l’auto-exigence, sans que nous en ayons vraiment conscience.
Une illusion profondément ancrée
Nous avons intégré l’idée que le lundi conditionne toute la semaine. Qu’un mauvais départ serait difficilement rattrapable. Alors nous voulons tout de suite bien faire, tout de suite produire, tout de suite être performants. Mais cette logique repose sur une illusion.
Une semaine ne se joue pas sur une matinée. Elle se construit dans la durée, avec des moments forts et des moments plus lents, des pics d’énergie et des creux parfaitement normaux. Une semaine, c’est un marathon, pas un sprint. Commencer doucement, ce n’est pas commencer mal. C’est simplement commencer humainement.
Quand nous oublions cela, le lundi devient une course. Non pas une mise en mouvement progressive, mais une accélération brutale. Et cette accélération coûte cher.
La pression réduit l’efficacité
Nous avons souvent l’impression que la pression nous rend plus efficaces. En réalité, c’est très souvent l’inverse qui se produit. La pression réduit la clarté. Elle augmente la fatigue mentale. Elle favorise les réactions automatiques plutôt que les décisions réfléchies.
Sous pression, nous priorisons moins bien. Nous répondons vite plutôt que juste. Nous remplissons nos journées au lieu de les structurer. Le lundi devient une succession d’actions sans respiration, sans vision globale. À court terme, cela peut donner l’illusion d’être productif. À long terme, cela use profondément.
Cette manière de commencer la semaine donne le sentiment que le travail est un combat permanent. Un espace sans pause, sans transition, sans douceur. Et ce sentiment-là finit par peser lourdement sur la motivation, l’engagement, et même le plaisir de travailler.
Le corps et l’esprit ont besoin de montée en régime
Il y a une image très simple pour comprendre cela. Quand une voiture est restée au garage pendant un certain temps, il ne faut pas appuyer à fond sur l’accélérateur dès le démarrage. Le moteur a besoin de chauffer. Notre corps et notre cerveau fonctionnent exactement de la même manière.
Le lundi, après une coupure relative du week-end, nous avons besoin d’un temps de remise en route. Pas d’un choc immédiat. Pas d’une injonction à être à 100 % dès la première heure. Ignorer ce besoin, c’est créer une fatigue inutile, souvent invisible au départ, mais bien réelle sur la durée.
Commencer sans pression ne veut pas dire manquer d’ambition
Il est important de le dire clairement. Commencer la semaine sans se mettre la pression ne signifie ni manquer de sérieux, ni manquer d’ambition, ni manquer de motivation. Cela signifie choisir une posture intérieure différente. Une posture plus réaliste et plus respectueuse de notre fonctionnement humain.
Concrètement, cela peut vouloir dire accepter que le lundi serve aussi à relire, prioriser, remettre de l’ordre, plutôt qu’à produire immédiatement à plein régime. Cela peut vouloir dire commencer par une tâche simple, accessible, qui remet en mouvement sans créer de surcharge. Cela peut vouloir dire prendre quelques minutes pour poser une intention claire pour la semaine, plutôt que de se laisser envahir par tout ce qui arrive.
Cette approche change profondément la dynamique. L’énergie monte progressivement. Le travail devient plus fluide. Et surtout, la semaine se construit sur une base plus stable, moins tendue.
Le rituel du lundi matin
Beaucoup de personnes trouvent un vrai bénéfice à instaurer un rituel du lundi matin. Un moment volontairement doux, toujours le même, qui marque l’entrée dans la semaine sans brutalité. Cela peut être un temps de lecture, un moment de planification calme, une tâche agréable, ou simplement quelques minutes pour respirer et se recentrer.
Ce rituel n’enlève rien aux exigences professionnelles. Il permet simplement de les aborder autrement. Avec plus de présence. Plus de lucidité. Plus de respect pour soi.
Donner une intention plutôt que se mettre à l’épreuve
Et si le lundi n’était plus le jour où nous devons prouver quelque chose, mais le jour où nous nous donnons une intention ? Une intention simple, réaliste, atteignable. Non pas tout réussir. Non pas tout maîtriser. Mais bien démarrer.
Changer cette perspective transforme profondément le rapport au travail. Cela autorise les ajustements. Les imprévus. Les variations d’énergie. Cela redonne aussi une forme de douceur au lundi, sans enlever l’exigence professionnelle, bien au contraire.
La vraie question n’est peut-être pas « suis-je prêt à tout affronter lundi ? », mais plutôt « comment ai-je envie de vivre cette semaine ? ». Et cette question-là, quand nous prenons le temps d’y répondre, peut transformer durablement nos lundis.
Conclusion
Alors, que faut-il retenir de tout cela ? Commencer la semaine sans se mettre la pression n’est ni un luxe, ni une faiblesse. C’est une stratégie de long terme. En abordant le lundi avec plus de douceur et de réalisme, nous préservons notre énergie, notre clarté et notre engagement. Et c’est très souvent cette approche-là qui permet de travailler mieux, plus sereinement, et plus durablement tout au long de la semaine.
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