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Et si l’écoute était aujourd’hui l’acte managérial le plus puissant et le plus sous-estimé ?

  • 30 janv.
  • 3 min de lecture


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Nous parlons beaucoup de décisions, de rapidité, d’efficacité managériale. Pourtant, un geste simple, souvent relégué au second plan, continue d’avoir un impact majeur sur l’engagement et la qualité du travail collectif : l’écoute. Une écoute réelle, pas une écoute pour répondre ou corriger.

Pendant longtemps, nous avons attendu des managers qu’ils sachent, qu’ils décident, qu’ils tranchent vite. L’écoute était vue comme un supplément d’âme. Agréable, mais pas indispensable. Le bon manager était celui ou celle qui avait des réponses, pas celui ou celle qui posait des questions.


Cette culture a laissé des traces profondes, encore très présentes aujourd’hui. Beaucoup de managers ont grandi professionnellement avec cette idée que l’écoute ralentissait l’action. Qu’elle diluait l’autorité. Qu’elle compliquait inutilement les choses.


Et pourtant, la réalité du terrain raconte une autre histoire.


Ce qui se passe quand une équipe ne se sent pas écoutée

Lorsqu’une équipe a le sentiment de ne pas être écoutée, elle ne se rebelle pas forcément. Elle ne claque pas la porte. Elle ne fait pas de bruit. Elle s’adapte.


Elle parle moins.Elle filtre davantage.Elle ne dit plus que ce qui est sûr, neutre, sans aspérité.

Le travail continue, en apparence. Mais quelque chose se referme. L’engagement devient plus prudent, plus discret. Les idées sont moins spontanées. Les signaux faibles ne remontent plus. Et cette perte est souvent invisible… jusqu’au jour où elle devient un vrai problème.


L’écoute ne ralentit pas l’action, elle la sécurise

Beaucoup de managers craignent que l’écoute fasse perdre du temps. En réalité, c’est souvent l’inverse.

Un collaborateur qui se sent écouté comprend mieux les décisions. Même lorsqu’elles ne vont pas dans son sens. Il adhère plus facilement au cap. Il s’ajuste plus vite. Le temps pris en amont n’est presque jamais du temps perdu.

Il évite des incompréhensions. Il limite les résistances silencieuses. Il réduit les corrections tardives.

Un manager qui écoute n’est pas un manager qui doute de tout. C’est un manager qui accepte de ne pas tout savoir seul. Et cette posture transforme profondément la relation avec l’équipe.


Créer un climat où la parole peut exister

Lorsqu’un manager écoute réellement, il crée un climat dans lequel chacun peut s’exprimer sans crainte d’être immédiatement jugé ou corrigé. Ce climat favorise une parole plus juste, plus utile, plus honnête.

Les échanges gagnent en qualité.Les tensions se régulent plus tôt.Les non-dits trouvent plus facilement un espace d’expression.


L’écoute managériale agit comme un modèle implicite. Elle ne se limite pas à la relation manager-collaborateur. Elle diffuse dans l’ensemble de l’équipe. Les membres de l’équipe s’écoutent davantage entre eux. Le respect devient plus naturel.


Écouter ne veut pas dire dire oui à tout

Il est essentiel de lever une confusion fréquente. Écouter ne signifie pas déléguer la décision. Un manager peut écouter attentivement, puis décider autrement.

Ce qui fait la différence, c’est l’explication. Dire clairement :« J’ai entendu vos points de vue. Voilà la décision que je prends, et pourquoi. »


Cette clarté renforce la crédibilité bien plus qu’un silence ou qu’une décision tombée sans contexte. L’écoute donne du sens, même quand elle ne change pas l’issue.


Une posture plus qu’une technique

Écouter demande du temps, bien sûr. Mais surtout de la présence. Être là, vraiment. Sans préparer sa réponse pendant que l’autre parle. Sans chercher immédiatement à résoudre le problème.


Nous connaissons tous ces situations où l’on sent que l’autre réfléchit déjà à ce qu’il va répondre avant même d’avoir tout entendu. L’écoute véritable consiste d’abord à comprendre. Pas à corriger. Pas à performer.

Cela n’a rien de spectaculaire. Cela n’apparaît dans aucun reporting. Et pourtant, c’est l’un des leviers les plus puissants pour construire une équipe solide et engagée.


Conclusion

Un manager qui prend le temps d’écouter ne renonce ni à son rôle ni à son autorité. Il la transforme. Il crée un cadre plus clair, plus humain et, au final, plus efficace.


Dans un monde du travail de plus en plus complexe, l’écoute n’est plus un simple atout. Elle devient un socle.

Comme le disait Stephen Covey, auteur américain spécialiste du leadership au XXᵉ siècle :« La plupart des gens n’écoutent pas avec l’intention de comprendre, mais avec l’intention de répondre. »

Cette phrase rappelle que l’écoute véritable n’est pas une technique. C’est une intention. Et cette intention change profondément la qualité des relations professionnelles.



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