Je procrastine, c’est grave docteur ?


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Remettre à plus tard ce que l’on pourrait faire tout de suite ; la procrastination. Tout le monde est concerné, à un niveau plus ou moins élevé, mais qui ne s’est jamais dit « pfffff, pas envie de le faire maintenant, je verrais ça demain ».


Je dois l’avouer, il m’arrive de procrastiner, notamment quand il s’agit de faire ma comptabilité. Ça, c’est l’avantage d’être indépendant, vous devez tout faire ; mais quand vous savez que la seule matière que j’ai repassé en septembre pendant toute la durée de mon école de commerce, c’est la comptabilité, ceci explique peut-être cela.


Il existe une littérature abondante ainsi que beaucoup d’articles qui expliquent comment ne plus procrastiner. Et c’est l’un de ces articles que je voulais écrire à l’origine : vous donner quelques trucs classiques pour ne plus céder à la tentation et plus je réfléchissais au contenu, plus je procrastinais l’écriture de cet article. Pas que le contenu ne me plaisait pas... mais parce que plus je réfléchissais, plus je me disais que la procrastination semblait être universellement présentée comme un horrible défaut alors que j’étais loin d’être convaincu que s’en était un.


Bref, j’étais devant un terrible dilemme : écrire un article bien joli et efficace pour lutter contre la vilaine procrastination, ce qui semblera être la logique de la vie professionnelle, ou bien vous livrer le fond de ma pensée, quitte à ne pas être politiquement correct. Et bien, las de procrastiner, et surtout parce que je n’avais pas le choix sachant que cet article devait être publié, comme chacun de mes articles, le mardi matin à 6.30, j’ai choisi mon camp : PROCRASTINER, C’EST UN BONHEUR SI ON SAIT LE FAIRE.


Oui mesdames et messieurs, je vais vous expliquer comment bien procrastiner, tout en restant professionnel. Cela vous semble étrange... et bien si tel et le cas, n’hésitez pas à me le dire en commentant cet article. Bref, pour bien procrastiner, voilà les règles qu’il faut suivre à la lettre :


1- Ne jamais culpabiliser

La procrastination, la vraie, peut nous faire nous sentir mal, coupable de repousser une fois de plus quelque chose que l’on doit absolument faire. C’est tout le paradoxe de la procrastination : nous choisissons délibérément de ne pas faire quelque chose, et, comme double peine, nous avons mauvaise conscience de le faire... étrange, non ? Ce n’est pas comme si une force invisible et mystérieuse nous empêchait de faire ce que nous devrions faire, non, c’est bien nous, en tant qu’adulte doté d’intelligence qui faisons le choix de remettre à plus tard.


Ce choix, pourquoi le faisons nous ? Plusieurs possibilités :

· Il n’y a pas d’urgence

· Ça ne nous motive pas plus que ça (la version que l’on a dans sa tête étant plutôt : « ça me saoule »)


Une fois cela posé... où est le problème ? Pourquoi sommes-nous à ce point sadiques avec nous même pour culpabiliser d’un choix que nous faisons délibérément ? Et bien parce que nous avons quelque part en nous ce fantasme de la perfection, notamment au travail. Procrastiner, c’est admettre que nous ne sommes ni Superman, ni Wonderwoman. La belle affaire, je peux vous révéler un scoop : vous ne l’êtes pas et ne le serez jamais... autant l’assumer.


Bon, au stade de mon écriture, j’ai bien conscience que pour l’instant, je suis dans le « yakafaucon », je vous l’accorde. Vous dire de ne pas culpabiliser peut sembler simpliste. Et pourtant, je vais vous révéler dans quelques mots le moyen radical pour ne plus jamais culpabiliser au moment où vous procrastinez : planifiez !


2- Planifiez

Nous le savons bien, toutes les taches que nous repoussons jours après jours... nous devrons les faire un jour ou l’autre, pas d’autre choix, à moins d’assumer pleinement de ne pas le faire, mais ça, c’est une toute autre question à laquelle je répondrai peut-être dans un autre article.


Si la procrastination vous fait vous sentir mal, c’est pour trois raisons :

1- Vous avez le sentiment de ne pas être un/e bon/ne professionnel(le)

2- Vous vous dites que la prochaine fois que vous penserez à cette tâche, vous réagirez de même

3- Tant que cette tâche n’est pas faite, vous l’aurez à l’esprit, augmentant par là votre charge mentale

« Je ne remets jamais au lendemain ce que je peux faire le surlendemain. ” Oscar Wilde


Planifier au cours de votre journée, ou de votre semaine, une plage horaire pour les tâches que vous procrastinez d’habitude est d’une efficacité redoutable. Il est important que cette plage horaire soit encadrée par quelque chose que vous adorez faire. Ne la placez jamais en tout début ou en toute fin de journée, c’est le meilleur moyen dans un cas de passer toute une journée de mauvaise humeur, et dans l’autre de rentrer chez vous avec le moral dans les chaussettes.


Prenons un exemple : ma comptabilité dont je vous parlais en introduction. Désormais, je sais que tous les premiers lundis du mois, de 10.00 du matin à midi, je m’y colle. C’est planifié et le fait de savoir qu’avant 10.00 j’aurai écrit mon article de la semaine et que juste après, je préparerai mon Linkedin Live de 17.00, je ne repousse plus jamais cette tâche... je serai débarrassé.


Vous venez de recevoir un email de votre collègue qui fait toujours des mails de 10 pages avec une question cachée au milieu ? Sortez-vous le de la tête immédiatement, vous vous en occuperez après votre pause déjeuner !


Plus votre procrastination sera programmée, et moins vous aurez le sentiment de procrastiner... et moins vous culpabiliserez.


3- Relativisez

Est-ce si grave que cela si au lieu de répondre à cet email dans les deux minutes, vous y répondez le lendemain matin ? Le numérique nous a fait basculer petit à petit dans la culture de l’urgence. À peine reçu, déjà répondu. Et si nous n’y arrivons pas, nous culpabilisons. Mais si au lieu de culpabiliser, nous nous posions la question des conséquences véritables de notre procrastination, nous réaliserions bien souvent, pour ne pas dire toujours, qu’il n’y en a aucune


Il y a une grande différence entre « faire plus tard » et « ne pas faire ». Et tout le problème de l’état psychologique dans lequel se trouve le « procrastinateur », c’est qu’il a le sentiment de ne pas faire ; d’où l’importance du point précédent pour mieux le vivre.


Réapprendre la lenteur ne me semble pas inutile actuellement. Ou tout du moins, réapprendre à ne plus tout faire dans l’urgence car, forcément, à force de tout vouloir faire tout, tout de suite, il devient impossible d’y arriver, on doit procrastiner... et culpabiliser de ne pas être à la hauteur.


CONCLUSION

Alors... êtes vous prêt/e à devenir un procrastinateur/trice heureux/se ? Je sais, pas toujours simple de changer ses habitudes, et pourtant, il y en a qui sont relativement simple à faire évoluer et qui auront un impact positif sur votre bien-être au travail, et c’est le cas de celle-ci. Apprendre à procrastiner en assumant de le faire, c’est un vrai bonheur, je vous l’assure !



Gaël Chatelain-Berry


Pour aller plus loin :

1- 5 astuces pour ne plus courir après le temps

2-GAGNONS DU TEMPS, SOYONS LENTS !


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