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Le management bienveillant n’est ni naïf ni ringard


Longtemps caricaturé, le management bienveillant reste une approche exigeante du management, conciliant performance, engagement et considération de l’humain au travail.
Longtemps caricaturé, le management bienveillant reste une approche exigeante du management, conciliant performance, engagement et considération de l’humain au travail.

Le management bienveillant est-il encore efficace aujourd’hui ou est-il devenu naïf et dépassé ?

Créé et structuré il y a une dizaine d’années, ce mode de management apporte des réponses concrètes

aux enjeux actuels du travail : performance durable, engagement des équipes et fatigue émotionnelle.


Le management bienveillant fait partie de ces concepts qui suscitent des réactions contrastées.Pour certains, il serait devenu trop doux. Pour d’autres, dépassé, voire inefficace face aux exigences économiques actuelles. Cette perception repose pourtant sur une vision largement erronée de ce qu’est réellement le management bienveillant.


Car le management bienveillant n’est ni une mode récente ni une posture naïve. J’ai formulé et structuré ce concept il y a une dizaine d’années, à une époque où ces questions étaient encore largement marginales dans le monde de l’entreprise. À contre-courant des modèles dominants, cette approche proposait déjà de concilier exigence, performance et considération réelle de l’humain au travail.


Si le terme est aujourd’hui plus largement utilisé, parfois galvaudé, ce n’est pas parce qu’il serait devenu obsolète, mais parce que le monde du travail a progressivement rattrapé les intuitions sur lesquelles il reposait.


Pourquoi le management bienveillant est souvent mal compris

Le management bienveillant a longtemps souffert de caricatures.Il est parfois assimilé à une forme de laxisme managérial, de gentillesse excessive ou d’absence de cadre. Cette lecture est non seulement fausse, mais profondément réductrice.

Être bienveillant ne signifie pas éviter les décisions difficiles. Cela ne signifie pas non plus renoncer à l’exigence ou à la performance. La bienveillance n’est pas l’opposé de l’autorité, mais une autre manière de l’exercer.

Opposer bienveillance et efficacité est une erreur fréquente. Dans de nombreux contextes organisationnels, la bienveillance constitue au contraire un levier de performance durable, en renforçant l’engagement, la confiance et la responsabilité individuelle.


La bienveillance comme posture managériale

La bienveillance n’est pas une émotion.Ce n’est ni un trait de caractère ni une humeur passagère. C’est une posture managériale structurante.


Manager avec bienveillance, c’est considérer les collaborateurs comme des individus à part entière, avec leurs contraintes, leurs émotions et leurs limites. Cela implique d’écouter sans tout accepter, de comprendre sans tout justifier, et de décider sans déshumaniser.


Cette posture suppose une forte maturité managériale. Elle oblige à gérer ses propres émotions, à accepter le doute et à renoncer à l’illusion du contrôle permanent. En cela, le management bienveillant est souvent plus exigeant que des styles de management plus autoritaires ou purement procéduraux.


Un management plus exigeant qu’il n’y paraît

Contrairement à certaines idées reçues, le management bienveillant n’est pas un management de confort.

Un management fondé sur la contrainte peut masquer ses fragilités derrière la peur.Un management distant peut se protéger derrière les règles et les process.Un management bienveillant, en revanche, ne laisse que peu de place au faux-semblant.

Il impose cohérence, alignement et crédibilité dans la durée. Les incohérences y sont rapidement perçues. C’est aussi pour cela que cette approche a parfois dérangé dès son apparition, et qu’elle continue encore aujourd’hui à susciter des résistances.


Une réponse aux nouvelles formes de fatigue au travail

Les formes de fatigue au travail ont profondément évolué.Elles ne sont plus uniquement physiques ou liées à la charge de travail visible. Elles sont aussi mentales, émotionnelles et morales.


Les salariés sont confrontés à une adaptation permanente, à l’incertitude, à des injonctions parfois contradictoires et à une charge émotionnelle croissante. Dans ce contexte, le management bienveillant ne relève pas du confort, mais d’une nécessité.

Il ne vise pas à supprimer les contraintes organisationnelles, mais à les rendre soutenables dans la durée. Il contribue à limiter l’usure professionnelle, les tensions internes et la perte de sens, sans renoncer aux exigences de performance.


Ce que le management bienveillant n’est pas

Le management bienveillant n’est pas un management sans règles.Il n’est pas non plus un management sans exigence ou sans performance.


C’est un management clair, structuré et responsable, qui sait poser des limites, recadrer lorsque cela est nécessaire et prendre des décisions difficiles. La différence tient à la manière dont ces décisions sont mises en œuvre, sans humiliation ni déshumanisation.


C’est précisément cette capacité à conjuguer exigence et humanité qui permet au management bienveillant de s’inscrire dans la durée.


Conclusion

Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de cet article, c’est celle-ci.Le management bienveillant n’est ni naïf, ni dépassé, ni incompatible avec la performance. Il constitue une réponse crédible et structurée aux transformations profondes du travail et aux nouvelles attentes des salariés.


Loin d’être un effet de mode, il s’inscrit dans une évolution durable des pratiques managériales, où l’humain n’est plus opposé à l’efficacité, mais en devient un levier central.



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Avec Bob sur scène

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