Résilience au travail : quand tenir seul devient un signal d’alerte
- Gaël Chatelain-Berry

- il y a 4 jours
- 3 min de lecture

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Plus d’un salarié sur deux déclare que ce qui l’a le plus aidé au travail, c’est sa propre résilience. Un chiffre révélateur, qui interroge le soutien collectif, le rôle de l’entreprise et les limites d’une résilience devenue norme.
Avant de préparer cet épisode, j’ai posé une question très simple sur mon profil LinkedIn. Une question directe, sans détour : « Cette année, ce qui vous a le plus aidé au travail, c’est quoi ? » Plus de 2 500 personnes ont répondu. Et le résultat est sans appel. Avec 54 %, la réponse arrivée largement en tête est : ma propre résilience, bien devant l’équipe, un collègue ou un manager à l’écoute.
Ce chiffre mérite que nous nous arrêtions dessus un instant. Sans accusation. Sans caricature. Mais sans l’édulcorer non plus.
Ce que dit vraiment ce chiffre
Quand plus d’une personne sur deux répond que ce qui l’a le plus aidée au travail, c’est elle-même, ce n’est pas une déclaration de fierté. Ce n’est pas « regardez comme je suis fort ». C’est souvent plutôt « je n’avais pas beaucoup d’autres options ». La résilience n’est pas un super pouvoir. C’est une capacité d’adaptation face à quelque chose qui pèse, qui dure, qui fatigue.
Ce sondage dit quelque chose de très clair : beaucoup de salariés ont tenu seuls. Pas forcément abandonnés, mais pas suffisamment soutenus non plus. Est-ce que cela vous parle ?
La résilience, une force… et un signal d’alerte
La résilience est une qualité précieuse. Elle permet de traverser des périodes difficiles, de continuer à avancer malgré l’incertitude, de rester debout quand tout n’est pas idéal. Mais il existe un piège lorsque la résilience devient la principale réponse du système.
Quand elle remplace l’écoute, l’organisation, la solidarité, la prévention ou le management, elle cesse d’être une ressource saine. Elle devient une charge invisible. Tenir encore, sans faire de bruit. Sans se plaindre. Sans demander. Mais combien de temps est-ce possible, honnêtement ?
Ce que l’entreprise ne voit pas toujours
Ce chiffre ne dit pas que l’entreprise ne sert à rien. Il dit que, dans beaucoup de cas, elle n’a pas été le facteur décisif. Et ce n’est pas toujours une question de mauvaise volonté. Les managers sont eux-mêmes sous pression. Les équipes sont en tension. Les organisations peuvent être rigides. Les moyens, parfois, manquent.
Résultat : chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il a. Et beaucoup font surtout avec eux-mêmes.
Le danger d’une mauvaise lecture
Le vrai risque, c’est que cette résilience soit interprétée comme un succès. « Vous voyez bien, ils tiennent tout seuls ». Mais tenir n’est pas aller bien. Tenir n’est pas durable. Tenir n’est pas un objectif collectif.
Ce chiffre n’est pas une plainte. C’est une opportunité de lucidité. Il nous invite à nous poser une question essentielle : voulons-nous des salariés résilients, des salariés soutenus, ou un peu des deux ?
La résilience devrait être un complément. Jamais une béquille permanente. Un filet de sécurité, pas le sol sur lequel tout repose.
Et si le vrai progrès était collectif ?
Et si l’année qui commence permettait simplement cela : plus d’écoute, plus de marge de manœuvre, plus de prévention, plus de reconnaissance des fragilités normales ? Ce ne serait pas un luxe. Ce serait une évolution saine.
Albert Camus écrivait : « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. » Donner au présent, au travail, ce n’est pas demander aux gens de tenir encore un peu plus. C’est leur donner de quoi ne pas avoir à tenir seuls.
Conclusion
Alors, que faut-il retenir de ce chiffre ? Si ce qui vous a le plus aidé l’année dernière, c’est votre propre résilience, cela dit votre force. Oui. Mais cela dit aussi que le collectif n’a pas suffisamment apporté. Et peut-être que le vrai progrès, cette année, ne serait pas de tenir encore, mais de ne plus avoir à tenir seul.
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