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Vous n’êtes pas obligé d’être motivé tout le temps au travail

Dernière mise à jour : 4 janv.


La motivation n’est pas constante. Accepter ses variations permet de remettre le travail à sa juste place.
La motivation n’est pas constante. Accepter ses variations permet de remettre le travail à sa juste place.


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Être motivé en permanence est devenu une norme implicite du monde professionnel. Une norme épuisante, culpabilisante, et profondément irréaliste. Cet article propose de remettre la motivation à sa juste place, de distinguer envie, énergie et engagement, et de comprendre pourquoi ne pas être motivé tout le temps n’est ni un échec ni un problème à corriger, mais une réalité humaine à respecter.

Il y a des jours où, objectivement, tout va bien.Le travail est là. Les conditions sont correctes. Le poste a du sens. Rien de grave ne se passe.


Et pourtant, l’élan n’est pas au rendez-vous.


Pas de motivation particulière.Pas d’enthousiasme.Juste une énergie neutre, presque plate.

Pour beaucoup de personnes, c’est précisément à ce moment-là que quelque chose se tend intérieurement. Comme si cette neutralité était suspecte. Comme s’il fallait absolument ressentir de l’envie pour être légitime à sa place.

Cette idée paraît banale. Elle fatigue pourtant énormément de monde.


Le mythe de la motivation permanente

Nous avons collectivement construit une vision très particulière du travail. Une vision selon laquelle une personne engagée serait une personne motivée en permanence. Tous les jours. Sans exception.

Cette représentation est omniprésente. Dans certains discours managériaux. Dans les réseaux sociaux. Dans des formations. Et parfois même dans les conversations entre collègues. Être motivé devient une norme implicite. Ne pas l’être devient une anomalie.


Le problème, c’est que cette norme est irréaliste.


Personne n’est motivé tout le temps. Absolument personne. Ni vous. Ni moi. Ni vos collègues. Ni votre manager. Ni même celles et ceux qui semblent rayonner de passion permanente.


La motivation est une émotion. Et comme toutes les émotions, elle varie. Elle monte, elle descend, elle disparaît parfois sans raison apparente. Vouloir la rendre constante, c’est demander à un être humain de fonctionner comme une machine.


La pression invisible d’avoir envie

Ce qui épuise le plus n’est pas le manque de motivation.C’est la pression d’avoir à en avoir.

Cette petite voix intérieure qui murmure qu’il faudrait avoir envie. Qu’il faudrait être reconnaissant. Qu’il faudrait se lever chaque matin avec de l’élan et de l’énergie, puisque, après tout, le travail est « bien ».


Cette pression est sournoise. Elle ne fait pas de bruit. Elle s’installe progressivement. Elle transforme un matin simplement neutre en preuve supposée d’un problème plus profond. Elle transforme une baisse d’énergie en remise en question personnelle, parfois même professionnelle.


Peu à peu, nous ne faisons plus simplement notre travail.Nous nous observons.Nous analysons notre niveau d’envie.Nous évaluons notre enthousiasme.Nous comparons ce que nous ressentons à ce que nous pensons devoir ressentir.

C’est profondément fatigant.


Motivation, énergie et engagement : trois réalités différentes

Une grande partie de la culpabilité liée au travail vient d’une confusion fréquente entre des notions pourtant très différentes.

La motivation correspond à l’élan émotionnel, à l’envie de faire. Elle est instable par nature.


L’énergie correspond à la capacité à faire. Elle dépend du sommeil, du stress, de la charge mentale, de la vie personnelle. Elle peut être basse même lorsque le travail a du sens.


L’engagement, enfin, correspond à une décision. La décision de faire correctement ce qui doit être fait, même sans enthousiasme particulier.


Il est tout à fait possible d’être engagé sans être motivé. Il est tout à fait possible de travailler sérieusement sans ressentir d’élan émotionnel.


Cela ne retire absolument rien au professionnalisme.Confondre ces notions crée une culpabilité inutile et injuste.


Ne pas avoir envie n’est pas un signal d’alerte automatique

Ne pas avoir envie certains jours ne signifie pas que vous êtes au mauvais endroit. Ne pas être motivé pendant une période ne signifie pas que votre travail n’a plus de sens.

Cela signifie simplement que vous êtes humain ou humaine.

Avancer sans élan n’est pas une trahison intérieure. Il existe une différence fondamentale entre se violenter et continuer calmement sans motivation particulière. Se violenter, c’est se nier. Continuer sans élan, c’est parfois respecter le rythme du moment.


Il y a des périodes dans la vie professionnelle où l’on avance porté par l’envie. Et d’autres où l’on avance par continuité, par stabilité, par responsabilité, ou simplement parce que l’on n’a pas envie de tout bouleverser.

Ces périodes ne sont ni meilleures ni pires. Elles sont différentes.


S’autoriser la nuance au travail

Le véritable problème n’est pas l’absence ponctuelle de motivation.Le véritable problème est de ne plus s’autoriser à la reconnaître.


Faire semblant.S’obliger à afficher un enthousiasme qui n’est pas là.S’interdire toute nuance.

Accepter que certaines journées soient simplement neutres est déjà une forme de libération. Cela permet de remettre le travail à sa juste place : une partie importante de la vie, mais pas toute la vie.

Peut-être que la bonne question n’est pas « suis-je motivé ? », mais plutôt :« Est-ce que ce que je fais reste compatible avec qui je suis aujourd’hui ? »


Redéfinir une motivation plus humaine

La motivation spectaculaire, celle qui donne envie de déplacer des montagnes, est rare. Et c’est très bien ainsi. Elle serait épuisante si elle était permanente.


La plupart du temps, ce qui permet d’avancer est beaucoup plus discret. Une motivation calme. Suffisante. Silencieuse.

Travailler sans passion débordante n’est pas un échec. C’est souvent une phase. Parfois longue. Souvent transitoire.

Vous avez le droit d’avoir des périodes où le travail est simplement un travail. Pas une quête permanente de sens. Pas un combat. Juste une composante de votre existence parmi d’autres.


Une citation pour éclairer autrement

Albert Camus écrivait :« La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. »


Cette phrase illustre parfaitement le sujet. Tout donner au présent ne signifie pas être enthousiaste en permanence. Cela signifie être là honnêtement, avec ce que vous avez aujourd’hui. Pas avec ce que vous devriez ressentir. Pas avec une version idéalisée de vous-même.


Conclusion

Ne pas être motivé tout le temps n’est pas un problème à résoudre.C’est une réalité humaine à respecter.

Votre valeur ne dépend pas de votre niveau d’enthousiasme.Votre sérieux ne se mesure pas à votre énergie émotionnelle.Votre légitimité ne disparaît pas les jours sans élan.



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