Reprendre le travail sans culpabiliser : pourquoi vous n’avez rien à rattraper
- Gaël Chatelain-Berry

- il y a 6 jours
- 4 min de lecture

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Reprendre le travail après une pause s’accompagne souvent d’une sensation diffuse de retard. L’impression de devoir rattraper quelque chose, sans toujours savoir quoi. Cet article propose de questionner cette injonction silencieuse, de remettre la reprise à sa juste place et de rappeler une chose essentielle : revenir travailler ne signifie ni réparer une faute, ni repartir de zéro.
Ce lundi matin, avant même d’ouvrir un ordinateur, avant même de lire un premier e-mail, une petite phrase s’invite souvent dans la tête. Une phrase discrète, presque automatique, mais lourde malgré tout : « Oula… va falloir que je rattrape. » Rattraper le retard, les dossiers, le rythme, parfois même les autres. Cette sensation arrive vite, parfois dès le réveil, comme si la reprise du travail s’accompagnait nécessairement d’un sentiment de manque ou de décalage.
Mais si nous prenions une minute pour poser une question simple : rattraper quoi, exactement ?
Une sensation de retard qui n’est pas liée à la réalité
Cette impression de retard n’a souvent rien à voir avec la réalité du travail. Elle vient d’ailleurs. Elle naît de l’idée que pendant une pause, pendant des vacances ou un ralentissement, nous aurions pris du retard sur quelque chose d’essentiel. Comme si le travail était une course continue, et comme si s’arrêter quelques jours suffisait à nous placer automatiquement derrière les autres.
Pourtant, lorsque nous prenons un peu de recul, force est de constater que pendant votre absence, le monde n’a pas explosé. L’entreprise ne s’est pas effondrée. Vos collègues n’ont pas pris une avance décisive sur votre valeur humaine ou professionnelle. Et malgré tout, cette sensation persiste.
Reprendre n’est pas réparer
Si ce sentiment est si présent, c’est peut-être parce que nous confondons reprise et réparation. Reprendre le travail n’est pas réparer une faute. Ce n’est pas revenir pour compenser une erreur ou une absence supposée injustifiée. Pourtant, beaucoup de personnes reviennent avec cette impression diffuse de devoir faire mieux, plus vite, plus efficacement dès le premier jour, surtout en ce début d’année, porté par cette injonction silencieuse : faire mieux que l’année dernière.
Mais est-ce vraiment juste pour vous ?
Vous ne repartez jamais de zéro
Revenir au travail ne signifie jamais repartir de zéro. Vous ne repartez pas d’un point neutre, mais de vous. Vous revenez avec votre expérience, votre regard, vos apprentissages. Vous revenez aussi avec vos limites, parfois plus claires qu’avant, et avec votre fatigue, car cette période entre Noël et le jour de l’an n’a pas été reposante pour tout le monde. Mais vous revenez également avec ce que cette pause vous a permis de comprendre sur vous-même.
Nous oublions souvent que le travail n’est pas une ligne droite. Il est fait de rythmes, de cycles, de moments d’élan et de périodes plus calmes. Ces moments plus calmes ne sont ni du vide ni du retard accumulé. Ils font partie intégrante du mouvement. Vous n’avez pas perdu du temps. Vous avez vécu du temps, et c’est fondamentalement différent.
Quand l’idée de rattrapage devient une pression inutile
Cette injonction à rattraper produit des effets très concrets. Elle pousse à se mettre la pression trop tôt, alors même que l’année ne fait que commencer. Elle amène à accepter des exigences inutiles, parfois déconnectées de la réalité. Et surtout, elle conduit à se parler intérieurement avec une dureté que nous n’utiliserions jamais envers quelqu’un d’autre.
Mais qui a décidé de ces règles ? La reprise n’est pas un test. Ce lundi n’est pas un examen. Votre valeur professionnelle ne se mesure pas à votre niveau d’énergie à 9h03 le premier jour.
Le droit de reprendre à votre rythme
Vous avez le droit de reprendre calmement. Vous avez le droit de retrouver votre rythme, de ne pas être à cent pour cent immédiatement. Vous avez le droit de prendre un café avec vos collègues et de vous raconter cette pause. Et surtout, vous avez le droit de ne pas vous excuser intérieurement d’exister tel que vous êtes aujourd’hui.
Avancer n’est pas rattraper le passé
Derrière cette idée de rattrapage se cache une confusion tenace : croire que rattraper, c’est avancer. Or avancer ne consiste pas à courir après quelque chose que vous auriez perdu. Avancer, c’est choisir une direction, même à petits pas. Quand vous rattrapez, vous êtes tourné vers le passé. Quand vous avancez, vous êtes tourné vers le présent et le futur.
Le présent, aujourd’hui, c’est ce lundi. Pas hier. Pas les e-mails non lus. Pas les dossiers en attente. Juste aujourd’hui.
Parfois, reprendre correctement, c’est simplement remettre un pied dans le rythme sans chercher à prouver quoi que ce soit. Accepter que tout ne soit pas fluide immédiatement, que tout ne redémarre pas au quart de tour. Reprendre humainement, tout simplement.
Une citation pour remettre les choses à leur place
Le philosophe danois Søren Kierkegaard, penseur du XIXᵉ siècle, écrivait : « La vie ne se comprend que par un retour en arrière, mais elle ne se vit qu’en avant. » Cette phrase illustre parfaitement la situation. Regarder en arrière peut aider à comprendre, mais vivre, travailler et avancer ne se fait qu’ici et maintenant.
Vous n’avez pas à réparer le passé en revenant travailler. Vous avez simplement à vivre le présent tel qu’il est.
Conclusion
En revenant au travail, vous n’avez rien à rattraper. Vous n’êtes pas en retard sur votre valeur, sur votre légitimité ou sur votre parcours. Vous êtes exactement là où vous êtes aujourd’hui, et c’est largement suffisant pour reprendre.
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