Le management bienveillant 2.0. Comment la pandémie a redistribué les cartesLa pandémie de Covid-19 a marqué durablement nos vies personnelles et professionnelles. L’année 2020 restera comme un tourna
- Gaël Chatelain-Berry

- 12 janv. 2021
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 déc. 2025
Illustration : @demaincommenceajourdhui / https://www.instagram.com/demaincommenceaujourdhui/
La pandémie de Covid-19 a marqué durablement nos vies personnelles et professionnelles. L’année 2020 restera comme un tournant historique, fait d’angoisses, de pertes humaines, de crise économique, mais aussi de transformations profondes dans notre rapport au travail.
Parmi ces transformations, une s’impose avec force. La manière de manager ne peut plus être la même. La crise sanitaire a agi comme un accélérateur puissant d’un mouvement déjà en cours. Celui du management bienveillant.
Depuis plusieurs années, je travaille sur ce concept. Et force est de constater que la pandémie a rendu impossible ce qui était encore optionnel auparavant. Aucune entreprise ne peut désormais se passer d’une forme de bienveillance dans son mode de management.
Mais une question essentielle se pose.Le management bienveillant tel qu’il était pensé il y a six ans est-il encore adapté à l’entreprise d’aujourd’hui ?La réponse est non. Parce que l’entreprise a changé. Profondément. Durablement.
C’est pour cette raison qu’il est temps de parler de management bienveillant 2.0.
Le management bienveillant 2.0 repose sur l’humilité
La crise sanitaire nous a rappelé une réalité brutale. L’humanité est fragile. Et pour la première fois depuis l’avènement de l’économie moderne, l’humain a été placé, collectivement, avant l’économie.
Pendant des décennies, le modèle dominant du manager valorisait la distance, la froideur, l’absence d’état d’âme. L’efficacité économique justifiait tout. Le manager idéal était plus proche d’un robot que d’un être humain.
Le manager bienveillant 2.0 est humble.Il accepte ses doutes, reconnaît ses faiblesses et assume ses limites. Cette humilité lui permet d’accueillir celles de ses collaborateurs et collaboratrices, sans jugement excessif, et sans posture de toute-puissance.
Le management bienveillant 2.0 est profondément empathique
Avant la pandémie, les conditions de travail étaient relativement homogènes. Les équipes partageaient les mêmes lieux, les mêmes contraintes, les mêmes repères.
Depuis, les écarts se sont creusés.Télétravail ou non.Qualité de la connexion internet.Taille du logement.Capacité personnelle à vivre l’isolement ou l’incertitude.
Chaque collaborateur est devenu un cas singulier. Cette singularité existait déjà, mais elle est désormais amplifiée par les situations personnelles. Le manager bienveillant 2.0 doit donc développer une empathie plus fine, plus attentive, pour comprendre ce que vivent réellement ses équipes et continuer à les motiver.
Le management bienveillant 2.0 manage par objectifs
La généralisation du télétravail a mis en lumière une évidence longtemps ignorée. Ce qui compte, ce n’est pas le nombre d’heures passées devant un écran, mais le travail réalisé.
Le présentéisme était déjà un fléau. Le travail à distance l’a rendu obsolète. Le management par objectif s’impose comme une nécessité.
Les équipes sont désormais hybrides, entre présentiel et distanciel. Le manager bienveillant 2.0 ne peut plus se rassurer en vérifiant que « les heures ont été faites ». Il doit clarifier les objectifs, faire confiance, et évaluer sur les résultats, pas sur la présence.
Le management bienveillant 2.0 prend en compte les émotions
Oui, les émotions existent au travail. Positives comme négatives.Cela n’a rien de nouveau. Mais pour la première fois, elles sont réellement prises au sérieux.
À la sortie des confinements, la détresse psychologique est devenue visible. Isolement, anxiété, perte de repères. Nous avons collectivement pris conscience que nous ne sommes pas des machines.
Le manager bienveillant 2.0 a une responsabilité claire. Ne laisser personne de côté. Être attentif aux signaux faibles. Écouter les émotions de son équipe pour créer un environnement de travail serein et réellement bienveillant.
Le management bienveillant 2.0 redonne du sens au travail
La pandémie a bouleversé les repères professionnels. Beaucoup de salariés se sont posé une question fondamentale. Pourquoi travaillons-nous ?
La quête de sens existait avant la crise. Mais elle s’est intensifiée. Nous avons été nombreux à comprendre qu’un autre équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle était possible, et parfois nécessaire.
Imaginer un retour aux anciens repères serait une illusion. Le rôle du manager bienveillant 2.0 est d’accompagner son équipe dans la construction de nouveaux repères, plus alignés avec les attentes actuelles.
Le management bienveillant 2.0 est protéiforme
Faut-il être un manager bienveillant, un manager coach ou un manager leader ?Avant la pandémie, ces modèles semblaient s’opposer. Aujourd’hui, cette opposition n’a plus lieu d’être.
Un manager est avant tout un être humain, avec ses forces et ses limites. La crise a abaissé le niveau d’exigence irréaliste porté sur le management. Personne n’est superman ou wonderwoman.
Le manager bienveillant 2.0 ne cherche pas la perfection. Il essaie d’être un peu leader, un peu coach, un peu bienveillant, du mieux qu’il peut, selon les situations.
Conclusion
La pandémie a eu une vertu essentielle. Elle a remis l’humain au centre du management. Et être humain implique des imperfections, des doutes et des limites.
Le manager bienveillant 2.0 ne nie pas ces imperfections. Il ne s’en satisfait pas non plus. Il apprend simplement à faire avec. Faire ce que l’on peut, avec ce que l’on a, et s’en satisfaire.
Les qualités fondamentales du management bienveillant restent intactes. L’écoute, la disponibilité, la capacité à créer un climat de confiance. Mais au fond, la seule chose que l’on demande réellement à un manager, quel que soit son niveau hiérarchique, n’est-elle pas d’être humain ? Tout simplement humain.











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