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Manager : êtes-vous quelqu'un sur qui votre équipe peut vraiment compter ?

  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture


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Plus de 2 800 personnes ont répondu à mon sondage LinkedIn. La question était simple : quel comportement fait perdre confiance en un manager ? 49% ont choisi "il ne soutient pas son équipe". Presque un répondant sur deux. Avant les promesses non tenues, avant les favoritismes, avant l'incapacité à reconnaître ses torts. Ce chiffre dit quelque chose d'essentiel sur ce que les collaborateurs attendent vraiment de leurs responsables.

On parle beaucoup de leadership, de vision, de performance. On forme les managers à piloter des projets, à conduire des entretiens, à lire des tableaux de bord. Mais quand on interroge directement les équipes, la réalité qui remonte est bien plus simple et bien plus humaine. Ce qu'elles attendent avant tout, c'est de pouvoir compter sur leur manager quand ça compte vraiment.


Ce sondage ne mesure pas la satisfaction au travail. Il mesure la confiance. Et la confiance, contrairement aux compétences techniques, ne s'évalue pas dans les moments faciles. Elle se révèle dans les moments difficiles. Dans ces instants précis où un manager choisit de protéger son équipe ou de se protéger lui-même.


Soutenir son équipe : ce que ça veut vraiment dire

49% des répondants citent l'absence de soutien comme premier facteur de perte de confiance. C'est le résultat le plus fort de ce sondage, et probablement le plus révélateur. Mais que signifie concrètement soutenir son équipe ?


Ce n'est pas simplement être disponible ou bienveillant. C'est prendre position quand un collaborateur est mis en difficulté. C'est assumer collectivement une erreur plutôt que de désigner un coupable. C'est défendre les intérêts de son équipe face à la hiérarchie, même quand ce n'est pas confortable. Un manager qui disparaît dans les moments de tension envoie un message très clair à ses collaborateurs : vous êtes seuls.


Les promesses non tenues, une érosion lente et silencieuse

25% des répondants pointent les promesses non tenues comme deuxième facteur de perte de confiance. Ce chiffre mérite qu'on s'y attarde, parce que le mécanisme est particulièrement insidieux.


La première promesse non tenue est souvent pardonnée. La deuxième, tolérée. Mais à partir de la troisième, quelque chose se brise. Les collaborateurs cessent de croire ce que leur manager dit. Ils continuent à travailler, à participer aux réunions, à rendre leurs livrables. Mais ils ont mentalement décroché. Et un manager qui a perdu la crédibilité de sa parole a perdu l'essentiel de son autorité, quelle que soit sa position hiérarchique.


Incapable de dire "j'ai tort" : le piège de l'ego managérial

14% des répondants citent l'incapacité à reconnaître ses torts. Un chiffre plus faible en apparence, mais qui cache une réalité très lourde de conséquences. Un manager qui ne sait pas dire "j'ai eu tort" ou "je ne sais pas" crée autour de lui une culture de la peur et de la performance de façade.


Les collaborateurs cessent de remonter les problèmes. Ils apprennent à lisser la réalité, à ne présenter que ce qui sera bien reçu. Et l'équipe finit par naviguer à l'aveugle, dans un environnement où personne n'ose dire ce qui ne va pas. L'humilité n'est pas une faiblesse managériale. C'est l'une des conditions les plus solides pour construire une équipe qui fonctionne vraiment.


Le favoritisme, poison lent du collectif

12% des répondants évoquent les faveurs accordées à certains membres de l'équipe. Ce score, le plus bas des quatre, ne doit pas conduire à minimiser le phénomène. Le favoritisme est l'un des comportements les plus destructeurs pour la dynamique collective, précisément parce qu'il est rarement nommé ouvertement.


Il agit en silence. Il crée des camps, alimente les ressentiments et érode le sentiment d'équité qui est pourtant fondamental dans toute relation de travail. Un collaborateur qui a le sentiment d'être traité différemment des autres ne cherche pas à en parler à son manager. Il commence à chercher un autre poste.


Conclusion

Ce sondage ne dresse pas le portrait d'un manager idéal. Il décrit les comportements concrets qui font qu'une équipe perd confiance en celui ou celle qui est censé la guider. Et la leçon principale est simple : la confiance ne se décrète pas. Elle se gagne par des actes cohérents, répétés, dans la durée.


Alors si vous managez une équipe, la question vaut la peine d'être posée sérieusement. Pas à vous-même, parce que nous avons tous tendance à nous juger avec indulgence. Mais à vos collaborateurs. Est-ce qu'ils savent que vous serez là quand ça comptera vraiment ? Est-ce que votre parole a du poids ? Est-ce que chaque membre de votre équipe se sent traité avec la même équité ? Les réponses à ces questions valent bien plus que n'importe quel tableau de bord de performance.



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