Fin d’année au travail : ce qui fatigue vraiment (et ce n’est pas ce que nous croyons)
- Gaël Chatelain-Berry

- 30 déc. 2025
- 4 min de lecture

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La fin d’année est une période particulière au travail. Les fêtes approchent, les bilans s’enchaînent, les objectifs se ferment. Et très souvent, une phrase revient dans les conversations professionnelles comme personnelles : « Je suis fatigué ». Une fatigue diffuse, persistante, que beaucoup ressentent fortement en cette période. Spontanément, nous l’expliquons par la charge de travail, les dossiers à clôturer, la pression des résultats ou l’intensité de l’année écoulée. Pourtant, ce n’est pas ce qui fatigue le plus.
Pour mieux comprendre ce ressenti, j’ai posé une question simple sur mon profil LinkedIn, comme chaque semaine. Vous avez été plus de 2 500 personnes à répondre à ce sondage. Les résultats apportent un éclairage très précis sur ce qui pèse réellement en fin d’année au travail.
La fatigue accumulée, premier facteur d’épuisement professionnel
Premier enseignement du sondage, sans surprise mais avec une ampleur très nette : 55 % des répondants indiquent que ce qui leur pèse le plus en fin d’année est la fatigue accumulée. Ce chiffre est révélateur, mais il mérite d’être compris en profondeur. Il ne s’agit pas uniquement de fatigue physique ou d’heures supplémentaires. Il s’agit d’une fatigue de durée, d’une fatigue de continuité. La fatigue d’avoir tenu toute l’année. Tenir les délais, tenir les responsabilités, tenir émotionnellement, même lorsque l’énergie baisse. Cette fatigue ne disparaît pas avec un simple week-end ou quelques jours de repos. Elle est plus profonde, plus intérieure, et s’installe lorsque l’effort devient permanent sans véritable récupération mentale.
Le manque de reconnaissance, une usure silencieuse au travail
Deuxième résultat majeur du sondage : 21 % des participants citent le manque de reconnaissance comme principale source de fatigue en fin d’année. Ce chiffre est particulièrement significatif. Le manque de reconnaissance est une fatigue invisible, mais profondément corrosive. Il ne bloque pas immédiatement l’action, il ne provoque pas forcément de conflit, mais il use lentement. Donner, s’investir, s’impliquer, et arriver en fin d’année avec cette impression difficile à formuler que tout cela a été peu vu ou peu reconnu. L’absence de reconnaissance ne fait pas toujours mal sur le moment. Elle s’accumule, elle s’enfouit, et elle remonte fortement au moment des bilans, lorsque l’écart entre l’effort fourni et la reconnaissance perçue devient évident.
Le manque de sens au travail, un questionnement de fin d’année
Troisième enseignement du sondage : 16 % des répondants évoquent le manque de sens au travail. Ce n’est pas la majorité, mais c’est loin d’être marginal. La fin d’année est un moment propice aux comparaisons et aux interrogations. Nous regardons ce que nous avons accompli, ce que nous espérions, ce qui nous motive encore ou non. Il ne s’agit pas nécessairement d’une crise existentielle ou d’un rejet du travail. Il s’agit souvent d’un décalage subtil entre ce que nous faisons au quotidien et ce que nous ressentons intérieurement. Une fatigue de cohérence, plus qu’un manque de motivation.
La pression des bilans annuels, un facteur réel mais secondaire
Enfin, 9 % des répondants mentionnent la pression des bilans annuels comme principal facteur de fatigue. C’est le chiffre le plus faible du sondage, mais il reste révélateur. Entre les entretiens annuels, les objectifs à commenter, les résultats à défendre et les perspectives à justifier, la fin d’année peut devenir un moment de tension supplémentaire. Cette pression est d’autant plus difficile à vivre lorsque les bilans sont perçus comme un jugement plutôt que comme un espace de reconnaissance, de dialogue et de projection.
Ce que ces résultats disent de la fatigue de fin d’année au travail
Pris dans leur ensemble, les 2 182 votes recueillis sur LinkedIn dessinent une réalité très claire. La fatigue de fin d’année n’est pas uniquement liée au travail en tant que tel. Elle est liée à tout ce que nous avons porté intérieurement pendant des mois : la fatigue accumulée, le manque de reconnaissance, les questions de sens, la pression silencieuse de devoir encore prouver. Cette fatigue n’est ni un manque de motivation ni une faiblesse professionnelle. Elle est souvent un signal. Un signal qu’il est temps de ralentir, de reconnaître ce qui a été donné, et de s’interroger sur ce que nous voulons continuer, ajuster ou préserver dans notre rapport au travail.
La fatigue professionnelle comme indicateur, pas comme échec
La fatigue de fin d’année est difficile à expliquer car elle ne laisse pas de traces visibles. Elle ne ressemble ni à de la paresse ni à un désengagement. C’est une usure progressive, presque invisible. Et parce qu’elle ne se voit pas, nous avons tendance à la minimiser, voire à la nier. Pourtant, elle influence directement la patience, la concentration et la qualité de présence aux autres. Ce n’est pas toujours le travail qui épuise le plus, mais la manière dont nous avons déjà entamé nos réserves émotionnelles avant même de commencer certaines semaines.
Conclusion
La fin d’année agit souvent comme un révélateur dans la vie professionnelle. Elle met en lumière ce qui a été accumulé, parfois sans être nommé : la fatigue, le manque de reconnaissance, les interrogations sur le sens, la pression latente. Ces ressentis ne sont pas des anomalies. Ils sont le reflet d’une année vécue avec engagement, exigence et adaptation
permanente.
Reconnaître cette réalité, c’est déjà commencer à se respecter. C’est accepter que l’énergie émotionnelle n’est pas infinie, qu’elle se recharge lentement, mais qu’elle peut se vider très vite lorsqu’elle est sollicitée en continu. La fatigue de fin d’année n’est pas un problème à éliminer à tout prix.
C’est un message à écouter…
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