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Faut-il aimer ses collaborateurs pour bien les manager ?

  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture


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Peut-on être un bon manager sans apprécier tous les membres de son équipe ? Cette question dérange, mais elle mérite d'être posée. Car le management ne repose pas sur l'affection. Il repose sur le respect, l'équité et la capacité à offrir à chacun les mêmes chances de réussir.

Le management est avant tout une aventure humaine. Au fil des semaines, des mois et parfois des années, des liens se créent avec les personnes que l'on accompagne. Certaines deviennent naturellement plus proches que d'autres. Les personnalités, les valeurs ou les façons de travailler favorisent parfois des affinités.


C'est précisément pour cette raison qu'une question revient régulièrement chez de nombreux managers, même s'ils l'expriment rarement : faut-il aimer les personnes que l'on manage pour être un bon manager ? La réponse est moins évidente qu'il n'y paraît et elle permet de mieux comprendre ce qui fait réellement la qualité d'un management.


Les affinités sont normales

Aucun manager ne peut avoir exactement le même niveau d'affinité avec chaque membre de son équipe. Certaines personnalités sont naturellement plus proches des nôtres. D'autres demandent davantage d'efforts de compréhension ou de communication. C'est une réalité profondément humaine.


Le véritable problème apparaît lorsque le manager pense qu'il devrait apprécier tout le monde de manière identique. Cette croyance crée souvent une culpabilité inutile. Or la question n'est pas de savoir si vous aimez chaque collaborateur. La vraie question est beaucoup plus simple : êtes-vous capable d'être juste avec chacun d'entre eux ?


Respect et popularité ne sont pas la même chose

Beaucoup de personnes confondent encore management et popularité. Elles imaginent qu'un bon manager doit être proche de son équipe, apprécié de tous et entretenir des relations presque amicales avec chacun. Pourtant, les meilleurs managers ne sont pas toujours les plus populaires.


Ils savent écouter, accompagner, soutenir et respecter leurs collaborateurs sans chercher à devenir leurs meilleurs amis. Cette distance professionnelle leur permet souvent de prendre des décisions plus équilibrées et d'aborder plus sereinement les conversations difficiles lorsqu'elles deviennent nécessaires.


Les dangers des préférences

Les affinités deviennent problématiques lorsqu'elles influencent inconsciemment les décisions du manager. Une personne que l'on apprécie beaucoup bénéficiera parfois de davantage de tolérance, de feedback plus doux ou de nouvelles opportunités. Sans mauvaise intention, le risque de créer un sentiment de favoritisme devient réel.

À l'inverse, un collaborateur avec lequel le courant passe moins bien peut être évalué plus sévèrement ou recevoir moins d'attention. Les équipes acceptent parfaitement que leur manager ait des affinités naturelles. En revanche, elles supportent beaucoup plus difficilement que ces préférences influencent les décisions professionnelles.


Le vrai test du management

La véritable maturité managériale apparaît lorsque le manager accompagne une personne avec laquelle il n'a pas particulièrement d'affinités. C'est dans cette situation que se mesure sa capacité à rester objectif, respectueux et équitable malgré les différences de personnalité.

Reconnaître les réussites, écouter les difficultés, proposer les mêmes opportunités d'évolution et appliquer les mêmes règles à tous demandent parfois davantage d'efforts que l'on ne l'imagine. Pourtant, c'est précisément cette exigence qui construit la confiance au sein d'une équipe.


Le respect avant tout

Au fond, les collaborateurs n'ont pas besoin que leur manager les apprécie personnellement. Ils ont besoin d'être considérés avec dignité, respect et équité. L'affection relève de l'émotion. Le respect relève du choix.

Un manager ne contrôle pas toujours ce qu'il ressent envers les personnes qui composent son équipe. En revanche, il contrôle totalement la manière dont il les traite. C'est cette capacité à offrir un cadre juste, stable et respectueux qui fait toute la différence entre un manager simplement sympathique et un véritable manager.


Conclusion

Vouloir aimer tout le monde est un objectif aussi irréaliste qu'inutile. En management, la qualité de la relation ne repose pas sur les affinités personnelles mais sur le respect que chacun reçoit au quotidien.

Les équipes n'attendent pas un manager qui soit leur ami. Elles attendent un manager qui les écoute, qui les traite avec équité, qui leur fasse confiance et qui leur donne les moyens de réussir. C'est cette justice quotidienne qui construit durablement la confiance, l'engagement et la qualité de vie au travail.




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