Pourquoi les grandes résolutions échouent au travail… et pourquoi les petits pas fonctionnent vraiment
- Gaël Chatelain-Berry

- 31 déc. 2025
- 5 min de lecture

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Début d’année, fatigue professionnelle, charge mentale et pression au travail se télescopent souvent. Et si le bien-être au travail passait moins par de grandes résolutions que par des petits pas réalistes et durables ?
Et si, cette année, nous faisions moins… mais mieux ?
Le 31 décembre est un moment étrange. Un moment suspendu, entre fatigue accumulée, bilans plus ou moins lucides et cette petite voix qui commence déjà à murmurer tout ce que vous devriez faire l’année prochaine. Partout autour de nous, une même idée revient en boucle : les grandes résolutions. Elles s’imposent presque naturellement, comme un passage obligé du changement d’année.
Chaque fin d’année, le scénario se répète. Nous faisons des listes, nous promettons de changer, de faire mieux, de faire plus, autrement. Plus de sport, moins de stress, une meilleure organisation, un travail plus aligné, une vie plus équilibrée entre le professionnel et le personnel. Sur le papier, tout semble cohérent. Dans la réalité, beaucoup moins.
Le problème, c’est le moment choisi. Fin décembre, nous sommes fatigués physiquement, mentalement, émotionnellement. Et c’est précisément à ce moment-là que nous nous demandons de devenir une version idéalisée de nous-mêmes. Ce paradoxe explique pourquoi tant de résolutions de début d’année s’éteignent discrètement dès le 2 janvier, parfois même avant.
Pourquoi les grandes résolutions nous épuisent
Il y a un aspect dont nous parlons rarement. Les grandes résolutions sont souvent pensées pour être visibles. Elles sont socialement valorisées. Dire que l’on va tout changer impressionne davantage que dire que l’on va y aller doucement. Pourtant, ce besoin de viser haut est parfois davantage lié au regard des autres qu’à nos besoins réels.
Les grandes résolutions ont un défaut majeur : elles projettent trop loin. Elles supposent une transformation globale, rapide, spectaculaire. Elles laissent peu de place à l’imperfection, et encore moins au rythme réel de la vie professionnelle et personnelle. Elles fonctionnent aussi sur un ressort très particulier : la culpabilité. Nous décidons de changer parce que nous estimons que ce que nous sommes aujourd’hui n’est pas suffisant, pas assez discipliné, pas assez performant, pas assez équilibré.
Lorsque la résolution ne tient pas, la culpabilité revient encore plus forte. La pression intérieure augmente, la charge mentale aussi, et le découragement finit par s’installer.
Au travail, la même logique à l’œuvre
Dans le monde professionnel, ce mécanisme est exactement le même. En début d’année, nous voulons tout revoir d’un seul coup. Nos méthodes, notre organisation, notre rapport au stress, notre posture professionnelle. Résultat, nous ajoutons de la pression à la pression, dans un environnement où elle est déjà largement installée.
La résolution devient alors une charge mentale supplémentaire. Elle occupe de l’espace dans la tête, rappelle en permanence ce qui n’est pas fait plutôt que ce qui avance. Dans un quotidien professionnel déjà saturé d’objectifs, d’indicateurs et d’attentes, elle finit par se fondre dans le bruit, sans jamais produire d’élan réel.
Et si le problème n’était pas un manque de motivation, mais une échelle de changement mal adaptée à notre énergie réelle au travail ?
La puissance discrète des petits pas
Les petits pas n’impressionnent pas. Ils ne se voient pas, ne font pas rêver, ne se racontent pas facilement. Pourtant, ils ont une qualité essentielle : ils sont faisables. Un petit pas ne demande pas une révolution intérieure, mais une décision simple, concrète et réaliste.
Il ne s’agit pas de mieux gérer son stress, mais de prendre une respiration consciente avant un mail difficile. Pas de rééquilibrer toute sa vie, mais de s’autoriser à couper plus tôt une fois dans la semaine. Pas de changer immédiatement de travail, mais de clarifier ce qui pèse réellement dans le poste actuel.
Les petits pas respectent une chose fondamentale en matière de bien-être au travail : notre énergie réelle. Ils avancent sans bruit. Mais eux avancent vraiment.
Avancer même quand l’énergie manque
Les petits pas ont un avantage décisif : ils restent accessibles, même les jours sans énergie, même les jours compliqués. Lorsque l’on se fixe des objectifs trop ambitieux, il suffit de quelques obstacles pour que tout s’effondre. La fatigue, la surcharge, la pression au travail suffisent à faire renoncer.
Avec les petits pas, la logique est différente. Ils sont compatibles avec l’imperfection. Cette continuité, même minimale, empêche un phénomène très fréquent en janvier : le découragement brutal qui apparaît lorsque l’écart entre l’intention et la réalité devient trop grand.
Avancer un peu, régulièrement, permet souvent de tenir sur la durée, là où les grandes promesses s’éteignent rapidement.
Ce qui transforme vraiment les organisations
Dans les entreprises, ce sont rarement les grands plans qui transforment durablement les choses. Ce sont les ajustements quotidiens. Un manager qui écoute un peu plus. Un salarié qui ose poser une limite supplémentaire. Une équipe qui s’autorise à dire qu’elle est fatiguée.
Ces micro-changements créent un effet cumulatif puissant, sans violence, sans injonction, sans épuisement. Ils proposent une troisième voie entre le tout et le rien : avancer sans se brusquer. Cette logique est particulièrement précieuse en début d’année, quand la pression du nouveau départ peut rapidement devenir étouffante.
Retrouver une forme de maîtrise
Les effets des petits pas sont souvent invisibles à court terme. Mais à moyen terme, ils transforment profondément la relation au travail. Ils redonnent un sentiment de maîtrise. Pas une maîtrise totale, mais une maîtrise suffisante pour ne plus subir en permanence.
C’est souvent cette sensation qui manque le plus aujourd’hui. Avancer par petits ajustements permet de reprendre la main sans se faire violence, d’accepter que le chemin compte autant que la destination.
Changer d’année sans se forcer à changer d’identité
À minuit, nous changeons d’année, pas d’identité. Nous arrivons en janvier avec ce que nous sommes, notre fatigue, nos doutes, nos envies aussi, et c’est très bien comme ça. Plutôt que de viser une version idéalisée de vous-même, il est peut-être plus juste de choisir une version à votre rythme.
Un petit pas, puis un autre, puis encore un. Sans promesse spectaculaire, sans pression inutile. Commencer doucement, c’est aussi se donner le droit d’ajuster en cours de route, de changer d’avis, de revoir ses priorités. Les petits pas autorisent l’adaptation, là où les grandes résolutions enferment.
Dans un monde du travail parfois instable, cette capacité d’ajustement devient une véritable ressource.
Conclusion
Alors, que faut-il retenir de ce passage à la nouvelle année ? Que les grandes résolutions font souvent beaucoup de bruit, mais peu de chemin. Et que les petits pas avancent loin, même lorsqu’ils avancent lentement. En matière de bien-être au travail comme dans la vie, la douceur est souvent plus efficace que la contrainte.
Pour finir, une citation qui illustre parfaitement cette idée.Lao Tse, philosophe chinois ayant vécu au VIᵉ siècle avant notre ère, disait :« Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. »
Cette phrase rappelle que le changement n’est jamais un saut spectaculaire, mais un mouvement initial, parfois minuscule, mais décisif. Ce premier pas, aussi discret soit-il, contient déjà tout le voyage.
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